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Tome huitième.
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ligneux, et le peu de moyens efficaces quenous possédons pour empêcher leur dévelop-pement ou pour les détruire. Les observa-tions faites depuis longtemps dans lesmines de sel gemme, et les belles expé-riences de M. le docteur Boucherie, nousindiquent de la manière la plus évidentecomment nous pouvons préserver nos con-structions de leur action.

RÉCOLTE ET PRÉPARATION DES CIIAJ1PIGNONS.

Le botaniste qui récolte des Champignonsdoit savoir les préparer, afin que les maté-riaux, qu’il a acquis souvent avec beaucoupde peines, puissent servir à l'étude; si cesvégétaux ont été négligés par les voyageurs,c’est uniquement parce qu’ils ne savaientpas les préparer. Toutes les espèces para-sites, comme les Æcidium , Uredo, Pucci-nta, et toutes celles qui se rencontrent surles feuilles mortes, ne demandent pas d’au-tres soins que les plantes sur lesquelles ellesse sont développées. Les nombreuses espècesdeSphéries, et toutes celles qui ont unecertaine consistance, doivent être enlevéesavec une portion de l’écorce ou du bois surlesquels elles sè trouvent, mais très mince,afin de pouvoir se prêter à la compression.Si les écorces sont trop dures ou desséchées,on peut les amincir ou les rendre flexibles àl’aide de l’humidité; sans cette précaution,on a un petit nombre d’espèces et un vo-lume très considérable et incommode. Si lesChampignons sont visqueux, ou d’une con-sistance gélatineuse, il faut les laisser sécherà l’air libre et ne les comprimer que quandils- ne peuvent plus adhérer au papier. Onpeut encore les conserver en les fixant soli-dement sur une petite planche à l’aide d’uneficelle qui les enroule, et que l’on fait pas-ser entre les individus pour ne pas les dé-former. Les Champignons rameux , commeles Clavaires , les Mérisma , forment quel -quefois des masses considérables : on estalors obligé de les diviser, mais il faut avoirla précaution de noter leur couleur et derecevoir les spores sur un papier; on leslaisse exposés à l’air, et quand ils sont flé-tris on les soumet à une légère pression ,afin de ne pas trop les déformer. LesThélé-phores, et toutes les espèces qui sont mem-braneuses , se dessèchent très facilement; sielles sont contournées, irrégulières, on leur

rend la souplesse en les exposant à l’humi-dité. Les Pézizes perdent constamment leurforme et leur couleur; il faut toujours entenir note : si elles sont terricoles, on lesdépouille de la terre ou du sable qu’ellesont à leur base; on les expose quelquetemps à l’air avant de les comprimer. Sielles vivent sur des bois, des tiges de plantes,on divise ces parties de manière qu’ellesaient peu de volume. Les Tubéracés ne pré-sentent aucune difficulté, parce qu’on peutles sécher entièrement ou les couper partranches ; ils se conservent aussi très biendans l’alcool ou dans l’eau salée.

Les Lycoperdacés, quand on les trouvesecs, peuvent être soumis à la pressionaprès avoir passé une nuit dehors. Commeils contiennent des sels déliquescents, ils seramollissent et se laissent facilement com-primer; si ce sont des Geasler , des Tylos-toma, il faut s’arranger de manière queleur mode de déhiscence soit visible. Quanton récolte ces Champignons frais, il faut ,de toute nécessité, les laisser à l’air parcou-rir leurs périodes de végétation ; on les voitalors se ramollir, changer de couleur, commes’ils étaient décomposés ; plus tard, le li-quide qu’ils contenaient s’évapore; ils sedessèchent, et on se comporte avec euxcomme s’ils eussent été récoltés secs. Onpeut encore, après les avoir arrachés deterre, les tremper une ou deux fois dansune solution de sublimé corrosif; alors ilsmeurent promptement, leurréceptacle prendde la consistance, et on les conserve avecleur forme et leur volume. Ce dernier moyenest le seul qui permette la conservation desTrichiacés et des autres Myxogastères; mais,dans les uns et dans les autres, il faut avoirsoin de noter la forme des écailles, et sur-tout la couleur, parce qu’elle est constam-ment altérée par l’agent conservateur.

Les Polysaccum ont un réceptacle assezconsistant et pourtant très friable quand ilssont desséchés. Ou les conserve dans uneparfaite intégrité en les enveloppant dansdu papier brouillard que l’on moule avec

les mains autour d’eux après l’avoir mouillé;

le papier sèche et forme une enveloppe trèssolide qui empêche leur rupture et la dis-persion des spores. Je me suis servi aussitrès avantageusement pour le même butde lames de plomb très minces, semblables