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CATARACTES, céoi.. — Les Cataractes ne sont que des cascades considérables pro-duites le plus souvent par des ravins jetés surla route des fleuves. Les eaux, après s’y êtreprécipitées en jaillissant parfois du sommetdes rochers, reprennent leur course, et rou-lent au milieu de leurs flots les débrisqu’elles ont entraînés dans leur chute.
Les Cataractes perdent chaque jour de leurélévation par la dégradation des roches surlesquelles l’eau coule, ou par l'exhausse-ment du sol sur lequel elle tombe. Ce phé-nomène, d’un haut intérêt géologique, puis-qu’il est une des causes qui ont contribuéà modifier la surface du globe, est sans douteaujourd’hui moins fréquent qu’aux épo-ques anciennes ; cependant il se manifesteencore, avec sa majesté terrible, sur ungrand nombre de points de la terre ; il seprésente plus fréquemment,dans des propor-tions moins gigantesques, au milieu des tor-rents formés par les pluies qui ravinent lesol à des profondeurs souvent considéra-bles. Les cols et la plupart des autres dé-pressions qu’on remarque dans les mon-tagnes sont, sans aucun doute, le résultatde l’action érosive des eaux , qui ont puis-samment contribué à creuser ou à élargirles vallées.
Les Cataractes les plus anciennementconnues sont celles du Nil , hautes d’envi-ron un mètre et demi, et qui ne sont plusque de simples rapides. L’Afrique en ad’autres bien plus importantes ; l’Asiecentrale en possède quelques unes, et l’ontrouve en Europe celles de Nettina en Dal-malie, de Serio en Italie, du Rhin à Schafl-house, de Luleâ en Suède, de l’Ardèche etdu Tarn en France, etc. L : 'Amérique méridio-nale en compte un assez grand nombre, etl’Amérique du Nord cite ses Glen’s faitsdans l’Hudson , ses Liltle falls, ses Bellowsfalls ; mais la plus célèbre de toutes les Ca-taractes est celle du Niagara , rivière de 12à 15 lieues de cours, qui réunit les eaux dulac Érié et des autres lacs supérieurs àcelles du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent .
Les chutes du Niagara sont situées à envi-ron 20 milles du lac Érié, et à 14 du lac On-tario , au-dessous de la plus grande des îlesdont est parsemé le Niagara . Elles tombentd'une crête de rochers calcaires, dis-
posés en forme d’hémicycle, et qui em-brassent un espace considérable au-dessusdu niveau de la rivière. L’île de la Chèvredivise la nappe d’eau en deux immenses co-lonnes , dont la hauteur est évaluée à 75mètres. Elle a près d’une lieue de largeur.Le bruit qu’elle fait s’entend de 15 à 20lieues, et l’énorme nuage de vapeurs qui s’é-lève au-dessus de la chute s’aperçoit de25 lieues. L’eau, en se précipitant dusommet des rochers, ronge les couches schis-teuses sur lesquelles repose le lit calcaire dufleuve, et les roches privées de support tom-bent avec fracas au fond du ravin qu’ellesjonchent de débris. Chaque année ont lieude nouveauxéboulements; aussi laCataracterétrograde-t-elle sans cesse du côté du lacÉrié . Dans l’espace de 40 années, le recula été de 45 mètres, et le ravin s’est allongéà mesure que son lit s’est rétréci. On sup-pose qu’il était jadis à 11 kilomètres dupoint où il est aujourd’hui, et qu’il a fallu9 à 10,000 ans pour le creuser. Si la des-truction de la roche continue dans les mê-mes proportions, dans 30,000 années leNiagara aura rejoint le lac Érié , qui, à sontour, se précipitera dans l’abîme ouvertau-dessous de lui; à moins que d’ici là, celac, dont la plus grande profondeur n’estque de 20 mètres, ri’ait été comblé par les sé-diments qu’y viennent chaque année dépo-ser les rivières et les torrents qui y jettentleurs eaux. Tous les hommes qui se sontoccupés des grands phénomènes de la na-ture, ont consacré des pages brillantes destyle à reproduire les profondes impres-sions d’étonnement et de terreur que produitle spectacle imposant des grandes Catarac-tes , dont les eaux, réduites en une'masseécumante, roulent en grondant leurs flotsimpétueux , ou , sous la forme de vapeurslégères, réfléchissent les couleurs du prismeet éblouissent les yeux. Pour les natura-listes, il est un autre sujet d’admiration,c’est de voir se dérouler lentement ces cau-ses de modifications si faibles en apparence,et pourtant si puissantes en réalité, et d’as-sister aux révolutions produites sur la ma-tière solide par l’action continue du fluideaqueux, qui remue l’écorce du globe et bou-leverse les continents.
CATAIUA, Mœnch. bot. ph — Syn. deIS'epeta, L.