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groupe isolé d’Oiseaux à moitié grimpeurs,qui, au lieu d’avoir, comme tous les autresgenres de cette famille, des habitudes mar-cheuses et percheuses , doivent au con-traire , d’après la conformation de leurspattes, jouir très peu de la première de cesfacultés, et posséder en revanche celle de setenir cramponnés et suspendus aux troncset aux branches d’arbres. C’est effeetivemen lce qu’ils font habituellement, soit pour ex-traire de dessous les écorces ou de l’intérieurdu bois mort les larves perforantes, soit pourdépecer les cônes et les pignons des arbresrésineux et se nourrir de leurs amandes. Ilsfont évidemment partie de ces espèces detransition qui, dans la plupart des genresnombreux, s’éloignent des espèces types pardes anomalies de forme comme de mœurs ;on peut raisonnablement dire qu’ils forment,dans la famille des Corbeaux, un grouped’Oiseaux suspenseurs analogue à celui desV lecs-croisés dans celle des Fringilles .
On conçoit que, d’après leur genre d’ali-mentation, les Casse-noix soient habitants despays de forêts , et surtout de forêts monta-gneuses couvertes de Sapins : aussi les trouve-t-on le plus communément en France , dansl’Auvergne et la Lorraine , sur les Alpes , enSuisse et en Savoie : ils se retrouvent aussi,selon Vieillot, en Sibérie et au Kamschatka.Confinés en quelque sorte dans leurs forêtsmontagneuses, ils semblent ne les quitterqu’à la dernière extrémité ; et, lorsque la di-sette d’aliments les force à descendre dans•es pays de plaines jusque dans nos dépar-tements du Nord , ce qu’ils ne font qu’à desépoques assez éloignées et irrégulières, ilssont alors si affaiblis par le défaut de nour-riture, qu’ils se laissent approcher et tuersouvent à coups de bâton; il suffit de leurPrésenter des appâts pour qu’ils donnent enfoule dans tous les pièges qu’on leur tend. Ilsse nourrissent alors de noisettes, de fruits duhêtre, de glands, et quelquefois même de jeu-nes Oiseaux et d’œufs , suivant Temminck ;,ls escaladent les arbres, et en frappent l’é-eorce, qu’ils percent à coups de bec, selon*e même auteur. La croyance qu’ils causaientUn grand préjudice aux forêts, en perçant lesBros arbres à la manière des Pics, leur a fait,d après Vaillant, déclarer une guerre conti-n ueii e de la partdes propriétaires, ce qui sc-ra| l la cause de leur non-propagalion dans les
bons pays et de leur retraite dans les forêtsescarpées. Nous avons peine à adopter unetelle opinion ; car s’il en était ainsi, nos Pics,reconnus bien positivement comme perçcursde nos Chênes et des meilleurs arbres denos forêts, auraient dû encourir la même dis-grâce, et être également repoussés dans lesforêts des montagnes; tandis que nous lesvoyons au contraire habiter paisiblement,malgré leurs dégâts reconnus et quelquesdéclarations de guerre partielles, non seule-ment nos forêts en plaines , mais nos moin-dres boqueteaux et nos campagnes, pour peuqu’elles soient plantées de quelques arbres.En second lieu, leur bec, à pointe un peu dé-primée et à mandibules d’inégale longueur,peut bien leur servir à dépecer les écorces ,peut-être même l’extrémité des branchesvermoulues, ainsi que les pignons et les cô-nes d’arbres résineux , mais non à ouvrir untrou dans le cœur d’un arbre sain, commepeut le faire le bec à poinle comprimée etcunéiforme des Pics, qui, d’ailleurs , necreusent ces trous qu’afin d’y établir leurcouvée; tandis qu’il est reconnu que lesCasse-noix nichent dans les trous naturelsdes arbres creux, où ils pondent cinq ousix œufs d’un gris rauve avec quelques ta-ches d’un gris brun. Nous avons peine à croireégalement que les Casse-noix puissent escala-der et grimper le long des troncs d’arbrescomme lesPics; car nous reconnaissonsbien,dans la forme de leurs ongles, une analogievéritable avec ceux des Oiseaux qui peuventse tenir momentanément cramponnés ou ac-crochés verticalement, mais non avec ceuxdes espèces réellement grimpeuses, commePics , Grimpereaux , Sitlelles , etc.
Notre Casse-noix proprement dit ( JYuci-fraga caryocalacles Briss.,Cornus cnryocalac-tes Lin.jGmel., le Casse-noix Buff. Enl. 50,Vieil. Gai., pl. 105) a tout le plumage d’unbrun couleur de suie, sans tache sur le som-met de la tête et le dessus du cou, mais cou-vert sur tout le dos, excepté sur le croupionet sur les petites couvertures de l’aile, degouttelettes blanches qui ne se présententplus sur la gorge et le devant du cou quecomme des stries fines et rares ; tandis quesur les côtés du cou , sur la poitrine et toutle dessous, elles forment de larges tachespresque confluentes. Les ailes et la queuesont d’un noir luisant; celle-ci est large-