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ALI
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l’Océan est interrompu par de grandesmasses de terre qui, susceptibles, par leurnature, de s'échauder plus que l’eau, et parleurs formes montagneuses d’interrompre lescourants d’air et de les transformer, modi-fient singulièrement la direction principalede ces derniers, le long des côtes et sur laterre ferme. Tout ce que nous avons dit nese rapporte donc qu’aux résultats de l’actiondu soleil sur l’Océan, à une assez grandedistance des côtes. C’est ainsi que, sur lacôte d’Afrique , le vent souffle toujours versla terre , à cause de la raréfaction considé-rable qu’y subit l’air atmosphérique de cecontinent, tandis qu’au contraire dans leGrand Océan, qui ofl're la plus immensenappe d’eau du globe, les vents alisés sontréguliers, et présentent les effets dont nousavons parlé plus haut.
Les vents alisés sont très favorables à lanavigation, lorsqu’il s’agit d’aller de l’E. àl’O. ; mais les navires qui doivent serendre de i’O. à l’E. sont obligés de sor-tir de la zône où régnent ces vents.
La plus ancienne explication de la ten-dance générale qu’ont les vents alisés à seporter de i’E. à l’O. est la suivante : l’airfroid des régions polaires va remplacer àl’équateur l’air chaud, qui s’élève et se dé-verse de droite et de gauche, vers les pôlesde la terre. L’air froid arrive donc en deslieux où la vitesse de rotation du globe est deplus en plus grande; et alors, il paraît mar-cher en sens contraire, c’est-à-dire d’Orienten Occident , la terre le heurtant par l’elTetde son mouvement d’Occident en Orient.
Ce raisonnement, s’il était juste, s’ap-pliquerait à merveille, dit M. Saigey, à l’airde nos régions tempérées, où la chaleur etle mouvement de rotation croissent beau-coup plus rapidement que vers T équateur;en sorte que nous devrions éprouver un ou-ragan perpétuel, dirigé de l’E. à l’O. ; maisau contraire le vent dominant, marche del’O. à l’E.
Pour résoudre cette difficulté, on a pré-tendu que l'air qui, dans la zône torride,s’élève et se déverse vers les pôles, produit,dans les hautes régions de l’atmosphère , unvent contraire à celui qui règne dans lescouches inférieures; et que ce vent s’abais-sant de proche en proche, finit par atteindrela surface de la terre, à peu près vers le
quarantième degré de latitude. Mais à éga-lité de chaleur du sol, le décroissementde température des couches d’air à l’équa-teur est six fois trop lent pour que les cou-ches inférieures puissent monter vers le ciel;d’ailleurs si ces couches montaient, elles serefroidiraient par leur expansion, et il n’yaurait pas de motif pour qu’elles se déver-sassent sur des couches demeurées pluschaudes. On donnait donc une très fausseidée de ces mouvements, lorsqu’on les assi-milait à ceux de l’air dans une cheminée.Enfin, les molécules placées à l’équateurtournent plus vite que celles de nos régions,mais elles ne peuvent échanger leur place,sans échanger en même temps leur vitesse.Les vents ne varieraient ni en direction nien intensité, si, toutes les autres circon-stances demeurant invariables, la terre netournait pas sur son axe, ou bien changeaitla rapidité et le sens de son mouvementdiurne.
L’astronome Halley avait déjà rejeté l’ex-plication précédente des vents alisés. Ilcroyait que le soleil, échauffantl’atmosphèred’Orient en Occident , produisait un ventdans cette direction; mais il oubliait queles actions qui se passent entre les moléculesd’air sont nécessairement réciproques, ensorte qu’une molécule qui en repousse uneautre vers l’O., doitêtre repoussée par celle-ci vers l’E. avec une égale force.
L’explication ordinaire des vents alisés,des moussons et des brises, repose sur cefait général, que l’air froid coule par le basvers l’air chaud, et que celui-ci se déversepar le haut sur le premier. A l’appui decette théorie, on cite l’exemple suivant:deux chambres contiguës étant inégalementéchauffées, si l’on vient à ouvrir une portede communication, il s’y établit aussitôtdeux courants d’air, l’un, inférieur, qui vade la chambre froide à la chambre chaude ,l’autre, supérieur, qui marche en sens con-traire , et tous deux pouvant être rendussensibles par les directions que prennent lesflammes de deux bougies placées dans cescourants.
Il résulterait de là que, dans tous les lieuxpeu élevés au-dessus du niveau des mers,on ne devrait ressentir que des vents froidsse dirigeant des pôles vers l’équateur, et,sur les hautes montagnes ou dans les cou-