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Tome troisième.
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CAS

CAS

les rencontre-l-on presque toujours aansl’immobilité la plus parfaite sur les plantesdont elles se nourrissent, et où elles sem-blent collées à la surface des feuilles ou destiges qui les soutiennent. Cette immobilitéparaît être même un moyen de conserva-tion ou de défense pour quelques espèces,dont la couleur verte se confond avec cellede la plante sur laquelle elles vivent, desorte que l’œil de leur ennemi, trompé parl’apparence, croit voir dans la saillie queforment leurs él y très bombées une sorted’excroissance ou de production végétale, aulieu d’un cire vivant.

Ces Insectes, du moins les espèces d’Eu-rope , se trouvent, au commencement de l’été,sur les Artichauts, les Chardons et les Men-thes. I.es femelles déposent sur les feuillesde ees plantes des œufs oblongs qu’elles ran-gent les uns auprès des aulres, de manièreà former de petites plaques, qu’elles re-couvrent quelquefois d’excréments , sansdoute dans le double but de les soustraire àla vue, et de protéger les larves au mo-ment de leur naissance. Ces larves, her-bivores comme l’insecte parfait, sont remar-quables, aulant par leur organisation quepar leurs habitudes, qui sont des plus singu-lières. Elles ont le corps mou , large, court,aplati, bordé sur les côtés d’appendices bran-chus et épineux avec six pattes écailleuses;la tête petite, de consistance cornée, garniede dents, et offrant de chaque côté trois pe-tits tubercules dans la partie supérieure , etquatre points noirs dans celle d’en bas : ceux-ci sont regardés comme des yeux par Degécr.Mais ce qui est surtout digne d’attention,c’est la queue ou partie postérieure du corpsqui se termine en une espèce de fourche àdeux branches, dans l'intervalle desquellesest placé l’anus. Chaque branche consiste enun filet écailleux, conique, terminé en pointeaiguë et parallèle à celui du côté opposé ; ilest garni, au côté externe, depuis sa base etseulement jusqu’à la moitié do sa longueur,d’épines fort courtes. L’anus est situé à l’ex-trémité d’un mamelon plus ou moins re-courbé, et que la larve élève à son gré. Ladisposition de ces diverses parties est telleque, lorsque les excréments sortent de l’anus,les fourchons qui sont inclinés du côté dela tête les reçoivent, successivement, et de-viennent en quelque sorte la charpente d'un

toit de matière cxcrémcntilielle , lequel re-couvre tout le c'orps sans s’y appuyer. Leplus souvent ce toit est immédiatement endessus du corps, qu’il touche sans le char-ger ; quelquefois il en est à une certaine dis-tance, mais dans une position horizontale;dans d’autres moments la larve le tientperpendiculaire au corps. Enfin, la massedes déjections peut être entièrement ren-versée en arrière et se traîner après le corps,qui, dans ce cas, reste découvert. Mais lalarve ne s’aventure ainsi que lorsqu’ellen’éprouve aucune inquiétude ; car, à lamoindre apparence de danger, elle rabatsur elle son toit protecteur, et l’on n’a-perçoit plus à sa place qu’un tas d’ordures.Tel est le moyen , aussi simple que singu-’ lier, que la nature a donné à ces larves pourpréserver leur corps mou des impressionsqui pourraient leur nuire, elles soustraireen même temps à la vue de leurs ennemis.

Ce n’est qu’après avoir changé plusieursfois de peau que la larve se transforme ennymphe sur la feuille même où elle a vécu.Pour se préparer à cette transformation, elleabaisse sa queue, et la porte en arrière surla même ligne que le corps. Par son frotte-ment contre la feuille, elle se débarrasse d’a-bord de la couverture dont nous avons parléplus haut, et qui lui devient désormais inu-tile. Elle se fixe ensuite sur celte mêmefeuille par les deux anneaux du corps quisuivent celui où est attachée la dernièrepaire de pattes, et reste ainsi pendant deuxou trois jours, au bout desquels elle quitteenfin sa dernière peau pour paraître sous laforme de nymphe. Celle-ci a aussi une queuefourchue, mais dont les deux branches sontinermes, et beaucoup moins longues quecelles de la larve ; c’est par cette queue, quireste engagée dans la dépouille de la peauréduite en peloton, qu’elle est fixée contre lafeuille où la transformation s’est faite.

Cette nymphe, plus courte que la larve,est de forme ovale et aplatie ; elle a un am-ple corselet, presque semi-lunaire , dont lecontour est bordé d’un rang d’épines cour-tes et simples; l’abdomen est garni latéra-lement d’appendices ou de lames plates enforme de feuilles; et, sur chaque côté du dos,s'élèvent quatre petits tuyaux qui sont lesstigmates. L’insecte parfait se développe aubout de douze ou quinze jours.