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Tome troisième.
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prochent davantage de ces justes propor-tions , d’où résulte pour nous un ensemblegracieux;. Leur taille est moindre que celledes Chameaux ; sous ce rapport, ils rentrentdans la loi générale proposée par notre il-lustre Buffon.

Le nombre des espèces qui doivent êtrerapportées au genre Lama est loin d’être fixéd’une manière certaine. Le désaccord queprésentent là-dessus les naturalistes tientsans doute à la domestication subie par uneou plusieurs de ces espèces, et à la diversitédes races qui en a été le résultat. Nous n’ad-mettrons comme distinctes que les troisqui, ayant vécu au Jardin des Plantes , ontpu être assez étudiées pour qu’il ne resteque peu de doutes à leur égard.

1. Le Guanaco ou Lama proprement dit(Camelus Llacma Linn.). — Le Lama était laseule bête de somme employée par les habi-tants du Pérou, lors de la découverte de l’A-mérique , et cet animal, comme plusieurs au-tres, dont l’utilité pour l’homme est de tousles instants, n’y existait plus à l’état sau-vage. Du moins M. de Humboldt pense queceux qu’on rencontre libres et errants dansles gorges des Cordilières ne sont que les des-cendants d’individus domestiques. Par suitede cet asservissement de l’espèce entière, ils’était établi plusieurs races distinctes , donton comprend qu’il devient difficile d’établiravec précision les caractères spécifiques. Onpeut pourtant dire, d’une manière générale,que la taille du Lama est à peu près celled’un petit Cheval : il a quatre pieds de hau-teur au garrot, et cinq de longueur. Sa têteest petite et bien placée. Il porte des callo-sités au sternum, auxgenoux et aux carpes.Son poil varie de couleur, d’épaisseur et delongueur ; mais les teintes brunes paraissenty dominer, et il est toujours plus long et plusfrisé sur le corps que sur la tête, le cou etles jambes.

L’emploi du Lama comme bête de sommeest bien moins fréquent depuis l’introductiondes Chevaux dans l’Amérique du Sud . Ce-pendant, il sert encore à transporter des far-deaux dans les sentiers escarpés des Cordi-lières , où la sûreté de son pied le rend trèspropre à cet usage. Il porte 150 livres envi-ron, mais sa marche est très lente; et, lors-qu’on veut l’accélérer, il se couche à terrecomme résolu à se laisser assommer sur

piace. Cette espèce est d’ailleurs précieuse àplus d’un titre. La chair des jeunes est unexcellent manger. Leur peau donne un cuirassez estimé, et leur poil sert à fabriquer desétoffes.

2. L’Alpaca ( C. paco F. Cuv.). — Cetteespèce, que les voyageurs n’ont indiquéeque d’une manière assez vague, a été con-sidérée par quelques naturalistes commeune simple variété de la précédente ; mais,d’après les recherches et les observations deF. Cuvier, elle en paraît être bien distincte.L’Alpaca n’a guère que 3 pieds de hauteur augarrot, sur 3 pieds 6 pouces de longueur. Ilmanque de callosités ; mais un caractèrequi le fait reconnaître au premier coupd’œil, c’est l’abondance et la longueur despoils laineux qui couvrent les côtés de soncou et tout son corps, tandis que la facen’est couverte que de poils ras et presquetous soyeux, et que l’intérieur des cuisseset le ventre sont presque nus. La laine del’Alpaca joint à une finesse qui égale pres-que celle des tissus de Cachemire , une lon-gueur bien plus considérable ; et nul douteque, si l’on parvenait à naturaliser cet ani-mal , l’industrie ne trouvât dans sa toisonune branche importante de commerce. ( Foy.l’atlas de ce Dictionnaire, Mammifères ,pl. 11, fig. 1.)

3. LaViGOGNE [C. Ficogna Gmel.).—C’estla plus petite espèce du genre qui nous oc-cupe ; mais peut-être serait-elle la plus utilesi l’homme, au lieu de la chasser commebête fauve et de la détruire peu à peu, cher-chait à la soumettre à son empire , commele Lama . Sa riche toison, qui, pour lafinesse et le moelleux, surpasse toutes leslaines connues , le récompenserait ample-ment de ses soins. Malheureusement, la cu-pidité et la paresse des habitants du Nou-veau-Monde ont opposé jusqu’à ce jour, à laréalisation de ces projets, des obstacles in-surmontables. Pour s’emparer des peaux decet animal précieux, qui fait l’objet d’uncommerce assez considérable, ils le poursui-vent jusque sur les sommets les plus escar-pés des Andes , où il s’est réfugié, et le nom-bre en diminue de jour en jour.

La Vigogne ressemble beaucoup au Lama ;mais ses formes générales sont plus svelteset plus élégantes; ses jambes plus longueset plus menues. Sa tête plus courte et