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nombreuses difficultés que présente l’étudede quelques genres.
Nous terminerons cet article par quel-ques considérations sur l’hybridation artifi-cielle, et sur les précautions à l’aide des-quelles on peut obtenir sa réussite, en nousaidant surtout des données fournies à cesujet par M. Lecoq.
Le but des fécondations croisées artifi-cielles est surtout de donner naissance à desformes nouvelles plus fortes, ou plus bril-lantes, ou de meilleur produit. Or, pouratteindre ce but, il faut choisir avec soinles deux plantes que l’on va croiser. Parexemple , pour améliorer un fruit précoce,on doit le féconder par une autre variétémeilleure , et qui s’éloigne le moins possi-ble de l’époque de maturité du premier. Demême, pour obtenir des produits plus vo-lumineux ou plus précoces , on doit croiserentre elles des variétés qui possèdent isolé-ment les qualités qu’on veut réunir surcelle qui proviendra d’elles.
Souvent la première difficulté qu’il s’agitde lever est de rompre Vhabitude d’une es-pèce , c’est-à-dire d’obtenir d’elle quelquesvariations; celles-ci, une fois produites, secroisent avec beaucoup plus de facilité , etdonnent naissance à des formes hybrides,qui, dès lors, peuvent se multiplier beau-coup.
Quanta la fécondation croisée elle-même,elle exige de nombreuses précautions, soitqu’on opère entre des variétés ou qu’ona gisse entre des espèces distinctes. La fleurqui doit donner les graines, et sur laquelle°u se propose, par conséquent, de porter lePollen étranger, doit être soustraite d’abord,et avec le plus grand soin, à l’action de sonPropre pollen. Pour cela, l’on doit s’assurerd’abord de l’époque à laquelle ses anthèress ouvrent et versent leur pollen, et, cettec °nnaissance une fois acquise, on doit cou-Por et enlever ces anthères avant que ce mo-P'cnt soit arrivé. Le plus souvent, cette abla-üon des ét arn i nes doit se faire dans la fleur®dcore non épanouie; pour,cela on fend la-paiement la corolle sans endommager le; après quoi il devient facile de sup-ritner les anthères. Cette opération n’em-^‘che pas que l’épanouissement de la fleure s e fasse ensuite comme d’ordinaire. La
Ur ainsi préparée doit être soigneusement
isolée. Cela ne présente pas de difficultésquand elle est solitaire ; mais lorsqu’elle faitpartie d’une grappe, d’une paniculc, d’uneombelle, etc., on supprime toutes cellesqui l’environnent, ou bien l’on ne conserveavec elle que celles qui ont été préparées dela même manière. Pour soustraire ensuitecette fleur à l’action du pollen transportépar l’air ou par les insectes, on l’entoured’une gaze gommée qu’on serre sous elleautour de la branche ou de la tige qui laporte. A ce moyen, qui présente beaucoupd’inconvénients , on peut en substituer unautre, qui consiste à disposer un peu plusbas que la fleur une petite planche que l’onfixe horizontalement sur un piquet plantéen terre ; on creuse dans cette planche unefente dont la largeur égale à peu près lediamètre de la branche ou de la tige; celle-ci est introduite dans cette fente, qu’onachève de fermer avec de la mousse; onpose alors sur la planche une cloche deverre, et la fleur se trouve enfermée dansune cavité parfaitement close. Quelquestrous percés dans la petite planche et fer-més avec de la mousse suffisent pour le re-nouvellement de l’air.
Tout étant ainsi disposé, on appliqueavec un pinceau, sur le stigmate, du pollende la plante qui doit servir de père ; et pourêtre plus certain d’opérer la fécondation,on répète plusieurs fois celte manœuvre,ayant toujours le soin de replacer la clochedès qu’on a terminé. Lorsque les deux plan-tes qu’on se propose de croiser fleurissenten même temps, on n’éprouve aucune dif-ficulté à transporter le pollen de l’une surl’autre; mais l’expérience doit être faite,dans certains cas, sur des espèces dont lafloraison est séparée par un intervalle plusou moins long. Il faut alors agir avec dupollen conservé pour cet effet. On y réussittrès bien surtout en plaçant ce pollen entredeux verres de montre retenus l’un contrel’autre par leurs bords avec de la gomme.Divers horticulteurs ont opéré des féconda-tions artificielles avec du pollen conservépendant 40, 50 jours, même d’une annéeà l’autre.
II est important de pouvoir reconnaîtreaprès cette opération si le pistil a réellementété fécondé: or, on est généralement éclairéà ce sujet par la durée de la corolle. Cet