526
CilE
sont courts et bien couchés, c’est la teinte deleur extrémité, le brun, qui prédomine;dans les régions où ils sont longs, c’est-à-dire à la crinière, c’est leur portion grise quidonne presque exclusivement la couleur.L’abdomen et les membres, au-dessus dupoignet et du jarret, sont fauves; les partieslatérales et postérieures des canons sont demême couleur; leur partie antérieure estmarquée d’une bande noire qui s’élargit endescendant jusqu’à toucher les ergots. Ledevant et les côtés de la tête sont d’un brunnoirâtre; une tache longitudinale fauve-pâles’étend de chaque côté du chanfrein; uneautre plus courte, mais de même couleur,se voit au-devant de chaque œil ; les lèvreset le menton sont grisâtres ; il y a une tachenoire à la lèvre inférieure près de la commis-sure ; le bout de la queue et des oreilles estnoirâtre ; l’espace nu compris entre les na-rines est noir ; la langue et le palais offrentla même couleur.
La patrie du Jhàral est, d’après ce quenous apprend M. Hodgson, cette portion duversant austral de l’Himalaya qui forme laprovince de Kachar. II s’y tient dans le voi-sinage des neiges perpétuelles.
Dans des montagnes situées beaucoupplus au sud, dans les Nilgherries, on con-naît sous le nom de Jungle sheep (Moutondes Jungles) un Ruminant qui, malgré l’ab-sence de crinière , paraîtrait se rapprocherbeaucoup du Jhâral, si l’on en jugeait parles descriptions incomplètes qu’on nous ena données ; mais les deux animaux ont deshabitudes qui empêchent qu’on ne puisseles confondre; car tandis que le premier re-cherche les lieux élevés et découverts, l’au-tre , comme son nom l’indique, se tient dansles lieux boisés.
Les huit espèces de Bouquetins dont ilvient d’être parlé ne sont pas les seules dontse compose le genre, ne sont pas même lesseules dont l’existence ait été constatée ; ainsiil en est trois ou quatre que nous pourrionsindiquer par quelques uns de leurs carac-tères distinctifs ; mais comme nous ne pour-rions donner pour aucune rien qui ressem-blât à une description, nous nous conten-terons de ce qui a été dit à ce sujet page 510.
Nous en sommes, relativement aux mœurs
CHE
des Bouquetins, à peu près au point où l’onen était il y a un siècle relativement à leursformes; les différences d’une espèce à l’autreont passé inaperçues au milieu des ressem-blances qui sont certainement très nom-breuses et très frappantes. Le Bouquetin desAlpes ayant été plus étudié sous ce rapportque tous les autres, ce que nous allons diredevra toujours, à moins que nous ne préve-nions du contraire, être considéré commen'étant, à la rigueur, bien constaté quepour lui.
Les Bouquetins sont des animaux grégai-res, qui vivent par petites troupes composéesde dix à vingt individus et quelquefois da-vantage. Ces troupes, pendant presque toutel’année, ne se composent que des femelles ,de leurs petits, et des mâles âgés de moins desix ans; les mâles qui ont dépassé cet âgevivent solitaires. « Plus ils sont vieux, ditBerlhout van Berchem, moins ils aiment àvivre en société. Ils s’endurcissent contre lefroid, et en hiver ils ont l’habitude de seplacer sur les hauteurs, en face de la partiede l’horizon d’ou vient l’orage; ils y restentsans bouger, au point qu’on les prendraitpour des statues; ils vont seulement mangerde temps en temps aux environs, et revien-nent ensuite à la place qu’ils ont choisie. Lesfemelles et les jeunes n’ont point cette ha-bitude, et se tiennent dans toutes les saisonsà de moindres hauteurs. »
Ce besoin d’isolement qu’éprouvent lesvieux mâles n’est pas quelque chose de par-ticulier aux Bouquetins, et nous avons euoccasion de le faire remarquer égalementpour les Bœufs. Ajoutons que, dans les deuxgenres, ces individus solitaires sont d’un na-turel très peu endurant, et disposés en gé-néral à attaquer tout être qui viendrait lestroubler dans la retraite qu’ils ont choisie,retraite qu’ils ne quittent que dans le tempsdu rut.
« Lorsque les Boucs sont hors d’avecles Chèvres , dit Gaston Phœbus, ils courentsus aux bêtes et aux gens... Le Bouc blessed’un coup qu’il donne, non du bout de latête (tête pris en langage de vénerie pourcorne), mais du milieu, tellement qu’ilrompt les bras et les cuisses de ceux qu’ilatteint. »
Au temps du rut , les Bouquetins detout âge se mêlent; les mâles combsllent