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Tome huitième.
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DICTIONNAIRE

UNIVERSEL

D’HISTOIRE NATURELLE.

M

MARTE. Mustela. màm. —Ce genre deMammifères, établi par Linné et placé à latète des Carnassiers digitigrades de G. Cu-vier, forme, pour M. Is. Geoffroy, sous le nomde Mustéliens, la troisième famille de sonsous-ordre des Carnivores à molaires plus oumoins tranchantes , mais non hérissées depointes. Les Martes ont une seule dent tu-berculeuse en arrière de la dent carnassièrede la mâchoire supérieure ; on leur comptede trente-deux à trente-huit dents. Leurcorps très allongé et leurs pieds très courtsleur permettent de passer par les plus petitstrous. Elles manquent de cæcum, et netombent pas l’hiver en léthargie.

Les Martes proprement dites ont à cha-que mâchoire six incisives, deux canines, et,parmi les màchelières, deux carnassières etdeux tuberculeuses; mais le nombre des faus-ses molaires varie quelquefois de quatre à sixà la mâchoire supérieure, et de six à huit àl’inférieure, d’où il résulte que le nombrede leurs dents varie de trente-quatre à trente-huit. Les carnassières ressemblent assez àcelles des Chats : cependant les supérieuresont le tubercule interne plus distinct, et lesinférieures sont remarquables par un talonassez étendu que présente leur partie pos-térieure. Les tuberculeuses inférieures sontpetites, arrondies, et leur couronne se terminepar trois petites pointes; les supérieures sontdivisées en deux parties par un sillon assezprofond, et chaque partie offre trois petitstubercules. Les pieds sont courts compara-tivement à la longueur de leur corps effilé,et terminés chacun par cinq doigts réunisdans une grande partie de leur longueurpar une membrane. Les ongles sont arquésr. vin.

et très pointus, excepté dans les Zorilles. I.aqueue varie beaucoup de longueur, selon lesespèces. Leur pupille est allongée transver-salement, comme chez les animaux crépus-culaires; l’os pénial existe assez développédans toutes, mais sa forme n’est pas toujoursla même. Les mamelles sont placées sur leventre, au nombre de quatre à huit. Près del’anus sont de petites glandes qui sécrètent,surtout quand ces animaux sont en colère,une humeur d’une odeur toujours désagréa-ble et souvent fétide.

De tous les animaux carnassiers, les Mar-tes sont les plus cruels et les plus sangui-naires. Elles ne se nourrissent que de proiesvivanles7et il faut qu’elles soient pousséespar une faim extrême pour manger quelquesbaies sucrées, telles que les Raisins et les fruitsde la Ronce. Celles qui vivent dans les boissont constamment occupées de la chasse desOiseaux, des Souris, des Rats; les plus pe-tites espèces même, telles que l’Hermine etla Belette, attaquent sans hésitation des ani-maux dix fois plus gros qu’elles, les Lapins,les Lièvres et les plus grands oiseaux debasse-cour. La ruse dans l’attaque, l’effron-terie dans le danger, un courage furieuxdans le combat, une cruauté inouïe dans lavictoire, un goût désordonné pour le car-nage et le sang, sont des caractères qui ap-partiennent à toutes les espèces de cette fa-mille, sans exception. Leur corps, long,grêle, vermiforme, comme disent les natu-ralistes, leurs jambes courtes, leur souplesseet leur agilité, permettent à ces animaux dese glisser partout et de passer par les pluspetits trous, pourvu que leur tète puisse yentrer; aussi parviennent-ils aisément à pé-

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