DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
CXCJ
Tl est une aulre branche delà science physiologique qui, de nosjours, vient se heurter contre un scepticisme bien naturel, mais poussétrop loin, sans doute: c’est le somnambulisme magnétique, qui a oc-cupé MM. Deleuze, Bertrand, Puységur, Frappart, Teste, Ricard, etc.,et qui compte encore un grand nombre d’adeptes. Depuis les mystifica-tions de Mesmer, l’Académie des sciences et celle de médecine sontintervenues, par intervalle, dans celte question, chaque fois qu’il s’estprésenté des magnétiseurs annonçant de nouveaux prodiges; jusqu’à cejour, le problème n’est pas résolu; ce qui vient peut-être de ce qu’oncherche dans un phénomène réel des effets imaginaires.
Tératologie. — Une nouvelle branche de la science , d’un puissantintérêt et destinée à révéler les mystères de l’évolution des êtres, eslla tératologie , qui repose sur le principe dont il a été question en trai-tant de l’anatomie philosophique, c’est-à-dire que les embryons passent,dans le cours de leur développement, par la forme dos animaux desclasses inférieures. Il résulte de ce principe que, s’il survient un tempsd’arrêt, il naît un être incomplet dans son espèce.
Les anciens tératologistes ( si l’on peut donner ce nom à des hommesqui n’ont recueilli que des faits mal vérifiés, au lieu d’aller cher-cher dans un principe sur les causes de ces anomalies) voyaient, danstous ces monstres, les fruits de l’œuvre du démon ou d’unions anti-naturelles : Montaigne et Bacon , doués d’une raison plus froide, nevirent dans les êtres anomaux que les résultats de lois différentes decelles qui sont communes à l’espèce. Au xvm° siècle, la tératologieprit une marche plus rationnelle ; mais avant Haller, le régénérateur decelte importante partie delà science, on ne trouve qu’à glaner parmides absurdités ; ou, si quelques faits vraisemblables se présentent, onflotte entre l’affirmation des uns et la négation des autres. Ce fut cesavant anatomiste qui démontra l’utilité de l’étude des anomalies orga-niques pour le progrès de la physiologie.
Les anatomistes philosophes ont cherché dans les inégalités de dé-veloppement de l’embryon l’explication des phénomènes tératologi-ques. MM. Meckel, Geoffroy Saint-IIilaire, Serres et Isidore Geoffroy ,ont démontré, à l’aide d’un grand nombre de faits, que les anomalies ré-sultent presque toujours d’un arrêt survenu dans le développementd’un certain nombre d’organes, ayant conservé jusqu’à la naissanceles caractères qui cessent ordinairement d’exister pendant les premiè-