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classifications, en général, et pour qu'il soitmoins surpris des variations qui existent, àcet égard, dans les ouvrages des naturalistes.Il pourra en conclure que la science estmoins arrêtée qu’on ne le pense générale-ment ; mais cette réflexion, loin de décou-rager la jeunesse , doit l’exciter à se mettreen état de travailler à ses progrès.
g I, — Quelques idées sur les classifica-tions , pour servir d'introduction à celledes animaux articulés , et à l’intelli-gence des différentes acceptions de cestermes dans les ouvrages des natura-listes.
L’opération de l’esprit au moyen de la-quelle le naturaliste réunit dans tel ou telgroupe, qu’il nomme genre, famille, ordre,classe, type, règne , un être quelconque dela nature , et le sépare de tous les autres ,est un jugement fondé sur la connaissancequ’il a acquise des ressemblances de cetêtre avec ceux auxquels il le réunit, et desdifférences qu’il a aperçues entre ce mêmeêtre et ceux dont il le sépare. Ce jugement,qui suppose une comparaison compliquée ,sera d’autant plus juste, que ce naturalisteaura une connaissance plus étendue de cesressemblances et de ces différences, et sau-ra mieux apprécier leur valeur. Il dépendraencore de la portée des facultés intellec-tuelles et de la justesse d’esprit du savantclassificateur.
On comprendra facilement par ce peude mots combien il y a de circonstancesvariables dans les vues de classification ;combien elles dépendent, en premier lieu,de l’état de la science au moment où ellessont adoptées ; en second lieu , des savantsqui les conçoivent, et qui sont plus ou moinsinlluencés par leur époque, ou par la di-rection particulière de leurs études et laconstitution de leur esprit.
Sans doute une méthode de classificationest le fil d’Ariadne nécessaire , comme ledisait Linné , pour ne pas s’égarer dans lelabyrinthe des êtres innombrables de la na-ture ; mais il ne faut pas perdre de vue quec est une, création de l’esprit observateur,et qu’elle exprime d’une manière plus oumoins juste, mais très souvent incomplète,
quelquefois imparfaite ou inexacte, les rap-ports ou les dilïérences de toute espèce quiexistent, en réalité, parmi les êtres natu-rels.
C’est surtout en les arrangeant par sé-ries de genres, de familles ou même degroupes plus relevés, que ces imperfectionsdeviennent manifestes.
« Nos méthodes de classification, a ditl’un des maîtres de la science (1), n’envisa-gent que les rapports les plus prochains ;elles ne veulent placer un être qu’entredeux autres, et elles se trouvent sans cesseen défaut. La véritable méthode voit cha-que être au milieu de tous les autres ; ellemontre toutes les irradiations par lesquellesil s’enchaîne plus ou moins étroitement danscet immense réseau qui constitue la natureorganisée, et c’est elle seulement qui donne ■des idées grandes, vraies, et dignes d’elle etde son auteur ; mais dix ou vingt rayonssouvent ne suffiraient pas pour exprimerces innombrables rapports. «
Je prie le lecteur de méditer ce passage,et de le prendre pour règle dans tous lesjugements qu’il portera sur la série des types,des classes, des ordres, etc., d’une classi-fication quelconque , de celle, entre autres,adoptée dans le Règne animal.
Il en conclura qu’il serait extrêmementinjuste de prononcer contre tels de cesarrangements des sentences de condamna-tion , et de prétendre que M. Cuvier n’aconnu , n’a apprécié que les rapports indi-qués par la succession des classes ou desordres qu’il a dû adopter, pour le méca-nisme de l’exposition nécessairement suc-cessive de leurs caractères et de leur his-toire abrégée.
Bisons encore que , dans un livre destinéà l’enseignement, on ne doit pas remplacerdes caractères d’organisation positifs, facilesà exprimer et à faire comprendre, par desidées spéculatives plus ou moins conjectu-rales, par des théories sur la complicationprogressive ou sur les dégradations suc-cessives des divers organismes du règneanimal.
Il en résulterait que la Zoologie classiquene serait plus une science pratique, fondée
(I) Cuvier, Histoire naturelle des poissons,t. 1, p. S60.