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manières, par lesquels une transition intimes’opère entre la plupart d’entre eux: aussice groupe est-il un de ceux où l’impossibilitéde classer tous les genres en une série uni-linéaire est le plus manifeste, et où la clas-sification , sur quelque principe qu'on lafonde, offre le plus de difficultés.
Il est cependant quelques groupes aux-quels on peut, dès à présent, assigner descaractères très nets et un rang parfaitementdéterminé dans la série; il est quelquespoints qu’on peut considérer comme placésdésormais en dehors de toute discussion.
La division ailleurs indiquée [voyez CAn-nassiehs), et généralement admise des Car-nivores en empêtres ou Ordinaires, et nonempêtrés ou Amphibies , est l’un de ces faitsdéfinitivement, et déjà même depuis long-temps, acquis à la science.
La subdivision des Empêtrés ou Amphi-bies en deux familles , l’une comprenant leMorse, l’autre tous les autres ensemble, estégalement nette et tranchée; elle est fondéed’ailleurs sur des caractères importants, tiréssurtout du système dentaire. De ces deuxfamilles, la principale correspond exactementau genre Phoca de Linné , et doit manifes-tement occuper le premier rang.
Parmi les Carnivores non empêtrés ,nous trouvons de même un genre qui nousparait devoir être séparé de tous les au-tres : c’est le Kinkajou ( Poios, Cercoleptesou Caudivolvutus des auteurs). M. FrédéricCuvier nous parait avoir été trop loin enenlevant ce Carnivore à l’ordre des Carnas-siers pour le reporter parmi les Primates.Mais les caractères dentaires que cet auteura signalés sont réels, et, comme nous l’avonsmontré depuis plusieurs années dans noscours, les caractères fournis par le crâne, lesorganes des sens, la queue, et surtout lesdoigts, concordent avec les caractères dentai-res pour faire des Kinkajous une famille dis-tincte, la première des Carnivores. Les Pri-mates se relient aux Carnivores par cettepetite famille, comme aux Chéiroptères parla première famille de l’ordre précédent,celle des Galéopillièques.
Les Carnivores amphibies, d’une part, lesKinkajous, de l’autre, étant séparés, il restecette innombrable suite de Carnivores quel.inné a comprise sous les noms de Canis ,Felis, Fiverra, Muslela et Ursus. Est-il
possible de séparer ceux-ci en plusieurs fa-milles? Mous ne le pensons pas. En recher-chant quels groupes présentent les diffé-rences extrêmes , quels groupes tendent parconséquent le plus à s’isoler en des famillesdistinctes , on trouve immédiatement quece sont, d’une part, le genre Ours , le plusomnivore et le plus complètement planti-grade ; le genre Felis, le plus entièrementcarnivore et le moins plantigrade de tous;enfin les Loutres et les Enhydres, dont toutel’organisation est modifiée pour la vie aqua-tique. Mais comment séparer les Loutres desMaries etdes Putois, quand les caractères despremières, loin d’être opposés à ceux desMartes etdes Putois, sont absolument lesmêmes , se produisant avec une notableexagération? Comment séparer soit les Fe-lis, soit les Ursus de certains Carnassiersintermédiaires entre eux qui les relient inti-mement, tels que les Itatels et les Gloutons ?Et même, si l’on veut aborder directementla difficulté, quelles différences trouvera-t-on entre les deux termes extrêmes eux-inèmcs, les Felis et les Ursus proprementdits, sinon , d'une part, des différences deproportion qu’on ne saurait ériger au rangde caractères de famille ; de l’autre, des dif-férences de dispositions plus tranchées sansnul doute, mais en réalité moins importan-tes encore, et pouvant manquer d’un genreà celui qui le suit immédiatement ? Parmiles caractères que fournit ce dernier ordiede différences, je citerai comme exemplela rétraclililé meme des ongles, conditionorganique si remarquable chez les Feus, etqui concorde si bien avec les autres traitscaractéristiques de ce type; condition quinéanmoins manque chez le Guépard, si semblable aux vrais P'elis par l’ensemble de sonorganisation, que les auteurs le considèrentgénéralement comme constituant un simplesous-genre dans ce groupe.
Les Canis, les Felis, les Fiverra, les Mus-lela , les Ursus de Linné, par des raisonsdont nous n’avons pu qu’indiquer ici lesprincipales, sont donc pournous des grou-pes d’une seule et même famille: en d’autrestermes, des sections ou tribus analogues àcelles qu’on distingue dans la famille desSinges , non moins nombreuse et plus va-riée encore dans ses formes que la familledont nous avons à nous occuper ici.