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Tome troisième.
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face inférieure tout entière des pieds; àl’autre extrémité, celles qui, dans la stationet dans la marche, relèvent la plus grandepartie du pied. La série qu’on forme ainsiconcorde d’une manière remarquable aveccelle qu’on forme d’après le système den-taire , sans qu’on puisse toutefois lier, pai-ries rapports exacts de proportionnalité, lesmodifications des mâchelièrcs et celles despieds. On peut dire généralement que lesespèces les plus exclusivement carnivores,et qui ont par conséquent les màchelières lesplus tranchantes, sont celles aussi qui s’ap-puient sur la moindre partie du pied; etque, réciproquement. les genres les plusomnivores sont en même temps les plusplantigrades. Tels sont, par exemple, lesKinkajous, les Ours, et plusieurs genres voi-sins qui vivent, comme eux, en grande par-tie de végétaux : ces Carnivores s’appuientjusque sur la partie postérieure du talon,fans le groupe des Mw;iela , et de mêmedans celui des l'iverra de Linné , deux grou-pes chez lesquels on voit se produire paral-lèlement de semblables modifications depresque tous les systèmes, le talon com-mence à se relever au moment même oùles carnassières commencent à être carac-térisées. Dans le groupe des Canis , la mar-che est franchement digitigrade, de mêmeque les habitudes sont celles d’espèces es-sentiellement carnivores : l’animal s’appuieuniquement sur la face inférieure des pha-langes. Enfin les /"'élis, qui sont de tousle plus complètement carnivores , sont aussiceux chez lesquels les plantes et les paumestouchent le sol sur la plus petite partie deleur surface. Les phalanges onguéales, étantrelevées, n’ont plus aucun contact avec lesol ; et les premières et secondes phalangessupportent seules le poids du corps.

Les métacarpes et les métatarses des vraisdigitigrades diffèrent à la fois de ceux desvrais plantigrades et par la direction et parla forme. Chez les Ours et tous les vraisplantigrades, les métacarpes et métatarses ,horizontaux aussi bien que les doigts, sontcourts et larges. Dans les semi-plantigrades,ils sont médiocrement longs et larges, et pré-sentent des degrés d’obliquité très différentscnit d’une espèce à l’autre, soit dans la mêmeespèce et chez le même individu selon les at-titudes qu’il prend.Dans les vraisdigitigrades,

ils se rapprochent plus ou moins de la verticalepar leur direction, et les métacarpes peu-vent même être entièrement verticaux. Enmême temps, de larges et courts qu’ilsétaient, ils deviennent longs et grêles; ensorte que, soit par leur direction , soit parleur forme , ils semblent, non plus faire par-tie du pied , mais constituer entre la jambeet le pied un segment de plus dans les mem-bres. De là résultent pour ceux-ci une plusgrande longueur relative, et, ce qui est bienplus important encore comme condition d’a-gilité dans la Course et surtout dans le saul,l’existence d’une brisure de plus dans l’en-semble du membre.

A ces considérations se rattache natu-rellement l’explication d’un fait général au-quel on n’a point fait attention, quoiqu’ilsoit relatif à des caractères extérieurs tou-jours mentionnés par les zoologistes dansles caractéristiques génériques. Tout genreomnivore, dans le groupe que nous étu-dions, est pentadactyle aux quatre mem-bres : au contraire, les genres qui offrent lemoins de carriivorité , et la plupart de ceuxqui les avoisinent, sont télradactyles, soit àl’une des paires de membres, soit même auxquatre membres à la fois. Cette concordancepeut sembler singulière ; car on ne voit au-cune relalion directe entre la condition durégime diététique et le nombre des divisionsdigitales de l’extrémité des membres. Mais,s’il n’y a point de relations directes entre cesdeux ordres de faits, il en est d’autres qui,pour être indirectes, ne sont ni moins re-marquables ni moins constantes. On vient devoir comment on est conduit à apercevoirune concordance entre les habitudes plus oumoins exclusivement carnivores d’un ani-mal , et l’allongement plus ou moins grandde ses métacarpes et de scs métatarses. Or,d’un autre côté, fet par une conséquence di-recte de la loi du balancement des organes,l’allongement du pied, en d’autres termes ,son hypertrophie, se lie à l’atrophie plusou moins complète de l’un des doigts. I.emême fait se reproduit d’une manière plusremarquable dans plusieurs groupes de Sin-ges, par exemple, chez les Semnopithèques,et plus encore chez les Oolobes, les Eriodes,les Atèles. Enfin, c'est encore le même faitqu’on voit se reproduire, en quelque sorte,sur une plus grande échelle chez les ltumi-