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coite du pollen. Comme les Abeilles encore,les Méliponites ont trois sortes d’individus,des mâles, des femelles et des neutres, cesdernières construisant des demeures pour yélever les larves. Ce sont donc égalementdes Hyménoptères constituant de nombreu-ses sociétés.
Les Méliponites ressemblent aussi à nosAbeilles par leur aspect général ; mais ce-pendant elles sont plus petites, elles ont uncorps plus ramassé et plus velu, des pattespostérieures beaucoup plus longues, com-parativement à la dimension du corps.
Les Méliponites diffèrent non seulementdes Abeilles, mais encore de tous les Hymé-noptères qui construisent des nids, par l’ab-sence d’un aiguillon. On peut, en effet,toucher les Mélipones sans le moindre dan-ger, car elles sont dépourvues de toute armeoffensive et défensive; chez elles, on peutretrouver des traces d’un aiguillon, maisc’est ici un organe tout-à-fait rudimentaire,n’ayant pas de vésicule pour la sécrétion duvenin. On comprendra combien ce fait estimportant à noter, non seulement sous lerapport de la zoologie et de l’anatomie com-parée, mais aussi sous le rapport des modi-fications dans les habitudes de ces Hyméno-ptères que doit nécessairement entraîner laprésence ou l’absence d’un aiguillon. Chezles Méliponites, il ne peut y avoir entre lesfemelles ces combats à mort qu’on observeparfois chez les Abeilles.
Les mœurs de ces Insectes sont, au reste,fort mal connues, et cela n’a rien qui doivesurprendre; les Méliponites, étant toutesétrangères à l’Europe , n’ont pu être étu-diées avec tout le soin qu’exigerait l’intérêtdu sujet. La plupart des renseignements ontété répandus par les récits de quelquesvoyageurs, qui eux-mêmes n’avaient faitque des observations très peu nombreuses ettrès superficielles.
Les Méliponites habitent exclusivementles régions chaudes du nouveau continentet quelques îles de l’Archipel indien. Leursespèces paraissent fort nombreuses ; nos col-lections n’en renferment guère plus d’unecinquantaine , mais il est probable et mêmepresque certain que beaucoup d’autres sontencore à découvrir. Les individus de plu-sieurs espèces américaines sont fort abon-dants. Cependant nous ne connaissons très
généralement que les individus neutres, ououvrières; les mâles et les femelles n’ontpresque jamais été recueillis par les voya-geurs.
Ces Hyménoptères établissent leur domi-cile dans les creux de certains troncs d’ar-bres, ou quelquefois entre les branches. Onles y rencontre abondamment dans les vas-tes forêts de l’Amérique méridionale. Cesindustrieux Insectes construisent , commeles Abeilles, les loges de leurs larves avecla cire qu’elles ont, comme ces dernières,la propriété de sécréter. Leurs nids consis-tent en une série de gâteaux superposés etdisposés horizontalement; mais ici ces gâ-teaux n’ont pas, comme ceux des Abeilles,deux rangées de cellules opposées. Sous cerapport, les gâteaux de nos Méliponites res-semblent à ceux des Guêpes, n’offrant descellules que d’un seul côté.
Le capitaine Beechy a publié la descriptionet la représentation du nid d’une Méliponedu Mexique ; M. Pierre Iluber (Mém. dela Soc. de phijs. et d'hist. natur. de Ge-nève , t. VUl, 1839) a publié aussi une no-tice pleine d’intérêt sur une espèce égale-ment mexicaine, qui est devenue domes-tique au Mexique , où elle a été observée parle capitaine Basil Hall. Depuis, nous avonseu nous-mêrne, à Paris , l’occasion de voirles constructions de deux espèces brési-liennes, ayant encore leurs habitants par-faitement vivants. Une dame, aimant beau-coup l’histoire naturelle, avait eu la patienceet pris tout le soin nécessaire pour amenerde Rio-Janeiro à Paris ces curieux Hymé-noptères, qui ont vécu encore plusieursmois , allant recueillir le pollen et sucer lemiel des fleurs dans un jardin de la rueSaint-Lazare. Tous les individus de l’une desdeux espèces ne tardèrent pas à succomber;c’était une petite Trigone ( Trigona pallidaLep. St-Farg.). Quant à ceux de l’autre es-pèce, d’une taille bien supérieure, c’était laMelipona anlhidioides Lep. St-Farg. ] qui estnoire , avec des bandes jaunes sur l’abdo-men ; on les conserva vivants à Paris depuisle mois de mai jusqu'à la fin de septembre;et déjà ces Insectes avaient vécu enfermésdans une petite caisse pendant toute la tra-versée de Rio-Janeiro en France et le voyagepar terre jusqu’à Paris . Une petite provisionde miel avait suffi à leur nourriture durant