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Tome deuxième.
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classifications, en général, et pour qu'il soitmoins surpris des variations qui existent, àcet égard, dans les ouvrages des naturalistes.Il pourra en conclure que la science estmoins arrêtée quon ne le pense générale-ment ; mais cette réflexion, loin de décou-rager la jeunesse , doit lexciter à se mettreen état de travailler à ses progrès.

g I, Quelques idées sur les classifica-tions , pour servir d'introduction à celledes animaux articulés , et à lintelli-gence des différentes acceptions de cestermes dans les ouvrages des natura-listes.

Lopération de lesprit au moyen de la-quelle le naturaliste réunit dans tel ou telgroupe, quil nomme genre, famille, ordre,classe, type, règne , un être quelconque dela nature , et le sépare de tous les autres ,est un jugement fondé sur la connaissancequil a acquise des ressemblances de cetêtre avec ceux auxquels il le réunit, et desdifférences quil a aperçues entre ce mêmeêtre et ceux dont il le sépare. Ce jugement,qui suppose une comparaison compliquée ,sera dautant plus juste, que ce naturalisteaura une connaissance plus étendue de cesressemblances et de ces différences, et sau-ra mieux apprécier leur valeur. Il dépendraencore de la portée des facultés intellec-tuelles et de la justesse desprit du savantclassificateur.

On comprendra facilement par ce peude mots combien il y a de circonstancesvariables dans les vues de classification ;combien elles dépendent, en premier lieu,de létat de la science au moment ellessont adoptées ; en second lieu , des savantsqui les conçoivent, et qui sont plus ou moinsinlluencés par leur époque, ou par la di-rection particulière de leurs études et laconstitution de leur esprit.

Sans doute une méthode de classificationest le fil dAriadne nécessaire , comme ledisait Linné , pour ne pas ségarer dans lelabyrinthe des êtres innombrables de la na-ture ; mais il ne faut pas perdre de vue quec est une, création de lesprit observateur,et quelle exprime dune manière plus oumoins juste, mais très souvent incomplète,

quelquefois imparfaite ou inexacte, les rap-ports ou les dilïérences de toute espèce quiexistent, en réalité, parmi les êtres natu-rels.

Cest surtout en les arrangeant par sé-ries de genres, de familles ou même degroupes plus relevés, que ces imperfectionsdeviennent manifestes.

« Nos méthodes de classification, a ditlun des maîtres de la science (1), nenvisa-gent que les rapports les plus prochains ;elles ne veulent placer un être quentredeux autres, et elles se trouvent sans cesseen défaut. La véritable méthode voit cha-que être au milieu de tous les autres ; ellemontre toutes les irradiations par lesquellesil senchaîne plus ou moins étroitement danscet immense réseau qui constitue la natureorganisée, et cest elle seulement qui donnedes idées grandes, vraies, et dignes delle etde son auteur ; mais dix ou vingt rayonssouvent ne suffiraient pas pour exprimerces innombrables rapports. «

Je prie le lecteur de méditer ce passage,et de le prendre pour règle dans tous lesjugements quil portera sur la série des types,des classes, des ordres, etc., dune classi-fication quelconque , de celle, entre autres,adoptée dans le Règne animal.

Il en conclura quil serait extrêmementinjuste de prononcer contre tels de cesarrangements des sentences de condamna-tion , et de prétendre que M. Cuvier naconnu , na apprécié que les rapports indi-qués par la succession des classes ou desordres quil a adopter, pour le méca-nisme de lexposition nécessairement suc-cessive de leurs caractères et de leur his-toire abrégée.

Bisons encore que , dans un livre destinéà lenseignement, on ne doit pas remplacerdes caractères dorganisation positifs, facilesà exprimer et à faire comprendre, par desidées spéculatives plus ou moins conjectu-rales, par des théories sur la complicationprogressive ou sur les dégradations suc-cessives des divers organismes du règneanimal.

Il en résulterait que la Zoologie classiquene serait plus une science pratique, fondée

(I) Cuvier, Histoire naturelle des poissons,t. 1, p. S60.