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Tome huitième.
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soie, le Botrytis se fixe primitivement sur letissu graisseux , qui ne jouit, comme on lesait, que d’une faible vitalité; dans les oi-seaux et les animaux, c’est sur les membra-nes , et surtout celles qui sont en contactavec l’air. Ne peut-on pas supposer que lesspores, respirées depuis plus ou moins detemps, ont commencé à végéter au mêmeinstantque la vie s’est éteinte, et qu’elles ontcontinué jusqu’au moment de l’ouverture.Lorsque la mort survient, les liquides ainsique les tissus tendent à changer de nature,et ce moment est peut-être aussi avantageuxqu’un autre plus éloigné pour favoriser leurdéveloppement. M. le docteur Mougcot.dansla partie botanique de la statistique du dé-partement des Vosges qui vient de paraître,rapporte, d’après ISI. le docteur Muhlenbeckde Mulhouse , l’observation curieuse de deuxgarçons tonneliers empoisonnés par les spo-res de l’ Aspergillus glaucus. Ces garçonsétant entrés dans un tonneau fortementcouvert de cette moisissure, pour le brosser,en respirèrent la poussière, et aussitôt ilsfurent pris de céphalalgie , vomissements ,vertiges, qui cédèrent à une saignée et à unelimonade légère. Que pouvait-il arriverdans une circonstance semblable s’ils fus-sent morts? Les moisissures se développentavec une rapidité quelquefois étonnante.M. Schmitz a observe que celles du MucorMucedo ont germé on cinq heures dans dusuc de pommes , tandis que dans l’eau seizeheures ne leur ont pas suffi. N’avons-nouspas, dans un corps qui vient de perdre la vie,les deux circonstances les plus favorablespour leur germination, l'humidité et la cha-leur?

Si l’on ajoute foi aux observations de quel-ques auteurs modernes, les Champignonspeuvent se développer dans les organes di-gestifs et même sur la peau et les membranesmuqueuses de l’homme vivant. M. le doc-teur Prosper Denis de Commercy, dans unMémoire publié en 1828 sur trois cas raresdans l’ordre physiologico-anatomique, rap-porte deux observations de Bézoards qu’ilconsidère comme des plantes cryptogamesctcomparablesauxTrutles. Dans la première,il s’agit d’une fille âgée de trente-six ans,affectée d’aménorrhée et d’hématémèse. Ellerendait par le vomissement des corps étran-gers qui avaient la forme de pralines et le

volume de petites noisettes; leur tissu étaitporeux, à peu près comme celui des os quicontiennent de la moelle ; ils offraient à l’unede leurs extrémités une dépression infundi-buliforme communiquant à un canal régu-lier qui régnait intérieurement dans leurlongueur. Le second cas est celui d’un octo-génaire constipé depuis quinze jours; lesexcréments renfermaient des corps du volumed'une noisette; ils étaient couverts d’unecouche jaune, friable, probablement forméepar de la cholestérine; la structure de leurnüyau rappelait celle du liège; on y voyaitdes stries poreuses brunes, plus colorées quele reste de la substance, et d’autres nonporeuses, presque incolores, se voyaient à lasurface des tranches entamées par le couteau.Les acides agirent sur ces corps comme surle liège dont iis partageaient la consistance,la couleur, la légèreté et même la spongiosité.De ces deux observations, on ne peut certai-nement pas conclure que des Champignonsse sont développés dans les voies digestives.La fille, affectée d’aménorrhée, comme beau-coup d’autres qui sont dans le même cas,peut bien avoir mangé, par suite de déprava-tion du goût, des morceaux de Champignonscoriaces qu’elle n’a pu digérer. Pour ce quiconcerne le vieillard, la cholestérine dont lesBézoards étaient encroûtés, et le mode d’ac-tion des acides, comme s’ils eussent été deliège, ne permettent pas non plus de croireà une végétation spontanée ni accidentelle.Fourcroy et Vauquelin ont donné une ex-plication plus simple et plus naturelle de laprésence du tissu fongueux qu’ils ont ren-contré dans de véritables Bézoards, en disantque les animaux dans lesquels on les a trou-vés avaient mangé des Champignons durs,coriaces et subéreux, qui, comme le ligneux,les poils, avaient résisté à l’action des orga-nes digestifs, et en étaient devenus le noyau.M. Gruby ( Comptes-rendus hebdomadaires,Académie des sciences naturelles , vol. XHLpag. 72, 309, 388, et tom. XIV, p. 63-4) aémis sur la cause et la nature de la teigneet du muguet des enfants une opinion nonmoins singulière. Suivant l’auteur, ces deuxmaladies seraient dues au développementde Champignons microscopiques voisins desgenres Mycodenna, fonda et Sporotrichum-Cette manière d’envisager la teigne excitaùvement ma curiosité. M. Baudelocque,