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dance tout ce qu’il lui en fallait pour assu-rer son existence dans la position que nouslui avons faite, et si l’on rend cette positionmeilleure, comme à Paris , par exemple, oùle peuple aime les animaux, il abandon-nera aussi une partie de son indépendanceen proportion de ce qu’on- lui donnera enaffection. La Chatte , plus ardente que lemâle, entre communément en chaleur deuxfois par an, en automne et au printemps ;elle porte 55 à 5G jours, et ses portées ordi-naires sont de 4 à 6 petits. Ces animaux vi-vent ordinairement de 10 à 15 ans.
Section II. Chais d’Amérique .
I,e Jaguar, F dis miça Lin. , le Tigrisumericanus Boliv., VOnza des Portugais,le Tlallanqui - oceloü d’Hernandès , le Ya-guarélé d’Azara , la grande Panthère desfourreurs. — Après le Tigre et le Lion, cctanimal est le plus grand de son genre.D’Azaradit en avoir mesuré un qui avait six pieds(1>»,949) de longueur, non compris la queue,qui elle-même était longue de vingt-deuxpouces (O»,596). Son pelage est d’un fauvevif en dessus, semé de taches plus ou moinsnoires, ocellées, c’est-à-dire formant unanneau plus ou moins complet, avec unpoint noir au milieu. Ces taches sont aunombre de quatre ou cinq par lignes trans-versales sur chaque flanc; quelquefois cesont de simples roses ; elles n’ont jamais unerégularité parfaite, mais sont constammentpleines sur la tête, les jambes, les cuisseset le dos, où elles s’allongent tantôt sur deuxrangs , tantôt sur un seul. Le dessous ducorps est blanc, avec de grandes taches ir-régulières, pleines et noires ; le dernier tiersde la queue est noir en dessus , annelé deblanc et de noir en dessous .{Voyez l’atlas dece Dictionnaire, Mammifères, pl. 8. ) Il enexiste une espèce lus petite , figurée parSmith. Sa couleur est plus pâle et plus cen-drée , et ses mœurs paraissent plus féroces.
Le Jaguar est répandu depuis le Mexique exclusivement, jusque dans le sud des Pam-pas de Buenos-Ayres , et nulle part il n’estplus commun et plus dangereux que dans cepays. Malgré le climat presque tempéré etla nourriture abondante que lui fournit lagrande quantité de bétail qui paît en libertédans les plaines, il y attaque très souventl’homme ; tandis que ceux du Brésil , de la
Guiane et des parties les plus chaudes del’Amérique fuient devant lui, à moinsqu’i sn’en aient été attaqués. Les bois marécageuxdu Parana, du Paraguay et des pays voisins,sont peut-être les endroits où ils sont le plusmultipliés, et où les accidents sont le plusfréquents ; ils étaient encore si nombreux auParaguay , après l’expulsion des jésuites,qu’on y en tuait deux mille par an , selond’Azara. Aujourd’hui le nombre en est con-sidérablement diminué. Cependant, au Bré-sil et dans la Guiane, presque régulièrementau lever et au coucher du soleil, on entendleur cri retentir à une très grande distance ;il consiste en un son flûté, avec une très forteaspiration pectorale, ou bien, quand l’animalest irrité, en un râlement profond qui se ter-mine par un éclat de voix terrible. Le Jaguarse plaît particulièrement dans les esters etles grandes forêts traversées par des fleuves,dont il ne s’éloigne pas plus que le Tigre ,parce qu’il s’y occupe sans cesse de la chassedes Loutres et des Pacas. Comme le Tigre , ilnage avec beaucoup de facilité, et va dormir,pendant le jour, sur les îlots , au milieu destouffes de joncs et de roseaux. Il pêche, dit-on , le poisson, qu’il enlève très adroitementavec sa patte. Il ne quitte sa retraite que lanuit, s’embusque dans les buissons, attendsa proie, se lance sur son dos en poussant ungrand cri, lui pose une patte sur la tète, del’autre lui relève le menton, et lui brise ainsile crâne sans avoir besoin d’y mettre la dent.Il est d’une force si extraordinaire, qu’iltraîne aisément dans un bois un Cheval ouun Bèeuf qu’il vient d’immoler. Il attaqueles plus grands Caïmans ; et s’il est saisi pareux, il a l’intelligence de leur crever lesyeux pour leur faire lâcher prise.
Eu plaine, le Jaguar fuit presque toujoursdevant l’homme, et ne fait volte-face quelorsqu’il rencontre un buisson ou des herbeshautes dans lesquels il puisse se cacher.On prétend qu’il vit en société avec sa fe-melle ,ce qui ferait exception parmi les ani-maux de son genre. Quoique grand, ilgrimpe sur les arbres avec autant d’agilitéque le Chat sauvage , et fait aux Singes uneguerre cruelle. La nuit, rien n’égale sonaudace ; et, sur six hommes dévorés par lesJaguars, à la connaissance de d’Azara, deuxfurent enlevés devant un grand feu de bi-vouac.