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seuls possesseurs du procédé de la dissectiondes Feuilles. Voici en quoi il consiste : on choi-sit des Feuilles bien développées; on les faitbouillir dans l’eau de savon jusqu’à ce quel’épiderme s’en détache aisément ; on Fen-Icve par plaques avec la pointe d’un canif ;on détache ensuite avec le doigt ou avec unebrosse très douce le parenchyme qui remplitles mailles du réseau que l’on veut conser-ver, en frappant légèrement sur le squelettede la Feuille dans de l’eau froide, que l’onrenouvelle plusieurs fois ; et on le fait sé-cher ensuite dans les feuillets d’un livre.
Lorsqu’un défaut de nutrition a empêchéle développement du tissu parenchymateuxdans toute l’étendue du réseau formé parles nervures, elles présentent des formes ir-régulières, telles sont les Feuilles dites per-tuses qui, comme celles des Dracosium per-tusum , sont irrégulièrement percées degrands trous, comme si elles avaient été ron-gées par les insectes, disposition qui se re-trouve dans les cotylédons du Menispermumfenestratum ; les feuilles mucronées , dont lesommet se présente par une pointe isolée,comme celles d’une espèce de Statice et deVAmaranthus blitum; les Feuilles apiculées ,quand la pointe est moins saillante. Sou-vent aussi, lorsque le parenchyme ne ta-pisse pas les côtés des nervures, elles se con-vertissent en épines véritables, hérissant lelimbe , comme cela se voit dans les Char-dons. On ne peut se refuser à voir dans cesaccidents le résultat d’une nutrition incom-plète ; car dans nos jardins où les plantesvégètent avec une force exubérante, cettedisposition disparaît.
L’excès de nutrition produit un effet toutdifférent : le parenchyme qui garnit l’inter-valle des nervures étant accumulé dans unespace plus étroit qu’il ne faut pour le rece-voir , forme à la surface des Feuilles desproéminences qui en modifient l’aspect. Delà les Feuilles ridées (le Phlomis fruticosa) oùles bosselures sont sinueuses et irrégulières ;les Feuilles huilées ou boursouflées appeléesencore feuilles cloquées , dont la face supé-rieure est chargée de boursouflures qui ré-pondent à autant d’enfoncements sur lamarge inférieure ; les Choux, les Laitues,présentent cette diposition ; les Feuilles cré-pues , comme une Mauve et une Menthe.
Une des particularités les plus frappantes
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que présentent les Feuilles est la variétéprodigieuse de leurs formes; elle est tellequ’on peut dire que sur une même plante,il n’y a pas deux Feuilles qui soient iden-tiquement semblables, aussi est-ce sur lafigure de la Feuille qu’agissent d’abord lesagents extérieurs et les modifications detoutes sortes. Quelle différence, en effet,entre la Feuille raide et sans grâce des Bro-méliacées , celle si légèrement déchiquetée dela plupart des Composées, et le Feuillage siélégant des Acacies qui les fait ressembler àdes panaches gracieux, celui des Fougères et de certaines Ombellifères, telles que leFenouil .
L’inconstance que présente la forme des
Feuilles est si grande dans certains végétaux,
tels que le Mûrier à papier, qu’il porte surla même branche des Feuilles entières , 1°'bées ou cordées. On retrouve cette variété deFeuilles dans le Lierre et dans un grandnombre d’espèces de Renoncules , surt*> utdans le R. fluviatilis , qui croît dans les eaux,et. doit à l’influence des localités la diversitéde ses Feuilles.
Nous ne nous arrêterons pas à décriretoutes les formes que présentent les Feuillesavec les noms qui leur ont été donnés :nous ne parlerons que des plus remarqua-bles. Les Feuilles sont linéaires quand I e5bords en sont parallèles et que leur large urest fort petite ; elles sont subulées quand ellesse terminent en pointe ; aciculaires ou enaiguille lorsqu’elles sont fermes et con-sistantes et persistent l’hiver , ainsi <l uecela a lieu dans les Conifères ; ensifolorsqu’elles ont la forme d’une épée; falcif° r 'mes , quand elles ressemblent à une faux,les formes principales sont Y ovale, VeÜ*P'tique , la lancéolée , Vobovée, la cordifor^ yElles sont aussi quelquefois orbiculav^ >rarement cunéiformes , et plus raremcencore triangulaires.
Leur sommet est obtus, aigu , acum**# >émarginé , cuspidé , unciné, tronqué, éch& ncré , etc. Leur base est cor di forme, rénif&r 1 ^ 1sagittée, hastée , semi-lunée, etc.
Les Feuilles sont généralement cota ^°sées de deux parties semblables, que se ^ nla nervure moyenne ; mais cependanttrouve des exceptions à cette régulan^’ainsi : l’Orme, le Micocoulier, leprésentent l’exemple de Feuilles dans