IUEL
95
MEL
Icuscs qui pénètrent et se ramifient dansle thorax et dans la tête. Aï. Ncxvport adonné une excellente figure de l’appareilrespiratoire du Bourdon (1). Le canal di-gestif a été étudié dans divers MellifèresPar M. Léon Dufour. Il est de largeur va-riable suivant les genres, ayant chez cer-tains trois ou quatre fois l’étendue du corps,■nais dans plusieurs seulement le double desa longueur.
L’œsophage de ces Hyménoptères estdroit et d’une ténuité capillaire dans le tho-rax , et jusqu’au-delà du pédicule de l’ab-domen, où il se renfle en un jabot musculo-biembraneux. Le gésier qui lui succède estan général turbiné et comme invaginé dansle jabot. Le ventricule chylifique est allongéet de forme cylindroïde. Les vaisseauxbilia ires sont en nombre assez considérable,•-'intestin décrit plusieurs circonvolutionsdans l’abdomen, où il se termine en un rec-tum conoïde ou turbiné, le plus souventoffrant à sa surface des boulons charnus.
Les organes de la génération sont tropvariables entre tous les types de la tribu desMellifères, pour qu’on puisse rien dire degénéral à cet égard; les organes testiculaires,rarement isolés, sont le plus souvent ren-fermés dans une même enveloppe. Ces or-ganes présentent le plus souvent de trois àhuit capsules spermijiquessm\aiit\es genres ;•nais, chez l’Abeille commune, le nombre endevient infiniment plus considérable. Il enést de môme relativement aux ovaires; chezl’Abeille, les gaines ovigères sont fort nom-breuses. Dans chaque ovaire on en compteraitonviron cent cinquante , d’après les observa-tions de Sxvammerdam ; tandis que, dansles Bourdons et la plupart des Mellifères, ild’en existe que huit, rarement en trouve-t-on cinq, six ou huit. Comme on le voit,■I existe dans cette tribu , relativement aux0r ganes de la génération , des différencesnotables qui paraissent devoir caractériserdes groupes secondaires , comme le fait trèsbien remarquer M. Léon Dufour.
Si les Mellifères ou Apicns, par le dé-'eloppemcnt de leur organisation, parais-sent occuper le premier rang parmi lesinsectes, il en est de même, et commevonséquence de cette première perfection ,
I') On tli» respiration of lnvrts {Philmaphinl mrnsnrt.,d.,836).
relativement à leur instinct et, oserons-nous dire, à leur intelligence. Ces insectessavent pourvoir au besoin de leurs larves,qui sont incapables de se procurer leurnourriture ; tantôt c’est une femelle seulequi construit un nid dans lequel elle déposeses œufs. Elle ne doit jamais voir les êtresqui en sortiront, car elle aura déjà cessé devivre quand paraîtra sa postérité.
Mais auprès de chaque œuf, bien enfermédans sa cellule, elle aura déposé une pro-vision suffisante pour l’existence entière del’animal à l’état de larve.
Tantôt ce sont des sociétés nombreusesoù vivent quelques femelles ou une seule ,mais alors entourées par des individus neu-tres, ou ouvrières, dont on compte descentaines et des milliers dans une même ha-bitation.
Les mœurs de ces Hyménoptères sontvraiment admirables. Leurs travaux sont or-dinaircmentd’uneexécution si parfaitequ’ons’explique difficilement comment un frêle in-secte parvient à un tel résultat, et comment,dans certaines circonstances, il parvient àvaincre des obstacles tou t-«ù-fai t fortuits.
Certains observateurs, et plus particu-lièrement les adeptes de la philosophie sco-lastique, n'ont voulu voir dans ces mer-veilleux travaux que le produit d’un instinctextrêmement développé. D’autres, au con-traire, ont cru y voir le résultat d’une vé-ritable intelligence comparable en quelquesorte à celle de l’homme.
Comme nous avons eu l’occasion de ledire ailleurs, ces deux opinions exclusivesparaissent également fausses. En effet, cer-tains actes de la vie de ces Hyménoptèressemblent être seulement du domaine del’instinct, mais certains autres semblent nepouvoir être que le résultat d’une idée ,d’une pensée, d’une volonté préméditée.La distinction entre ce qui appartient à l’unet ce qui appartient à l’autre est sans douteextrêmement difficile ; car il doit y avoirune union intime, l'intelligence devantaider l'instinct dans mille détails que nousne pouvons suivre. Néanmoins il semblequ’on doive ranger au nombre des faitsinstinctifs ce qui a rapport à la construc-tion des nids. Le Mellifère se met à l’œuvredès sa naissance et sait disposer ses loges ouses cellules sans aucune éducation préa-