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combats. Ces Oiseaux ne peuvent subsisterque d’une pâture offerte par le hasard, oude proies qu’ils réussissent à enlever ; ilssont doués de la faculté de supporter la faimpendant longtemps, et l’on cite certainsGoélands qui ont vécu neuf jours sansprendre aucune nourriture.
Cependant le besoin d’aliments et lacrainte d’en manquer doivent causer à cesanimaux des agitations perpétuelles, et c’estce qui peut expliquer pourquoi ils fondentsur leur proie avec une violence telle qu’ilsavalent l’amorce et l’hameçon, et s’enfer-rent sur la pointe placée par un pêcheursous le poisson qu’il leur présente commeappât. C’est principalement pendant les ou-ragans que les Mouettes sont livrées auxhorreurs de la faim : on les voit, durant latempête, s’abattre de temps en temps surl’eau, et les vagues les emportent et les bal-lottent sans les submerger; après avoir paruenglouties, on les revoit bientôt à la cimedes flots, où elles semblent se reposer; puisun instant après elles s’élancent sans peinedans l’espace, malgré la longueur de leursailes. C’est alors que le mauvais temps tientla mer agitée pendant plusieurs jours qu’onvoit ces Oiseaux , tourmentés par la faim ,exercer leurs brigandages sur les côtes. Alorsils s’avancent quelquefois bien avant dansles terres , et leur apparition loin des riva-ges , que l’on a prise pour un signe de tem-pête, n’en est que la conséquence, car cen’est que lorsqu’ils ne peuvent rien trouversur les parages des mers bouleverséesqu’ils s’aventurent dans les terres. Notrecollaborateur M. Gerbe rapporte ( Dict.piit. d'hist. nat.) qu’il a plusieurs fois ob-servé, dans divers endroits du midi de laFrance , que, lorsqu’il neige, des bandesde Mouettes vont se porter dans les campa-gnes , quoiqu’il fasse calme plat en mer. Aquoi attribuer ces excursions? On ne le saitd’une manière certaine; mais ne peut-onpas croire que c’est dans l’espoir de rencon-trer des proies vivantes, telles que de petitsMammifères et Oiseaux affaiblis par la di-sette de nourriture, que les bandes deMouettes quittent le rivage pendant que laneige couvre la terre?
La chair des Mouettes est un mauvaisaliment; elle est dure et coriace, et sonmauvais goût et son odeur désagréable la font
repousser. Cependant, d’après Mauduyt, ilparaît qu’on apportait en carême un grandnombre de ces Oiseaux dans les marchés deParis pour les austères cénobites. Les habi-tants originaires des Antilles se nourrissentde la chair de ces Palmipèdes; on rapportequ’ils les jettent tout entiers dans le feusans les vider ni leur enlever les plumes,qui forment une croûte sur la peau , etlorsqu’ils veulent les manger, abattent celtecroûte et ouvrent le corps par le milieu. LesGroënlandais en font aussi leur ressource.Nos marins s’en nourrissent également, etils leur font subir une préparation particu-lière : après les avoir écorchés, ils les sus-pendent par les pattes, et les laissent ex-posés au serein pendant une ou deux nuits ;par ce moyen ils leur font perdre en partiela mauvaise odeur qu’ils exhalent, la graisses’échappe en grande partie du corps deces animaux, et ilsdeviennent alors un metsun peu plus mangeable. Les Goélands et lesMouettes rendent, du reste , de grands ser-vices à l’homine, en purgeant les rivagesdes mers de tous les cadavres petits et gros,de toutes les matières en putréfaction , etc.,qui, en infectant l’air, pourraient lui êtrenuisibles.
Les navigateurs ont trouvé des Mouettessur tous les rivages; mais ces Oiseaux sontplus nombreux et plus grands dans les paysdu Nord, où les cadavres des gros Poissonset des Baleines leur offrent une pâture plusabondante, et c’est sur les îles désertes desdeux zones polaires, où ils ne sont pas in-quiétés, qu’ils préfèrent nicher. Un troucreusé dans le sable, un trou de rochermême, leur suffit pour y faire leur ponte ;dans les contrées plus habitées, les petitesespèces recherchent les rivages des étangs au-delà de la mer, qui sont couverts d’her-bes. Le nombre de leurs œufs n’est pas tou-jours le même, l’on en trouve tantôt deux,tantôt quatre, et plus souvent trois. Cesœufs, d’assez petite taille, sont, dit-on,bons à manger. Les jeunes naissent couvertsd’un duvet qu’ils portent longtemps ; lesplumes ne poussent que tard, et ce n’estqu’après plusieurs mues , dans la plupartdes espèces, que les jeunes prennent le plu-mage de l’adulte.
Arrivées à tout leur accroissement, lesMouettes ont un plumage épais, qui leut