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formera probablement, comme le Mouflon àmanchettes,le type d'un sous-genre distinct.
On ne peut comprendre, ni parmi lesChèvres ni même parmi les Ægocères, leRuminant du Népaul que M. Duvaucel avaitdonné pour un Bouquetin, mais à qui M. F.Cuvier avait assigné sa véritable place. On ycomprendra encore bien moins leTackhailse,animal de plaines, et que Daniel, le seul eu-ropéen qui l’ait vu jusqu’à présent, compareau Nil -gau pour le pelage, pour le port etpour la taille.
Revenant aux Chèvres véritables, nousallons donner pour les diverses espèces quenous avons signalées plus haut comme étantsuffisamment établies, non pas des descrip-tions complètes, mais des indications un peudétaillées des caractères par lesquels chacunede ces espèces se distingue des six autres.
1. I.e Bouquetin des Alpes ( Capra ibex).— Denis molaires au nombre de six dechaque côté aux deux mâchoires.
Cornes très différentes suivant les sexes,non seulement sous le rapport des dimen-sions , mais aussi sous celui de la forme.
Chez les mâles, les cornes sont compriméeslatéralement, et presque deux fois moinsépaisses de dedans en dehors que d’avant enarrière. Leurs deux faces latérales, à peuprès planes et parallèles entre elles , sont,ainsi que la face postérieure qui est arron-die, marquées de stries ondulées ; la face an-térieure, plane transversalement, est séparéede la face externe par une vive arête, et del’interne par un filet saillant : elle présented’espace en espace des bourrelets très épais,qui se terminent en dehors d’une manièreabrupte, et en dedans par un gros noeud liéau filet longitudinal. Ces bourrelets, au nom-bre de vingt à trente chez les individus unpeu âgés, sont mieux marqués et plus grosà la partie moyenne que vers la base. Versla pointe ils sont aussi moins proéminentset moins réguliers de position ; mais, danscette partie, la figure de la corne change no-tablement , devenant d’abord triangulairepar suite du rétrécissement graduel de laface antérieure qui finit par se perdre dansle filet longitudinal, puisensiforme par suitede la diminution de la face postérieure. Lescornes d’un vieux mâle, mesurées suivantleur courbure , ont jusqu’à 1 mètre de lon-gueur, et même davantage. Les cornes de la
femelle , au contraire , sont très courtes , etatteignent à peine 14 à 15 centimètres; ellessont triangulaires , offrant à l’union de laface interne avec la face extero-anlérieureun filet très saillant, renflé d’espace en es-pace par des nodosités plus prononcées quedans notre Chèvre domestique. Les cornes,chez les femelles, paraissent se montrer as-sez tard; chez les mâles, au contraire, ellescommencent à poindre très peu de tempsaprès la naissance. D’abord assez semblablespour la forme à celles des femelles, elless’en distinguent cependant en ce que lesnodosités de leur bord antérieur sont beau-coup plus fortes; bientôt apparaît un vraibourrelet transversal, et au-dessous com-mence à se faire voir la face antérieure planeavec son filet interne saillant. Chez un jeuneindividu de la galerie zoologique de Paris dont l’âge n’excède pas dix à onze mois, lescornes, mesurées le long de leur courbure,ont de longueur O»,27, et de contour à leurbase 0»‘,i9.
Sous le rapport de la taille, il y a aussientre le mâle et la femelle une différence trèsnotable, et beaucoup plus grande que cellequi existe entre nos Boucs et nos Chèvres do-mestiques. On assure que l’Elagne (c’est ainsiqu’on nomme la femelle) est d’un tiers pluspetite que le mâle ; de sorte que celui-ci ayantau garrot 0 m ,87 de hauteur, la femelle au-rait seulement 0 m ,54. Je ne connais point demesure immédiate d’une femelle adulte ;mais la différence ne me paraît pas avoir étéexagérée, et s’accorde assez bien avec lesdifférences dans les poids, qui doivent êtreà peu près comme les cubes des dimensionslinéaires, c’esl-â-dire dans le rapport de 27à 8 à peu près : or le poids de la femelle nedépassant pas, dit-on, 43 à 44 kilog., celuidu mâle atteint jusqu’à 145.
Une autre différence entre les sexes con-siste en l’absënce de barbe chez les femelles ;les mâles, quoi qu’on en ait dit, prennent debonne heure cet ornement, mais ne le por-tent qu’en hiver (1).— Le if m a lieu en
(i) Dans les anciennes tlescriptions et dans les anciensdessins le Bouquetin des Alpes est toujours représenté commebarbu; ce qui devrait paraître fort étrange s’il était vrai ,comme le prétendent aujourd'hui beaucoup de naturalistes,que l'animal n’a jamais de barbe ou n’en a que rarement, etcomme cas exceptionnel. Les deux opinions sont certaine-ment inconciliables; mais les observations sur lesquelleselles reposent peuvent être bonnes; seulement, ie part etd’autre , on se sera trop hâté de les généraliser. La plupart