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Tome premier.
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remarquera que la loi tïAlternance s’appli-que constamment au calice et à la corolle,c’est-à-dire aux vcrticilles les plus extérieursde la fleur, et dans lesquels la situation desparties est le plus facile à constater; en ou-tre qu’elle fournit la formule de positionrelative qui se réalise généralement, ainsique l’avait déjà remarqué M. De Candolle.On verra, en outre , que, dans beaucoup decas, l’analogie réclame l’existence de par-ties avortées, et qu’en les rétablissant parla pensée, on fait rentrer dans la loi gé-nérale plusieurs faits qui semblaient la con-tredire. Cependant de nombreuses excep-tions existent encore, et l’observation seulene peut jamais suffire contre l’observation.

Il y a donc au fond de cela une question plusgénérale à débattre; il s’agit de savoir surquels fondements on s’appuie pour considé-rer comme universelle une loi qui n’est ad-missible qu’en expliquant, par des phéno-mènes secondaires, des épiphénomènes, sil’on peut s’exprimer ainsi, toutes les contra-dictions que la nature présente à chaquepas.

Les fondements de cette loi sont les théo-rèmes dont nous allons faire mention. Ilssont plus ou moins généralement admis,quoique quelques uns soient encore un ob-jet de contestation dans la science. Ce n’estpas ici le lieu d’en démontrer l’exactitude;nous croyons devoir les rapporter, parce quesans eux la loi d’Alternance ne serait encorelong-temps peut-être qu’une hypothèse unpeu arbitraire; et cependant personne, quenous sachions, n’a essayé de faire voir qu’ellen’est qu’une conséquence directe de cesthéorèmes:

« 1° Toute plante phanérogame n’est for-» niée que par l’addition d’un nombre indé-» fini d’individus ayant tous la même valeur«primitive; maisellepeut se trouver modifiée» par l’époque relative du développement.

» 2° Chaque individu est formé d’un mé-» rithalle qui se prolonge inférieurement , et» se termine à son extrémité supérieure par» un nombre quelconque d’appendices symé-» triques constituant un verticille.

» 3° Les pièces qui font partie d’un verti-» cille sont placées entre celles du verticille» précédent, sur un plan plus élevé.

» 4° Cette disposition, qui est générale,» résulte de la manière dont les faisceaux li-

» gneux se combinent pour se rendre dans» les appendices.

» 5° Sur la tige ou les rameaux, les indi-» vidus se développent successivement et à» l’infini, jusqu’à ce que des causes acciden-» telles arrêtent ce développement. Ils sont» exposés à un grand nombre de déviations« provenant de l’influence des agents exté-» rieurs ou de celle qu’exercent les uns sur» les autres les organes qui se développent.

» 6° La fleur, dont les organes ne sont» que des feuilles modifiées d’une manière» spéciale, naît à un moment donné, lors-» que -la plante s’y est préparée par des dé-« veloppemcntsantérieurs. Ellenail, déplus,

» à uneplace déterminée; et, comme les par-» tics qui la composent se développent dans» un espace de temps très court, elles n’ont» pas le temps d’être modifiées diversement» par les agents extérieurs, ou par le iléve-» loppement ultérieur de la plante; il en ré-» suite que chaque fleur, dans une espère, est» toujours formée du même nombre de ver-» lieilles , que ces vcrticilles ont toujours le» même nombre de parties et présentent» toujours les mêmes déviations du type sy-» métrique, lorsqu’il en existe de cette sorte.

» 7° Les déviations sont dues à des sou-» dures, à des avortements, à des inégalités» de développements età des dédoublements,

» qui peuvent avoir lieu dans les deux sens» de l’épaisseur et de la largeur.

» 8° L’avortement n’est que le non-déve-» loppement d’un organe ; celui-ci doit donc» toujours exister virtuellement; c’est pour-» quoi l’avortement d’un verticille est sans» influence sur la position de ceux qui vien-» nent ensuite. »

Il est donc évident que le nombre desverticilles pourra bien varier suivant lesfamilles; que le nombre des parties qui lescomposent peut varier également, ainsi queleur régularité, mais que toujours les fleursd’une même espèce sont construites sur lemême plan ; que toujours , surtout, la loid’Alternance devra trouver son application;et que, par conséquent, elle peut devenir unCritérium à l’aide duquel nous remonteronsde l’état habituel d’une fleur à son état nor-mal. Elle pourra donc nous servir à déter-miner les rapports qui existent entre les vé-gétaux au point de vue du plan normal deleurs fleurs; elle nous apprendra si réel-