12
MAll
MAR
et ceci est une erreur : il n’est pas un chas-seur qui n’en ait rencontré le jour, en pleinsoleil, et qui n’ait admiré l’adresse qu’ellemet pour surprendre les petits oiseaux dansles haies et les buissons où elle se met en em-buscade. Si un Moineau l’aperçoit, il appelleaussitôt ses compagnons, qui l’entourent et laharcèlent de leurs cris; mais loin de s’enlaisser étourdir, et de fuir, comme la Marte ou la Fouine , elle profite de la circonstancepour saisir et emporter le plus hardi ou leplus imprudent. C’est au printemps qu’ellemet bas, dans un nid qu’elle s’est préparé àl’avance avec de la paille, du foin, des feuil-les sèches et de la mousse, dans un troncd’arbre ou un terrier. Elle fait ordinaire-ment de 3 à 5 petits, qui grandissent vite ,et qui ne tardent guère à suivre la mère àla chasse. Lorsque vient la mauvaise saison,toute la famille se retire dans les greniersà fourrage d’une grange ou d’une ferme , etc’est alors qu’elle est dangereuse par les dé-gâts qu’elle fait. Sa taille lui permet de seglisser par les plus petits trous, et si elleparvient à pénétrer dans un colombier ouun poulailler, elle y fait les mêmes dépré-dations que la Fouine et le Putois. Si le ha-sard la fait tomber sur une couvée de jeu-nes poussins, elle les tue tous et les em-porte les uns après les autres. Quant auxvieilles volailles, elle se borne à leur sucerla cervelle par un très petit trou qu’elleleur fait au crâne, et elle abandonne le ca-davre sans y toucher autrement.
Quoi qu’en ait dit Bullon, c’est, de tousles animaux de cegenre, celui qui s’appri-voise le plus facilement, pourvu qu’il soitpris jeune et traité avec beaucoup de dou-ceur. J’ai vu une Belette qui, à la voix deson maître, venait prendre dans sa main laviande et le pain trempé dans le lait donton la nourrissait.
On rencontre assez fréquemment enFrance des Belettes entièrement jaunâtres,d’autres parfaitement blanches, surtout enhiver. Je regarde encore comme de simplesvariétés de notre Belette, l’Herminette, laBelette alpine, et la Belette de l’Altaï, queje vais décrire.
8. L’Herminette ou Belette des neiges,Mustella nivalis Lin., Muslela hyemalis Pal-las, Muslela vulgaris var., Gmel.; Muslelaherminea var., Bodd., ressemble absolument
à la variété blanche de notre Belette, avecla seule différence qu’elle a constamment lebout de la queue noir. Elle habite le nord del’Europe, et se trouve quelquefois en France .
9. La Belette altaïque , Muslela allaica.Pall., ne in’est connue que par cette phrasede Pallas : « Queue deux fois plus longueque la tête, et d’une seule couleur. » Elleest du nord de l’Asie et de l’Europe .
10. La Belette des Alpes , Muslela alpinaGebl., ne me parait différer de notre Beletteque par sa taille légèrement plus grande.Elle est jaunâtre ou brunâtre en dessus,d’un jaune pâle en dessous, avec le men-ton blanc, ainsi qu’une partie de la bouche.Elle habite les Alpes , se loge dans des trousde rochers ou dans des terriers, et se nour-rit de petits Mammifères et d’oiseaux.
11. Le Chohock, Putorius sibiricus Less.,Muslela sibirica Pall., est une espèce biendistincte, à peu près delà taille du Furet ,dont il a les formes générales; mais son pe-lage esta poils plus longs , d’un fauve doréen dessus, et d’un jaune fauve-pâle en des-sous ; le tour du mufle est blanc, et la par-tie du museau comprise entre les yeux etcette partie blanche est brune. Quelques in-dividus ont le dessous de la mâchoire infe-rieure blanc, d’autres de la couleur ducorps, mais un peu plus clair. Le Choroeiihabite les forêts de la Sibérie , et, ainsiquele Putois, dont il a les mœurs , il se rap-proche des habitations rurales pendant l’hi-ver, et dévaste les basses-cours.
12. Le Putois a goiiGe douée, PutoriusHardwickü Horst., Muslela flavigulahodà .,Muslela quadricolor Shaw. Cet animal va-rie assez de couleur , d’où il résulte que lesauteurs en ont fait quatre espèces, trois sousles noms que je viens de citer, et la qua-trième sous celui de Muslela leucolis Temm.Il a environ 22 pouces de longueur (O'“,59o),non compris la queue, qui est presque de lamême dimension. Il est généralement noir,avec la gorge, le ventre et le dos jaunes.Il a les joues blanches. Il se trouve auNépaul.
13. LePüTOiSD’EvEnsiiANN, PuloriusEvers-mannii Less., ressemble beaucoup au Pu-tois ordinaire, dont il n’est peut-être qu’unevariété. Son pelage est d’un jaune clair, àpointe des poils brune seulement sur leslombes ; la poitrine et les pieds sont bruns ;