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Tome troisième.
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CHI

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Chili, publiée en italien, à Bologne , en 1776 ;mais celte erreur en est à peine une pourl’époque, si on la compare à celle du mêmeauteur lorsqu’il confond le Chinche avec leChinchilla, et qu'il donne au Chinche ® unefourrure si douce, qu’on en fait des couver-tures pour les lits. « Il parait en effet que lesanciens Péruviens, plus industrieux queceux de nos jours , ou plutôt privés des res-sources qu’ils durent plus tard à leurs rela-tions avec les Européens, tissaient le poildes Chinchillas pour en faire des étoffes.Buffon a malheureusement accepté l’erreurgrossière du compilateur italien ; et, aprèsavoir parlé très exactement du Chinche , d’a-près le P. Fcuilléc, il termine en disant que« le même animal lui parait indiqué parAcosta sous le nom de Chinchilla , lequeln’est pas très différent de celui de Chinche .»

D’Azara , qui ne laisse échapper aucuneoccasion de critiquer Buffon , n’a pas man-qué de relever cette erreur.

En 1782, l’abbé Molina, natif du Chili ,parla aussi des Chinchilles dans son Essaisur l’histoire naturelle de celte contrée; maisson récit, publié à Bologne , est écrit de mé-moire, et, par suite, peu descriptif. Il y con-sidère avec raison le Chinchilla comme uneespèce de Mus (Linné ) sous le nom de Muslaniger.

La subdivision du genre Mus en un grandnombre d’autres rendait insuffisants les dé-tails donnés par Molina; et tous les zoolo-gistes qui essayèrent de déterminer sa placeparmi les autres Rongeurs, arrivèrent à unrésultat plus ou moins fautif. Aussi G. Cu-vier préféra-t-il faire du Chinchilla une es-pèce incertæ sedis , ne sachant s’il devaiten faire un Écureuil avec de Ovalle, un Ratselon Molina et quelques autres, un Hams-ter à l’exemple de M. Geoffroy, un Cavia oumême un Lagomys ; opinions assez diversescomme l’on voit, et dont aucune cependantn’approchait de la vérité. G. Cuvier jugeaitmieux du Chinchilla lorsqu’il le rapprochaitde la Viscache, en disant que celle-ci « nepeut guère être qu’une grande espèce deChinchilla , à poil moins long et moins doux »

En effet, les observations de MM. Is. Geof-froy .Yarrell, Bennett, Emm. Rousseau,etc.,ne tardèrent pas à faire voir que le Chin-chilla et la Viscache, bien que distincts l’unde l’autre, diffèrent encore plus des autres

T. III.

Rongeurs qu’ils ne différent entre eux ; etils formèrent un petit groupe appelé d’abordCallomys par M. Is. Geoffroy, groupe auquelse joignit le groupe Lagotis , et qui devintbientôt une petite fayiille distincte sous lenom de Chinchillidœ , Chinchillides ou Cal-tomgens. yoyez ces mots.

D’après Molina, les Chinchillas viventdans des trous sous terre. Ce sont des ani-maux sociables, et leur humeur est si doucequ’on peut les prendre dans la main sansqu’ils cherchent à mordre ni même à s’é-chapper. Ils semblent prendre un grandplaisir à être caressés. En placc-t-on un sursoi, il y reste aussi tranquille que s’il étaitdans sa propre demeure; et cette douceurextraordinaire est due probablement à sapusillanimité, qui rend le Chinchilla fort ti-mide. Comme ce petit animal est excessive-ment propre, on ne peut craindre qu’il sa-lisse les habits de ceux qui le tiennent, ouqu’il leur communique aucune mauvaiseodeur, car il en est entièrement exempt. Parcelle raison il peut habiter les maisons sansaucun désagrément, et presque sans occa-sionner de dépense; car celle-ci, toujours audire de Molina, serait très amplement com-pensée par le produit de la fourrure du Chin-chilla . Nous avons dit plus haut que les dé-tails donnés par l’auteur chilien étaient in-suffisants , il faut ajouter qu’ils ne sont pastoujours corrects; c’est ainsi qu'aprés avoirattribué au Chinchilla les dents du Rat deshabitations, ce qui est une erreur, il lui adonné de petites oreilles pointues, nouvelleerreur qu'il était encore plus facile d’éviter.Les Chinchillas qu’on a possédés vivants àLondres et à Paris n’étaient pas tous aussifamiliers que ceux dont il vient d'être ques-tion. Bennett cependant en cite un qui ,resté pendant un an en possession de ladyKnighton avant d’être offert à la Société zoo-logique, avait été tenu dans un apparte-ment, et qu’on pouvait laisser courir dans lachambre. Ce Chinchilla , en effet, était douxet assez apprivoisé. Il était fort actif, sautaitfort bien et pouvait atteindre d’un seul bondle dessus d’une table ordinaire. Sa nourri-ture consistait principalement en herbes sè-ches, telles que du trèfle etde la luzerne. Unautre individu, observé par le même auteur,préférait les graines et les herbes succulen-tes. Placés dans la même cage, sans avoir pu37’