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Tome huitième.
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anormale, a cependant des caractères quicontribueront toujours à rendre sa placedouteuse. D’après le genre de vie, on seraitpourtant tenté de le ranger dans le voisi-nage des Busards.

Une seule espèce appartient à ce genre,c’est le Messager serpentaire, Serp. replili-vorus Daud. (Buff., pl. enl., 721.) Cet oi-seau, que l’on a également nommé Secré-taire, parce que la longue huppe raide qu’ilporte à l’occiput lui donne une grossièreressemblance avec ces hommes de bureauqui ont la manie de faire un porte-plumede leur oreille, a, dans son état parfait, latête, le cou et tout le manteau d’un grisbleuâtre; les ailes noires, nuancées de rous-sàtre; la gorge et la poitrine mélangées deblanc; les plumes des cuisses noires lise-rées de blanc, et les tarses jaunâtres.

Levaillant, qui a pu suivre les habitudesdu Messager dans les lieux de l’Afrique oùla nature l’a confiné, nous a laissé de samanière de vivre, de ses combats avec les•serpents, de son mode de reproduction, etc.,des détails fort curieux. C’est un oiseau trèsméfiant et singulièrement rusé ; on l’ap-proche difficilement à portée pour le tireravec succès, et comme on ne le rencontreguère que dans les plaines les plus arides etles plus découvertes, lieux que fréquententde préférence les animaux dont il fait saproie, i! y est en sûrelé, étant à même dedécouvrir l'ennemi qui cherche à le sur-prendre.

Le Messager, sans autre arme que sesailes, pourvues, comme nous l’avons dit, detubercules osseux, attaque et dompte lesSerpents. Le reptile attaqué, s’il est loin deson trou, s’arrête, se redresse et cherche àintimider son ennemi par le gonflement desa gorge et par ses sifflements aigus. « C’estdans cet instant, dit Levaillant, que l’oiseaude proie, développant l’une de ses ailes, laramène devant lui, et en couvre, coïKmed’une égide, ses jambes, ainsi que la partieinférieure de son corps. Le Serpent attaqués'élance; l’oiseau bondit, frappe, recule, sejette en arrière, saute en tous sens d’unemanière vraiment comique pour le specta-teur, et revient au combat en présentanttoujours à la dent venimeuse de son adver-saire le bout de son aile défensive; et pen-dant que celui-ci épuise, sans succès, son

venin à mordre ses pennes insensibles, il luidétache, avec l’autre aile, des coups vigou-reux. Enfin, le reptile étourdi, chancelle,roule dans la poussière, où il est saisi avecadresse et lancé en l’air à plusieurs reprises,jusqu’au moment où, épuisé et sans force,l’oiseau lui brise le crâne à coups de bec, etl’avale tout entier, à moins qu’il ne soit tropgros, dans lequel cas il le dépèce en l’assu-jétissant sous ses doigts. »

Mais le Messager ne se nourrit pas seule-ment de Serpents; les Lézards, les petitesTortues, les Insectes et surtout les Saute-relles , servent encore à apaiser son appé-tit. La voracité de cet oiseau paraît extrême,si l’on en juge par le fait que rapporte Le-vaillant. Dn Messager mâle, qu’il tua, avaitdans sou jabot vingt et une petites Tortuesentières, dont plusieurs avaient près de2 pouces de diamètre; onze Lézards de 7 à8 pouces de long ; et trois Serpents de lalongueur du bras et d’un pouce d’épaisseur.Tortues , Lézards, Serpents, avaient touschacun un trou dans la tête. 11 se trouvaitencore mêlés à ces animaux une multitudede Sauterelles et d’autres Insectes. Ce faitserait difficile à accepter, si l’on ne savaitcombien le jabot des grands oiseaux de proiejouit de la faculté de se dilater. Dans l’étatde domesticité, le Messager se nourrit detoute espèce de viandes crues ou cuites ; 6mange même des Poissons , et attaque quel-quefois les poussins des oiseaux de basse-cour avec lesquels il vit.

C’est vers le mois de juillet que les Mes-sagers se livrent à l’acte de la reproduction-A cette époque, l’amour excite entre l cSmâles des combats longs et opiniâtres; ilsse frappent mutuellement de leurs ailes pou rse disputer une femelle, qui s'abandonnetoujours au vainqueur. Leur nid, construiten forme d’aire, plat comme celui de l'aigle»est ordinairement placé dans le buisson I eplus haut et le plus touffu du canton qu’il*se sont choisis pour domaine, et est garni al’intérieur de laine et de plumes. D’autresfois ils l’établissent sur les grands arbres-Le même nid sert pendant plusieurs annéesau même couple. La ponte est de deuxsouvent de trois œufs, de la grosseurceux de l’oie, entièrement blancs et tacnde roussâtre. Les petits sont très longteu’Phors d’état de prendre leur essor. I nia