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Tome troisième.
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elle peu d’importance dont elles paraissentdouées. On les voit, en effet, disparaîtrequelquefois entièrement, tantôt à la mâ-choire supérieure, tantôt à la mâchoire in-férieure; et, dans un assez grand nombre decas, elles restent presque rudimentaires. Sil’on adopte les idées que nous avons déve-loppées ailleurs [Considérations sur les ca-ractères zoologiques des Rongeurs, et surleur dentition en particulier) , on trouveraici un rapprochement de plus à établir enlreles Rongeurs et les Chéiroptères.

Quelles conséquences tirer de ces faits enapparence opposés? Nous croyons devoiren conclure que les Chéiroptères sont unde ces groupes fort embarrassants pour lezoologiste systématique, obligé de décrire lesanimaux en passant de l’un à l’autre parune série linéaire; que, si nous voulons nousfaire une idée exacte de leurs rapports avecles autres Mammifères, nous ne saurions yparvenir par ce moyen ; mais qu’en défini-tive les groupes avec lesquels leurs atlini-lés sont les plus étroites, sont en premierlieu les Insectivores, et en second lieu lesRongeurs. Or, nous avons cherché à établir(loco citalo). que la place assignée à ceux-ci dans la plupart des classifications, étaittrop élevée, et nous croyons pouvoir en direautant des Chéiroptères.

Pour terminer ce que nous avions à direde général sur les Chéiroptères, il nousreste à signaler quelques unes de leurs ha-bitudes. Ici encore nous retrouverons l’in-fluence du caractère essentiel de cet ordre.Remembre antérieur, passé à l’étatd’aile,est devenu très peu propre à la marche; aussin’est-ce qu’avec de pénibles efforts que laChauve-Souris se meut à la surface du sol.Étendant aussi loin que possible l’ongle cro-chu qui termine son pouce , elle se cram-ponne à quelque aspéritédu terrain ; puis, lemembre une fois fixé attire à lui le reste ducorps, en même temps que les pieds posté-rieurs poussent d’arrière en avant pour aiderà ce mouvement. Il est facile de compren-dre que ce mécanisme doit diriger le corpsde côté, et dans la direction du membre an-térieur qui entraîne le corps. Mais l’autrebras agit à son tour de la même manière ,et par suite , comme l’a fort bien observéM. Geoffroy , la marche d’une Chauve-Sou-ris s’exécute, non point en ligne droite,

mais par uné suite de zigzags dont l’axe seuldétermine la direction réelle?

Les Chauves-Souris sont toutes des ani-maux nocturnes. Retirées pendant le jourdans les carrières, dans les greniers , dansles troncs d’arbres, elles attendent l’heuredu crépuscule dans un état d’immobilitépresque constante et sans doute de som-meil. Pendant ces heures de repos, ellessont suspendues par leurs pattes de derrièredont les ongles, courbés en demi-cercle etformant une ligne continue, sont parfaite-ment appropriés à cet usage. Cette positionleur permet de fuir facilement à la moindreapparence de danger, tandis que, lorsqu'ellessont à terre, la longueur de leurs ailes lesempêche le plus souvent de prendre leurvol. Souvent elles s’accrochent les unes auxautres, et forment ainsi des masses énor-mes. C’est surtout dans les salles sou-terraines de certaines cavernes qu’on lestrouve ainsi réunies en nombre tellementconsidérable, que leur fiente forme une cou-che épaisse sur le sol. M. Geoffroy a fortbien observé et décrit le petit manège àl’aide duquel elles savent prendre la posturenécessaire pour se débarrasser de leurs ex-créments sans se salir.

Presque tous les Chéiroptères sont insec-tivores ; les Piousseltes seules font exceptionâ la règle et se nourrissent de fruits. Aussi-tôt quele crépuscule commence à faire placeà la nuit, on voit ces chasseurs nocturnessortir de leurs sombres retraites , et couriraprès leur proie avec une gloutonnerie quiles aveugle sur le danger, et ne leur permetpas de distinguer les pièges les plus grossiers.Aussi peut-on prendre des Chauves-Sou-ris à la iigne, en amorçant un hameçon avecun insecte,et en agitant cet appât dans l’air.Lorsque la chasse est abondante , elles enmettent une partie en réserve dans les es-pèces d’abajoues qui leur garnissent les deuxcôtés de la bouche.

Ces animaux ne sont nullement faciles àobserver vivants. Privés de leur liberté, ilsne tardent pas à périr, quelque soin qu’onprenne pour les conserver. Nous citeronsici quelques observations intéressantes duesà M. G. Daniell, sur les habitudes de laPipistrelle et de la Noctule.

En juillet 1833, M. Daniell reçut cinq fe-melles fécondées de Pipistrelles, et les mit