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Tome premier.
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XI
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.

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petits qu’ils sont, ne peuvent se soustraire à celle loi commune : legéolrupe est couvert de miles ; le ver à soie , dans nos magnaneries,périt de la muscardine ; les chenilles et d’autres larves reçoivent à leurinsu les œufs des ichneumons, et les vers qui en sortent les dévorent.

À peine une goutte d’eau est-elle tombée du ciel qu’elle devient unmonde organisé ; car la vie existe partout et se manifeste sous toutes lesformes ; mais chaque règne ou chacune des classes qui le composent nese renferme pas dans un cercle limité de formes et de phénomènes. Tousles êtres, au contraire, se fondent et se mêlent à l’infini sans qu’il soitpossible d’assigner les bornes où une série finit cl où une autre com-mence. Ainsi les chéiroptères ont des ailes, et l’air est leur élémentcomme il est celui de l’oiseau ; le polalouche et le phalanger volant,quoique dépourvus d’ailes véritables, franchissent, en déployant leursmembranes , un espace que ne saurait franchir aucun animal sauteur.L’ornilhorhynque se rapproche des oiseaux par son bec , et des reptilespar plusieurs caractères anatomiques particuliers à certains animaux decelle classe. Les phoques, les cétacés, ont une vie analogue à celle despoissons; doués d’une agilité extrême dans l’eau, ils rampent lentementsur le sol. Privés des poils que présentent la plupart des autres mammi-fères, les pangolins sont couverts d'écailles; les tatous, d’une sorte decuirasse ; les hérissons et les porcs-épics, d’épines qui ne sont que desfaisceaux de poils.

Parmi les oiseaux, quelques-uns, comme le casoar et l’autruche, mar-chent, courent, mais ne volent pas ; d’autres, comme le cygne, le canard,et. en général, les palmipèdes, vivent à la surface des eaux. Tels pois-sons , comme les exocets et les daclyloptères , abandonnent la surfacedes ondes et se soutiennent quelques instants dans l’air au moyen deleurs vastes nageoires pectorales. Les batraciens ont un double moded’existence; poissons dans le premier âge, ils respirent comme les ani-maux de celle classe au moyen de branchies, que des poumons viennentremplacer après leur métamorphose; et quelques-uns, comme la sirèneet le prolée, restent à demi-poissons pendant toute leur vie.

Parmi les invertébrés et les végétaux, même variété pour les milieuxdans lesquels ils vivent, même incertitude sur leur enchaînement. On avainement essayé de tracer une classification graduelle des êtres orga-nisés, en marquant le passage des uns aux autres. Quelques naturalistesles ont rangés sur une ligne verticale et dans un ordre ascendant; d’autresles ont placés sur deux ou sur plusieurs lignes parallèles, ou bien ont