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Tome troisième.
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CHI

CHI

Loup rouge de Cuvier, Canis jubants , est dela taille de nos plus grands Loups. Sa cou-leur générale est d’un roux cannelle foncésur les parties supérieures, plus pâle endessous, presque blanc à la queue et dansl’intérieur des oreilles ; il a le pied , le mu-seau et le bout de la queue noirs; unecourte crinière noire part de la nuque ets’étend jusque derrière l’épaule, quelque-fois tout le long du dos. Cette espèce , sil’on s’en rapporte à d’Azara, n’est pas raredans les Pampas de laPlata, où il habiteexclusivement les esters, ou lieux maréca-geux et inondés sur les bords des rivières.Contre les habitudes des autres Chiens , savie est solitaire ; il ne sort de sa retraite quela nuit, pour aller à la recherche des ani-maux aquatiques qu’il poursuit à la nageavec une grande facilité; il se nourrit non seu-lement de sa chasse, mais encore de fruits,et d’Azara en a possédé un qui mangeaitjusqu’à des oranges. Il paraît néanmoinsqu’il préfère à tout, les Oiseaux, leurs œufs,les Rats, les Pieptiles, et les cannes à sucre.Comme il est aussi agile coureur que bonnageur, il fait quelquefois la chasse auxCerfs ; mais ce n’est que très rarement, etpoussé par une faim extrême, qu’il attaquele gros bétail, et son courage alors ne le cèdepas à sa force. En esclavage, il grogne etaboie comme un Chien domestique, maisavec plus de force et de confusion, dit l’au-teur cité plus haut; il parait qu’il s’appri-voise fort bien, et qu’on peut même le dres-ser à la chasse. Dans le courant de mai,époque de ses amours , ce Loup fait retentirles Pampas de ses hurlements qui s'enten-dent de très loin , et qui ont un son lugubreet effrayant; il répète plusieurs fois de suite,et en les traînant, les sons goua-a-a, goaa-a-a.La femelle , qui ressemble tout-à-fait aumâle, a six mamelles, et fait, à chaqueportée , trois ou quatre petits, qu’elle metbas vers le mois d’août, et qui la suivent àla chasse aussitôt qu’ils peuvent marcher.Le nom d’Agouara-gouazou, que porte cetanimal, signifie, en langage guaranis, grandRenard , jigouara , Renard ; gouazou ,grand.

Le Loup du Mexique, Canis mexicanusI.inn., n’est guère moins grand que notreLoup ordinaire. Son pelage est d’un grisroussàtre , mélangé de taches fauves , mar-

j qué de plusieurs bandes noirâtres qui s'é-tendent de chaque côté du corps, depuis laligne dorsale jusqu'aux flancs ; le tour dumuseau, le dessous du corps et les piedssont blanchâtres. Ce Chien habite les partieschaudes de la Nouvelle-Espagne, et paraîtbeaucoup moins farouche que le précédent.

Le Loup de Java , Canis javanensis Er.Cuv., ne m’est connu que par un article deFr. Cuvier, inséré dans le Diction, des Sc.nat. Il ressemble heaucoup au Loup ordi-naire pour la taille et pour les formes ; maisses oreilles sont plus petites, et son pelageest d’un brun fauve, noirâtre sur le dos , àla queue et aux pattes; il a été trouvé àJava par Leschenault.

Animaux ne dépassant guère la taillede notre Kenard.

Le Culpeu, Molin., Canis anlarcticusShaw., est un peu plus grand que le Jaekal.Son pelage est d’un gris roussàtre; ses jam-bes sont fauves; sa queue, rousse à sonorigine, est noire au milieu et terminée pardu blanc. Il habite le Chili et l’ile Falkland,l’une des Malouines , où il a été trouvé parle capitaine Freycinet, et précédemment parle commodore Byron et par Bougainville.Cet animal a une vie solitaire et misérable,qu’il passe en grande partie dans un trouqu’il se creuse dans les dunes, sur les bordsde la mer et des fleuves. Toujours maigre ,sans cesse affamé, il se nourrit des Lapins et du gibier qu’il peut saisir à force de ruseet de patience. Comme on n’a pas observési sa pupille est diurne ou nocturne, onn’est pas certain s’il appartient au Chien ouau Renard . Le terrier qu’il se creuse feraitcroire que peut-être il appartient au genrede ce dernier ; mais comme Bougainvilledit l’avoir entendu aboyer de la même ma-,nière que les Chiens ordinaires, et que Mo-lina avance la même chose, j’ai cru devoirle laisser provisoiremen t avec eux jusqu’à cequ’on ait de plus amples renseignements.

C’est sur la foi de Molina que j’ai réunile Canis culpœus du Chili au Canis anlardi-eux de Pennant, quoique la description deMolina ne convienne pas rigoureusementau Chien antarctique, qui a le bout de laqueue blanc. Voici celte description duCulpeu : Canis caudâ rectâ elongalâ -, apiceconcolore lœvi. Quant au reste, et surtout