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Tome huitième.
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pour les coquilles fossiles de certains terrains,cette portion du têt a disparu, ou bien aété remplacée par de la chaux carboriatéespathique, tandis que les coquilles nacréesont seules persisté; et d’autre part aussi laportion interne du têt a pu seule être dis-soute quand la partie externe s’était con-servée. De cette dissolution partielle estrésultée une déformation étrange pour cer-taines coquilles qui avaient été complète-ment méconnues , mais dont il. Dcshayes areconnu la vraie nature: telles sont lesPo-dopsis et les Sphérulitcs, dont le têt externea seul persisté, de telle sorte qu’entre lemoule interne et le têt il reste un espacevide correspondant à la portion dissoute. 11suffit donc alors de mouler du plâtre danscet espace vide, comine l’a fait M. Deshayes,pour retrouver les impressions musculaires,la charnière et toute la face interne pré-cédemment inconnue.

Il est évident que le têt des coquilles,formé en grande partie de carbonate dechaux, contient aussi une certaine propor-tion de matière animale; mais on n’est pasd’accord sur la nature de cette matière ani-male, ni sur son mode de répartition. Cer-taines portions des coquilles, comme leslamelles nacrées des Huîtres vues au mi-croscope, paraissent formées de petits cris-taux rhonrboédriques de carbonate dechaux ; d’autres portions fibreuses parais-sent formées de petits cristaux prismatiquestrès fins, comme si le carbonate de chaux yavait pris la forme cristalline qui caractérise-l’Arragonile; quelquefois aussi dans des la-mes minces et usées à l’émeri, on aperçoit depetits canaux distincts. Tout cela d’ailleurspourrait s’accorder avec l’opinion qui ne veutvoir dans le têt quele produit d’une secrétion.Mais d’un autre côté, plusieurs savants, en-traînés par les théories récentes sur la struc-ture celluleuse de tous les tissus animaux, ontvoulu considérer les coquilles comme résul-tant de la consolidation d’un tissu cellulaire,dont chaque cellule contiendrait ainsi , soitun cristal, soit un dépôt de matière calcaire.Toujours est-il que le manteau n’est pasnécessairement adhérent à la portion dutêt qu’il vient de sécréter, c’est une lamelled’abord très mince qui ne se consolide queprogressivement par la juxta-position denouvelles particules ; mais le manteau peut

abandonner à plusieurs reprises l’œuvrequ’il a commencée, et se retirer pour reve-nir ensuite sans que le résultat soit diffé-rent. L’adhérence du manteau n’a lieu quedans une portion plus éloignée du bord, làoù cet organe sécrète la couche interne dela coquille ; encore cette adhérence est-ellegénéralement très faible comparativementà celle des muscles d’attache.

Puisque c’est le manteau qui produit lacoquille, et qui généralement en déterminela forme, nous allons étudier comparative-ment ces deux parties chez les Mollusques.Les Céphalopodes des périodes antédilu-viennes de notre monde avaient presquetous un têt formé d’une série rectiligne ouspirale de loges ou chambres moulées suc-cessivement sur le manteau en forme desac, à mesure que l'animal devenait plusvolumineux. Ce têt devait être très minceet très léger, et nous n’en pouvons prendreidée aujourd’hui que par le Nautile et laSpirule, dont le têt nacré n’a qu’une mincecouche extérieure non nacrée. C’est par lacomparaison avec les formes de ces coquillescloisonnées de Céphalopodes , qu’on a voulurapporter à la même classe de Mollusquesune foule de petites coquilles de Rhizopodes ou Foraminifères . Parmi les espèces encorevivantes de Céphalopodes , un autre genre aune coquille externe sans cloison : c’est l’Ar •gonaute, que longtemps on a voulu regardercomme parasite dans la coquille d’un Hété-ropode, ainsi que le Pagure ( Bernard-l’Ermite ) est parasite dans la coquille desBuccins. Mais aujourd’hui on reconnaît plusgénéralement que la coquille de l’Argonauteappartient réellement à ce Mollusque; seu-lement on n’attribue pas au manteau seulla formation de cette coquille si mince, sifragile, qu’elle lui fit donner autrefois lenom de Nautile papyracé; les bras pluslarges qui se replient latéralement semblenten effet servir non seulement à fixer l’ani-mal, mais aussi à accroître extérieurement sacoquille. Les Seiches ontunecoquille internetrès complexe, connue sous le nom de dosde Seiche; elle se compose d’une lame ex-terne dure, demi-transparente, rugueuse endehors, et d’un assemblage de lamesminces parallèles, dont le nombre s’accroîtavec l’âge, et qui s’insèrent obliquement surla lame dorsale; entre elles se trouvent des