Band 
Tome huitième.
Seite
534
JPEG-Download
 

534

Mm

• MYR

presque sphérique. Les trois simples paires depattes étaient très rapprochées les unes desautres. Entre la dernière paire de ces patteset l’extrémité postérieure du corps , il yavait trois segments apparents, mais tou-jours graduellement plus étroits ; de sorteque le dernier, prolongé et se rétrécissantvers le bout, terminait le corps en cône(fig. 6). Les mouvements de ces individusdébiles se réduisaient au simple tremblementdes antennes et des pattes, et au redresse-ment ou fléchissement du corps , commele font les nymphes de plusieurs Insectes.

» Je le trouvai encore dans cet état le2 mai ; mais peut-être étaient-ce déjà des in-dividus provenant d’une autre ponte, car ily avait des femelles qui avaient déjà pondudes œufs à la mi-avril, tandis que d’autresen pondaient à la lin de mai. Quoi qu’il ensoit, ces jeunes individus', dont le corpsétait resté jusqu’à cette'époque presque uni-forme et lisse, offrirent, depuis les premiersjours de mai environ, sept segments trèsdistincts ; leur tète s’éloigna plus du ster-num , et leurs antennes et leurs pattes ac-quirent plus d’extension. Tout cela cepen-dant n’était encore que presque nu, presqueimmobile, mou et entièrement blanc (fig. 7);ou ne pouvait encore distinguer aucunetrace des yeux.

» Quelques jours après, ces individus sedéveloppèrent davantage et acquirent plusde force. On pouvait déjà compter huit an-neaux apparents au corps, outre la tête, biendistingués par des rétrécissements profondset par la ciliature de leurs bords postérieurs(lig. 8). Il leur apparut deux doubles pairesde pattes ; de sorte qu’il y avait déjà quatorzepattes en tout. Le rudiment de l’œil, consis-tant en un point noir assez apparent sur cha-que côté de la tête, se faisait enfin distinguerprès de la base de chaque antenne. Ces ani-maux pouvaient alors déjà mouvoir avecplus de force leurs antennes et leurs pattes,se lever sur ces dernières et marcher quoi-qu’à pas très lents; c’était déjà l’époque oùils prenaient leur nourriture, consistantsimplement en de la terre, dont on pouvaitvoir très distinctement leur canal alimen-taire rempli à travers leur corps blanc ettransparent.

» Il parait que, jusqu’à cette époque, cesanimaux, laissés dans leur état de tranquil -

lité, ne quittent pas volontiers la place où ilssont éclos. Quand je fis, le 18 mai, la révi-sion d’un de leurs nids , je trouvai les indi-vidus se reposant les uns auprès des autres,et occupant la même situation respectivequ’ils avaient lorsqu’ils n’étaient encore quedes œufs. Les coques ouvertes de leurs œufsse trouvaient encore parmi eux ; mais chaqueindividu avait échangé alors sa premièrepeau, et l’on en voyait encore les dépouillesauprès d’eux. Il n’est donc pas étonnant queDegéer, qui n’a aperçu l’Iule éclos que lors-qu’il apparaît déjà hexapode, ait encoretrouvé auprès de lui les coques d’œufs vides.Au contraire, M. Savi, ayant aperçu les em-bryons apodes, n’a fait, à ce qu’il paraît, larévision que dix-huit jours plus tard, et,ayant trouvé alors leur dépouille, il en aconclu qu’elle était la première.

» Quant à mes individus, chacun d’eux,après cette première mue, comme je le pré-sume, a acquis la forme de l’animal adulte.C’était un Iule d’une ligne et demie de long,qui avait avec la tète trois simples et puissix doubles paires de pattes, ou en tout trentepattes (fig. 9). La couleur dominante de soncorps était tout-à-fait blanche, avec une tachebrune sur le cinquième segment, près de sonbord postérieur, et un point de la mêmecouleur sur chacun des cinq segments sui-vants, également à leurs bords postérieurs,de manière que ces cinq points avec la sixièmetache étaient disposés en une série régulièrequi ornait chaque côté de l’animal. D’icijusqu’à l’extrémité postérieure du corps, ilavait encore sept segments, mais toujoursplus courts et sans ces points. Ces dernierssegments étaient encore sans pattes. Lesbords postérieurs de touslcs segments,etsur-tout les derniers, étaient garnis de poils. Lesantennes présentaient déjà leurs sept arti-cles, apparents comme chez les adultes, etc’est à cette époque que j’ai aperçu pour lapremière fois le rudiment du crochet quidistingue cette espèce dans son état adulte.Ce rudiment consistait en une dent aiguëqui se faisait voir sous le dernier segmentdu corps. L’œil n’était encore qu’un simplepoint noir situé vers le haut des antennes.

« J’ai observé que plusieurs paires de pattesne se développent que quand l’animal a déjàdéposé sa dépouille. Un individu qui ne pré-sentait que les doubles paires de pattes, deux