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Tome sixième.
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nombreuses difficultés que présente létudede quelques genres.

Nous terminerons cet article par quel-ques considérations sur lhybridation artifi-cielle, et sur les précautions à laide des-quelles on peut obtenir sa réussite, en nousaidant surtout des données fournies à cesujet par M. Lecoq.

Le but des fécondations croisées artifi-cielles est surtout de donner naissance à desformes nouvelles plus fortes, ou plus bril-lantes, ou de meilleur produit. Or, pouratteindre ce but, il faut choisir avec soinles deux plantes que lon va croiser. Parexemple , pour améliorer un fruit précoce,on doit le féconder par une autre variétémeilleure , et qui séloigne le moins possi-ble de lépoque de maturité du premier. Demême, pour obtenir des produits plus vo-lumineux ou plus précoces , on doit croiserentre elles des variétés qui possèdent isolé-ment les qualités quon veut réunir surcelle qui proviendra delles.

Souvent la première difficulté quil sagitde lever est de rompre Vhabitude dune es-pèce , cest-à-dire dobtenir delle quelquesvariations; celles-ci, une fois produites, secroisent avec beaucoup plus de facilité , etdonnent naissance à des formes hybrides,qui, dès lors, peuvent se multiplier beau-coup.

Quanta la fécondation croisée elle-même,elle exige de nombreuses précautions, soitquon opère entre des variétés ou quona gisse entre des espèces distinctes. La fleurqui doit donner les graines, et sur laquelle°u se propose, par conséquent, de porter lePollen étranger, doit être soustraite dabord,et avec le plus grand soin, à laction de sonPropre pollen. Pour cela, lon doit sassurerdabord de lépoque à laquelle ses anthèress ouvrent et versent leur pollen, et, cettec °nnaissance une fois acquise, on doit cou-Por et enlever ces anthères avant que ce mo-P'cnt soit arrivé. Le plus souvent, cette abla-üon des ét arn i nes doit se faire dans la fleur®dcore non épanouie; pour,cela on fend la-paiement la corolle sans endommager le; après quoi il devient facile de sup-ritner les anthères. Cette opération nem-^che pas que lépanouissement de la fleure s e fasse ensuite comme dordinaire. La

Ur ainsi préparée doit être soigneusement

isolée. Cela ne présente pas de difficultésquand elle est solitaire ; mais lorsquelle faitpartie dune grappe, dune paniculc, duneombelle, etc., on supprime toutes cellesqui lenvironnent, ou bien lon ne conserveavec elle que celles qui ont été préparées dela même manière. Pour soustraire ensuitecette fleur à laction du pollen transportépar lair ou par les insectes, on lentouredune gaze gommée quon serre sous elleautour de la branche ou de la tige qui laporte. A ce moyen, qui présente beaucoupdinconvénients , on peut en substituer unautre, qui consiste à disposer un peu plusbas que la fleur une petite planche que lonfixe horizontalement sur un piquet plantéen terre ; on creuse dans cette planche unefente dont la largeur égale à peu près lediamètre de la branche ou de la tige; celle-ci est introduite dans cette fente, quonachève de fermer avec de la mousse; onpose alors sur la planche une cloche deverre, et la fleur se trouve enfermée dansune cavité parfaitement close. Quelquestrous percés dans la petite planche et fer-més avec de la mousse suffisent pour le re-nouvellement de lair.

Tout étant ainsi disposé, on appliqueavec un pinceau, sur le stigmate, du pollende la plante qui doit servir de père ; et pourêtre plus certain dopérer la fécondation,on répète plusieurs fois celte manœuvre,ayant toujours le soin de replacer la clochedès quon a terminé. Lorsque les deux plan-tes quon se propose de croiser fleurissenten même temps, on néprouve aucune dif-ficulté à transporter le pollen de lune surlautre; mais lexpérience doit être faite,dans certains cas, sur des espèces dont lafloraison est séparée par un intervalle plusou moins long. Il faut alors agir avec dupollen conservé pour cet effet. On y réussittrès bien surtout en plaçant ce pollen entredeux verres de montre retenus lun contrelautre par leurs bords avec de la gomme.Divers horticulteurs ont opéré des féconda-tions artificielles avec du pollen conservépendant 40, 50 jours, même dune annéeà lautre.

II est important de pouvoir reconnaîtreaprès cette opération si le pistil a réellementété fécondé: or, on est généralement éclairéà ce sujet par la durée de la corolle. Cet