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Tome huitième.
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guère à le faire périr : aussi n’a-t-on jamaisrevu un seul des nombreux individus quis’échappent des mains des chasseurs. Fin Es-pagne , où il s’est parfaitement naturalisé,ses mœurs ne diffèrent en rien de celles duPutois. « En naissant, dit Buffon, il ap-porte une telle haine pour les Lapins ,qu’aussitût qu’on en présente un, mêmemort, à un jeune Furet qui n’en a jamaisvu, il se jette dessus et le mord avec fureur.S’il est vivant, il le prend par le cou , parle nez, et lui suce le sang. »

Les chasseurs ont profilé de cette anti-pathie pour dresser le Furet à la chasse desLapins, autant que le caractère farouche etindisciplinable de cet animal le permettait.Lorsqu’on s’en sert, on a le soin de le mu-seler avant de le présenter à l’entrée du ter-rier , car sans cela il en tuerait tous les ha-bitants, leur mangerait la cervelle, se gor-gerait de sang, puis il s’endormirait sur sesvictimes, et rien ne serait capable de le ré-veiller, ou au moins de le déterminer à sor-tir du trou. Quand il est muselé, il les at-taque seulement avec les ongles ; les pauvresLapins épouvantés se hâtent de sortir, et,dans leur frayeur, vont donner tête baisséedans la bourse de filet que le chasseur atendue à l’entrée du terrier. Quelquefois,malgré sa muselière, le Furet parvient à su-cer le sang d’un jeune Lapin, après l’avoirdéchiré avec les ongles. Dans ce cas on par-vient souvent à le faire sortir du trou entirant un ou deux coups de fusil à l’entréedu terrier, ou en le fumant comme un Bé-nard. Hais quelquefois il s’enfonce davan-tage dans les différentes branches du terrier,et alors il est perdu pour le chasseur.

On voit que le Furet n’est jamais réelle-ment bien apprivoisé, et que, dans sa pré-tendue éducation, tout se borne à tirer partide l’instinct que lui a donné la nature; onest parvenu a en faire, non un domestique,mais un esclave toujours en révolte, et qu’onne peut conduire qu’à la chaîne. Il ne re-connaît pas son maître, n’obéit à la voix depersonne, et ne manque guère démordrela main qui le nourrit. On élève les Furetsdans des tonneaux ou des cages; on leurdonne de la filasse dans laquelle ils aimentà s’enfoncer pour dormir, et on les nourritavec du pain, du son, du lait, etc.; maisons’abstient de leur donner de la chair, afin

de leur faire oublier, autant que possible,ce goût pour le sang, qui les fait rester leplus souvent dans les terriers. Ils dormentcontinuellement, et ne se réveillent guèreque pour manger, ce qu’ils font avec voracité.La femelle est un peu plus petite que le mâle;elle le recherche avec ardeur dans le tempsdes amours, et il serait dangereux de les sé-parer à cette époque, puisque le plus ordi-nairement elle mourrait de chagrin. Elleporte six semaines, et fait des petits deuxfois par an. Il arrive assez fréquemment àcette bonne mère de manger ses enfants,non par voracité, mais simplement pouravoirle plaisir de faire de nouvelles avances àson mâle; dans ce cas, elle fait trois por-tées au lieu de deux. Chaque portée est or-dinairement de cinq ou six petits, rarementde huit ou neuf. Ces animaux exhalent, sur-tout quand ils sont en colère , une odeurfétide lout-à-fait analogue à celle du Pu-tois.

i. LoPerouasca, Pulorius sarmalica Lcss.,ftfustela sarmalica Pall., Muslela prœcinctaRzacz., le Putois de Pologne des voyageurs,est un peu plus petit que notre'Furet, et a lepoil très court, d’un beau fauve clair, par-semé de nombreuses taches brunes en des-sus ; le dessous, les membres et le bout dela queue sont d’un brun foncé; l’oreille, lebout du museau et le dessous de la mâ-choire inférieure sont blancs; il a sur lefront une bande blanche en fer à cheval ,naissant sous les oreilles et passant sousles yeux. Du reste, son pelage varie. Cetanimal est vorace, cruel, et a toutes les ha-bitudes de notre Putois. Quand il est irrité,il exhale une odeur tout aussi fétide. Il ha-bite la Pologne méridionale, entre le Volga et le Tanaïs.

5. L’IIermine, Pulorius erminea Less., Mus-tela erminea Lin., Muslela alba Gesn., Ptt-torius hermellanus Boit., VJIermine ou leRoselet , Buff. Cet animal atteint ordinaire ■ment une taille un peu plus grande que laBelette, à laquelle, du reste, il ressemblebeaucoup. Il a jusqu’à 9 pouces 6 lignes(0"',258) du bout du museau à l’origine dela queue, et celle-ci a un peu plus de 3 pou-ces et demi (0' n ,095). En pelage d’été il portele nom de Roselcl: alors il est généralementd’un beau marron, plus ou moins pâle endessus , et. d’un blanc quelquefois un peu