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Tome troisième.
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Corrélation harmonique de toutes les partiesd’un même appareil, et plus généralementd’un même être. Mais l’observation seulepeut faire connaître jusqu’à que! point lesmodifications du système dentaire exprimentfidèlement et clairement les modificationsdu régime diététique , et dans quelles limi-tes s’exercent les Variations que présententles Carnivores.

De ces deux questions, la première setrouvera résolue pour chaque genre dansl’article consacré à son histoire ; et nous nepouvons qu’émettre ici cette assertion, sansen fournir les preuves, que le degré de car-nivorité d’un animal est toujours expriméavec une précision presque mathématiquepar les modifications de son système den-taire , et spécialement des dents carnassiè-res. La seconde question , la déterminationdes limites de variations, appartient aucontraire ( par sa nature même, à cet articlegénéral, et nous la traiterons ici avec quel-

que détail.

Si l’on essaie de disposer les Carnivores enune série régulièrement formée, depuis lesplus exclusivement carnassiers jusqu’auxespèces qui inclinent le plus vers le régimevégétal, il se présente sans nul doute denombreuses et assez graves difficultés de dé-tail ; mais la détermination, soit de la direc-tion générale de la série, soit de ses termesc Urêmes, soit même des principaux termesnitermédiaires, peut être aisément et rigou-

reusement obtenue. Les FelU de Linné of-frent évidemment le maximum de carnivo-fité : viennent ensuite les Miislela , puis lest'iverra et les Gains , enfin les Ursns, et ungenre non dislingué par Linné , mais qu’iles t nécessaire de mentionner ici en parlicu-*' cr > le Kinkajou. Le Lion ou le Tigre , pourPrendre spécialement quelques exemples ,•’Ours ou le Kinkajou , tels sont donc lestermes extrêmes entre lesquels viennent s'in-tercaler, chacun à leur rang, lous les autres* arnassiers; tels sont les types qui vont nous0| frir les limites cherchées, savoir : chez lesPremiers, la limite en plus du développement1 es carnassières et la limite en moins de

rp, ui des tuberculeuses, et l’inverse chez lesautres.

fAiez le Lion , et de même dans tous sescongénères, l’atrophie des luberculeuses va,à la mâchoire inférieure, jusqu’à la dispari-

tion complète : à la supérieure , jusqu’à unétat presque rudimentaire : il n’existe dechaque côté pour tuberculeuse qu’une denttrès petite, très peu saillante hors de l’al-véole, enfin placée hors rang en dedans de laparlie postérieure de la carnassière, et pres-que sans usage. La carnassière est au con-traire énorme, et sa couronne se termine partrois lobes tous comprimés et tranchants. Euoutre toutes les autres mâchelières , soit del’une, soit de l’autre mâchoire, revêtentd’une maniéré très marquée les caractèresdes carnassières, c’est-à-dire qu’elles sontcomprimées, tranchantes, et alternes parrapport à celles de l'autre mâchoire. Là dis-tinction des mâchelières en tuberculeuses etcarnassières est donc ici en quelque sorteseulement théorique : pour la fonction , iin’existe plus que des carnassières.

Chez les Ours, c’est l’inverse qui a lieu.Une seule molaire , placée vers le milieu del’arcade alvéolaire, conserve, et non encoresans quelque altération , le type d’une mo-laire de Carnivores ; et toutes les arrière-dents sont épaisses, à couronne large, et op-posées à leurs correspondantes. Les dénismolaires postérieures offrent surtout au plushaut degré ces caractères, et sont de vraiesdents de Frugivores : aussi les Ours, commechacun le sait, vivent-ils , dans les circon-stances ordinaires , beaucoup plus de végé-taux que de matières animales.

On peut exprimer en d’autres termes, etpar des faits plus sensibles encore, ces diffé-rences extrêmes entre le Lion cl l’Ours , enrecourant à quelques expressions numéri-ques. En prenant pour unilés citez le Lion lalongueur de la tuberculeuse et la surface decelte même dent prise sur une coupe hori-zontale de la couronne , les nombres corres-pondants pour la dent qui précède celle-ci ,ou la carnassière, sont, approximativement,pour la longueur 6,5 , pour la surface, 17.—En faisant de même chez l’Ours , en prenantpour unilés la longueur et la surface rie sadernière tuberculeuse , les nombres corres-pondants pour la dent tranchante sont, pourla longueur, 0,5, pour la surface 0,19. Si, aulieu de comparer l’unique tuberculeuse duLion à la seule carnassière proprement dite,ou l’unique dent tranchante de l’Ours à uneseule tuberculeuse, on comparait la premièreà l'ensemble des dents tranchantes, et la se-