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Tome premier.
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désignons aussi sous le nom de Barbier , lesfaits racontés par les anciens de leur Anthias,et ont fait croire que le poisson ainsi nom-mé par les Grecs est aussi connu que lesont aujourd’hui ceux qu’ils appelaientNarke ou Trygon.

Il s’en faut de beaucoup cependant qu’ilen soit ainsi, et ÏI. Cuvier l’a suffisammentprouvé en écrivant l’histoire de ce poisson(Cuv. et Yal., Poiss. , t. II, p. 255 et suiv.).

L’Anthias des anciens est un poisson vivanten troupes, sacré pour les pécheurs d’épon-ges, qui ne trouvaient jamais de poissonsvoraces dans les lieux fréquentés par l’An-thias. Ils plongeaient alors en sûreté. Toute-fois, Pline attribuait ce nom de Poisson sa-cré à d’autres espèces, et surtout aux pois-sons plats; mais cet élégant écrivain rap-porte d’autres traits de l’Anthias. Suivantlui, les pécheurs des îles Chélidonies sedonnaient beaucoup de peine pour appri-voiser un Anthias; et, quand il prenait lepain avec confiance et presque à la main ,ils cachaient un hameçon dans un mor-ceau, et sitôt qu’ils réussissaient à prendrel’Anthias sans défiance , on faisait une pè-che abondante, parce que tous les autresAnthias accouraient pour délivrer le pois-son accroché à la ligne. A ces traits peucaractéristiques, tirés en partie des Halieu-tiques d’Ovide, on en peut ajouter d’autresqui précisent un peu mieux ce que devaitêtre l’Anthias des anciens.

Elien en fait un poisson de haute mer,très gros, puisqu’il lui donne l’épithète dexvîrwaV, que l’on perce de traits quand ilveut s’élancer hors du filet. S’il ne surpas-se pas le Thon pour la taille, il est cepen-dant plus robuste que lui. Il dit que l’An-thias a de fortes mâchoires, un œil grand,le dos bleu, et le ventre blanc. Une lignedorée s’étend, le long des flancs, de la têteà la queue.

Oppien ne lui attribue pas de dents, maisil en fait un très grand poisson, dont il re-connaît quatre espèces ou variétés : l’Ellopeou l’Aulope, dont l’œil est entouré de noir,est une de ces variétés; les autres, distin-guées par les couleurs, sont jaunes, blan-ches, ou d’un rouge rembruni. Ce qui prouve la force et la grandeur du poisson, c’estqu’il lui donne un Labrax ( Labrax lupusKob. ) pour appât. On emploie aussi des

Perches et des Corbs, toujours des poisson»assez forts pour donner une idée de la gran-de taille de l’Anthias. Enfin il ajoute que rcomme pour le Callichthc, l’Orcine, et lesautres grands poissons qu’il appelle Cétacés ,le pêcheur est obligé de livrer un combatà l’Anthias, quand il a réussi à l’attirer dansson bateau. Comment a-t-on pu appliquertous ces passages à notre Barbier, qui nodépasse jamais 20 à 24 centimètres?

Mais si l’on peut, par exclusion, dire quel’Anthias des anciens n’est pas le petit pois-son de la Méditerranée auquel Kondclet aappliqué cette dénomination , il est presqueimpossible de déterminer à laquelle des es-pèces désignées dans nos Catalogues zoo-logiques nous devons rapporter l’Anthias.M. Cuvier a émis l’idée que ce pouvait êtrele Germon, grande espèce de Thons ou deScombcroïdcs, VAla longa des pêcheurs deSardaigne ; mais les couleurs attribuées parOppien à l’Anthias ne se voient pas sur lecorps du Germon. Aussi M. Cuvier chercha-t-il de suite un autre poisson tel que le Mé-rou ( Serranus gigas ), qui est noir; le Ccr-nicr ( Polyprion cernium ), également noi-râtre , ou , dit-il, tel autre grand Acantho-ptérygien. C’est presque toujours à un résul-tat aussi incertain que conduit une sainecritique de la synonymie des anciens.

On ne peut pas même s’aider par les dé-nominations des Grecs modernes, car, selonBclon, l’Anthias serait un Gymnètre, pois-son qui n’a jamais pu avaler un Labrax ouun Corb, et avec lesquels les pêcheurs n’ontaucun combat à livrer, puisque ces pois-sons, longs de deux à trois mètres, et min-ces comme des rubans, sont si faibles,qu’ils se rompent d’eux-mêmes dès qu’ilssont hors de l’eau.

Cependant la confiance avec laquelle l’o-pinion de Rondelet a été adoptée a intro-duit la dénomination d’Anthias dans nosnomenclatures zoologiques, en l’appliquanttantôt comme nom spécifique, tantôt commenom générique, à des poissons aujourd’huibien connus.

Hans la première acception, le mot An-thias est appliqué à une espèce de Serran{Serranus anthias ), un des petits poissonsles plus communs de la Méditerranée. Ilest remarquable par son corps ramassé,couvert partout de petites écailles âpres ;