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Hérodote, qui vivait quatre siècles avant1ère chrétienne, avait appris pendant sonséjour en Égypte diverses particularités re-marquables sur le Champsa ou Crocodile, ete’est essentiellement d’après son récit qu’A-ristote et presque tous les auteurs de 1 an-tiquité ont écrit sur cet animal. Il s ex-prime ainsi au sujet de la vénération dont,,e Reptile était entouré : « Les Crocodiles“ sont sacrés dans quelques parties de l’E-
* gypte, et ne le sont pas dans d’autres,
" où on les poursuit même en ennemis.
“ Res Égyptiens qui habitent les environs de" Thèbes et du lac Mœris sont fermement
* Persuadés que ces animaux sont sacrés, et
* ils nourrissent habituellement un Crocodile" qu'ils sont parvenus à apprivoiser ; ils or-” nent ses oreilles d’anneaux d’or ou de pier-’’ r cs vitrifiées, et scs pieds de devant de“ bracelets. Ils ne lui donnent à manger“ qu'une quantité déterminée d’aliments,
" soit du pain , soitde la chair des victimes.
* Hs l’entretiennent ainsi avec le plus grand” soin pendant sa vie, et l’enterrent après sa
* mort dans des cellules consacrées.»
On trouve encore dans plusieurs endroits•le l’Égypte les sépultures de ces Crocodilesoonsacrés avec celles de plusieurs autres es-peces d’animaux religieusement embaumés,Mammifères, Oiseaux, Reptiles ou Pois-sons . A peine le temps a-t-il altéré leursformes, tant on a mis de soins à leur pré-paration : leur peau a le plus souvent con-‘érvé tous ses caractères, et leur squeletteost aussi complet, aussi commode pour l’é-lude que celui des Crocodiles que nous tuonsnous-mêmes pour les observer sous ce rap-port. I.es voyageurs modernes ont rapportéà presque tous nos musées archéologiquesou zoologiques de ces momies de Crocodilesantiques.
Aristote n’observa point le Crocodile, etil dut parler de ces animaux d’après Héro-dote et les récits ayant cours rie son temps.A Rome , où il en parut de vivants, lessciences étaient trop négligées pour qu’on y'it autre chose qu’un objet de vaine cu-ctosité, et aucun auteur ne s’occupa d’écrirel< ‘ ur histoire ou de rectifier ce qu’on en avaitùit de fautif. [,es premiers parurent sousèdilité de Scaurus ; ils étaient au nombre'' e c 'nq. Quelque temps après, les habitants6 Dendera en apportèrent plusieurs avec
T. IV.
eux, et sous Auguste, sept ans avant J.-C.,on en fit périr trente-six dans le cirque deFlaminius , qu’on avait rempli d’eau. Anto-nin et Héliogabale en montrèrent aussi.
Diverses monnaies ou médailles anciennesreprésentent le Crocodile du Nil , et l’on voitle même animal sur celles deNumidie, quoi-qu’il n’y ait pas de Crocodiles en Barbarie,sur celles de Nîmes , etc., mais pour rap-peler l’origine égyptienne des colonies éta-blies dans ces différents lieux.
Rendant longtemps on s’occupa des Croco-diles, mais sans éclairer en rien la partiepositive de leur histoire. Les fables assezsouvent ridicules auxquelles ils donnèrentlieu furent seules enregistrées par les histo-riens et même par les naturalistes; ceux tÿla renaissance ne triomphèrent qu’incom-plétementde ces entraves;mais on ne tardapas à observer des animaux semblables enAmérique et dans l’Inde , aussi bien qu’enAsie . Le voyage de P. Martyr, celui deHasselquist, quelques observations éparses,la relation fort détaillée faite par des mis-sionnaires, dans le royaume de Siarn, rieleur anatomie de trois Crocodiles , et prin-cipalement la dissection par les anciensacadémiciens (Duverney et Perrault), d’unCrocodile, sont les premières sources posi-tives auxquelles on puisse recourir aprèsHérodote ; mais la distinction caractéristi-que des espèces , la connaissance de leurrépartition géographique , et l’appréciationconvenable de ce que les anciens nous ontlaissé à l’égard des Crocodiles, sont donc au-tant de découvertes récentes. Klies ressor-tent surtout des travaux remarquables deSchneider, ainsi que de ceux d’E. GeoffroySaint-Hilaire et de G. Cuvier. C’est à M. deBlainvilieque l’on doitd’avoir démontré queles Crocodiles sont des animaux d’un autreordre que les Sauriens, et qui constituenteux-mêmes un ordre à part dans la classedes Reptiles, ordre aussi facile à distinguerriesChélonienset des Sauriens, et principa-lement de ceux-ci, que les premiers se dis-tinguent des seconds.
On verra, à l’article crocodiuos fossiles,combien cet ordre, aujourd’hui peu nom-breux, a perdu d’espèces curieuses par suitedes changements divers qui se sont opérés àla surface du globe depuis le commence-ment de la période secondaire. L’étude des
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