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Tome huitième.
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suffit cependant pour indiquer aux entomo-logistes que les Champignons, comme lesdifférents bois, les fleurs, etc., peuvent leurfournir de nombreux matériaux pour leurscollections. Puissent-ils à l’avenir noterplus exactement qu’ils ne l’ont fait jusqu’àce jour, sous leur véritable nom, les Cham-pignons dans lesquels ils auront trouvé desInsectes parfaits ou à l’état de larve.

Ces végétaux inférieurs sont quelquefoisfort abondants. On ignore si leur putréfac-tion peut causer des accidents. Tout porte àcroire que les nombreux Insectes qui s’ennourrissent bâtent leur destruction, commecelle des cadavres des animaux.

DE LA PLACE QUE DOIVENT OCCUPER LESCHAMPIGNONS DANS L’ORDRE NATUREL.

Cette place n’est pas encore déterminée.Si l’on consulte les auteurs, on voit que lesChampignons sont tantôt entre les Algueset les Lichens, tantôt avant ou après l’uneou l’autre de ces deux familles. LorsqueM. Decaisne soutint sa thèse de docteur àla Faculté des sciences de Paris, il eut à ré-pondre à quelques questions quel!, de Jus-sieu lui fit sur ce sujet. Dans ses réponses,il chercha à démontrer que les Champignonsforment un groupe parallèle aux Algues ,mais que ceux-ci sont supérieurs à ces der-nières , tandis qu’ils se fondent avec les Li-chens par certains caractères de fructifica-tion. D’après les recherches de cet habileobservateur, les Algues sont les végétaux<|ui s’éloignent le plus de tous les autres par lasimplicité de leur organisation, puisque cha-que utricule, en se séparant, est susceptiblede reproduire l’espèce , phénomène qui nes’observe parmi les Champignons que dans•es Arthrosporés. Ce point surtout, et quel-ques autres, établissent une ressemblanceentre ces deux familles, mais seulement entrequelques groupes, comme ceux des Con-•erves et des Byssoïdcs. L’un et l’autre sontsimples ou raincux, composés de cellulesarticulées bout à bout, fistuleuses et cloi-sonnées. Cette ressemblance est même telle-ment frappante dans quelques cas, que l’ona décrit comme des Algues les filaments con-•orvoïdesqueproduisent les spores des Cham-pignons quand ils végètent dans les liqui-des : la germination des mousses, d’après

les observations de MM. Bruch et Schimper,a donné lieu à la même méprise quand leursspores se développent dans l’eau ou dansdes lieux humides. Une disposition filamen-teuse et une grande simplicité dans la struc-ture sont donc les seuls caractères communsaux Algues et aux Champignons.

Si maintenant on veut pousser plus loinla comparaison , on voit ces deux groupess’éloigner et revêtir chacun des caractèresparticuliers. LcsAlgues vivent dans les eaux;les Champignons sur la terre , les débris devégétaux, d’animaux, etc. ; ils ont besoin ducontact de l’air et de l’humidité pour végé-ter. La fronde des premières est générale-ment arrondie ou comprimée, de couleurverte ou rouge ; le réceptacle des Champi-gnons présente des formes extrêmement va-riées et toutes les couleurs imaginables.Les unes, dans toutes les époques de la vie,sont toujours en contact immédiat avec le li-quide ambiant; les autres , au contraire,sont toujours recouverts, dans le premier âge,d’un voile membraneux, filamenteux, plusou moins persistant. Relativement à lacomposition chimique , outre la cellulose etune gelée végétale, les Algues contiennentde la silice, du brome , de l’iode , des selsde chaux, de soude, de magnésie, etc.,qu’elles ont puisés dans l’eau; la mannite,que quelques espèces fournissent en se des-séchant, semble plutôt être le résultat deleur décomposition qu’un principe immé-diat. Les Champignons donnent à l’ana-lyse un plus grand nombre de produits;on y rencontre de la cellulose , de la fun-gine , de l’osmazome, de l’adipocire , del’huile, de l’albumine, une espèce particu-lière de sucre, de l’acide oxalique, fongique,et dans plusieurs espèces un principe véné-neux, que M. Lelellier désigne sous le nomd’amanitine. Ces différences sont certaine-ment assez marquées pour que l’on ne con-fonde pas ces deux familles de plantes ; maisla plus grande repose sur les organes de lareproduction.

D’après les observations de M. Decaisne ,on est autorisé à regarder les spores desAlgues inférieures comme dépourvues demembranes, et quand elles se localisent, leurdernier terme de développement s’éloignemoins de la forme utriculaire que celles desChampignons, dans lesquelles on observe