Band 
Tome troisième.
Seite
413
JPEG-Download
 

CHA

blenl en naissant ; leur pelage est laineuxpendant leur jeunesse, plus foncé que celuide leur mère, avec de petites raies brunes,transversales, sur les flancs et à l’origine dela queue. Ce n’est qu’à cinq ou six ans, lors-qu’ils deviennent complètement adultes ,qu’il ne reste plus aucune trace de cette li-vrée; mais, dès l’àge de trois ans, la crinièrecommence à pousser aux mâles. Si l’on enjuge par l’analogie et par la règle généraleque Buffon a posée, le Lion doit vivre detrente à trente-cinq ans. (f^oyez l'atlas de ceDictionnaire , Mammifères , pl. 8. A.)

En 1824 , il est né, à la ménagerie deWindsor, d’une Tigresse qu’on avait ac-couplée avec un Lion , deux petits que Fr.Cuvier a fait représenter dans son Histoirenaturelle des Mammifères (pi. 106, 17 e liv. ).Ils étaient fort doux l’un et l’autre , ne res-semblaient ni à leur père ni à leur mère, etne se ressemblaient pas même entre eux.Ce fait du croisement de deux espèces si dif-férentes , ne pourrait-il pas expliquer lagrande confusion qui existe dans l’histoireet la synonymie des Chats ?

Le Tigke, Felis tigris Lin. , le Tigre royalBuff.-Cuv., le Paleng des Persans, le liadja-Houtan ou Arimaou-Bessar des Malais, leMadjan-Gédé des Javanais, le Lau-Hu desChinois. — Cet animal est le plus grand et leplus terrible des Chats. Sa taille égale et sur-passe même celle du Lion ; mais il est plusgrêle, plus svelte ; sa tête est plus arrondie, etses jambes sont proportionnellement pluslongues. Son pelage est d’un fauve vif en des-sus,d’un blanc pur en dessous, partout irré-gulièrement rayé de noir en travers, ce qui ledistingue très bien de toutes les grandes espè-c es de son genre. Sa queue, noire au bout, esta lternativement annelée de cette couleur etde blanc ; enfin, c’est un des plus beaux etdes plus élégants animaux qu’on connaisse.Si l’on s’en rapportait aux voyageurs, il ha-biterait toutes les parties de la terre, erreurflui résulte de ce qu’ils ont donné le nom deTigre à presque tous lès grands Carnassiersa Pelage tigré et moucheté. Quant au véri-table Tigre , il habite les Indes orientales eteur archipel, les déserts qui séparent la"ine de la Sibérie orientale , jusque entrees rivières d’Irlisch et d’fschim , et même ,dnoique rarement, jusqu’à l’Obi. Il estcom-dn dans le Bengale ; mais jamais on ne l’a

CFIA 413

trouve en-deçà de l’Indus, de l’Oxus et de lamer Caspienne .

Buffon, s’il a paré le Lion des qualités qu’iln’a pas, s’est plu, par compensation et pourfaire ombre au tableau, à nous peindre leTigre avec les couleurs les plus noires ; il lereprésente comme ayant une férocité inouïe,une cruauté indomptable, et une soif de sangqui le dévore constamment. Le fait est quele Tigre n’est pas plus cruel que leLion; maisil est plus rusé pour approcher sa proie, plusaudacieux pour l’attaquer, et plus courageuxpour la combattre. Poussé par la faim , il sejette indifféremment sur tous les animaux ,même sur l’homme, et dans ce cas aucundanger ne l’intimide. On en a vu sortir de laforêt, s’élancer avec la rapidité de l’éclair ,saisir un cavalier au milieu d’un bataillon ,d’une armée, l’emporter dans les bois et dis-paraître avant même qu’on ait eu le tempsde le poursuivre. Ce qui sans doute n’a paspeu contribué à la réputation de cruautéqu’on lui a faite, c’est cette audace indomp-table qui lui fait braver les armes de l’hom-me , et le rend , pour notre espèce, le plusterrible des animaux et le fléau des In-des orientales. Pour épier plus aisément saproie, il habite de préférence les roseaux quicroissent sur les bords des fleuves et desgrandes rivières ; et, comme il nage fortbien, il aime à gagner les îlots afin d’y établirson domicile temporaire. De là, il observe cequi se passe sur le fleuve, et va chercher,pour s’en nourrir, les cadavres d’hommes etd’animaux qui flottent sur les ondes. Quandsa faim est assouvie, il cesse de devenir dan-gereux , et son caractère méfiant et timidereprend le dessus ; il se cache dans les four-rés et fuit la présence de l’homme, à moinsqu’il n’en soit attaqué. Ses habitudes sont,dans les circonstances ordinaires, absolumentsemblables à celles du Lion et des autresgrands Chats. La femelle met bas de trois àcinq petits , qu’elle cache de la même ma-nière que la Lionne , pour empêcher le mâlede les dévorer. Il arrive, mais très rarement,qu’un des petits est Albinos; en grandissantil devient entièrement blanc, et l’on ne re-connaît ses bandes qu’à une certaine inci-dence de lumière qui les fait paraître plusopaques. Un de ces Albinos a vécu à la mé-nagerie d’Exeter-Change, et a été figuré parGriffith dans son Règne animal, p. 444.