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degrés de maturité, observés en même tempset dans le même nid, prouvent que les œufsn’avaient été pondus qu'a des époques biendifférentes. » Ici s’arrêtent les recherches deM. Waga; l’exposition accidentelle et pro-longée du flacon au soleil, ayant causé le dé-périssement de tout le nid, a privé ce con-sciencieux observateur du moyen de poursui-vre ces intéressantes investigations.
A ces détails, que M. Gervais a eu occasionde confirmer dans plusieurs points et d’éten-dre sur plusieurs autres, nous devons néan-moins, pour être complets, opposer ceux qu’apubliés M. Savi, qui dit tout le contraire dece qu’a avancé Degéer, car il admet que lesIules n’ont pas de pattes lorsqu’ils éclosent.Jusqu’en 1843, les observations de M. Saviavaient été presque mises en doute , etM. Waga est le premier qui, après une étudeconsciencieuse de ces animaux, ait confirméce qu’avait avancé le savant Italien dans sonMémoire. En effet, M. Waga démontre pour-quoi, dans son travail, les observations deM. Savi ne sont pas d’accord avec celles deDegéer: c’est que ce dernier naturaliste n’aaperçu l’Iule éclos que lorsqu’il était hexa-pode, et que M. Savi, au contraire, a vu lesembryons apodes, c’est-à-dire après que lesœufs sont fendus pour livrer passage auxjeunes Iules. Degéer a aussi constaté que lePollyxenus, qui a douze paires de patteslorsqu’il est adulte, en présente un moinsgrand nombre à une époque moins avancée.Quelques uns de ceux qu’il observa n’avaientque six paires de pattes, et d’autres trois seu-lement. Il est à remarquer, dit l’auteur, queles pattes des jeunes Iules sont plus grandes,à proportion du volume du corps, que cellesde ceux qui ont acquis leur juste grandeur.Due observation fort remarquable que l’ondoit à M. P. Gervais, et dont ni Degéer niM. Savi ne font mention, c’est que les va-riations portent, non seulement sur les seg-ments et sur les organes de la locomotion,mais encore sur les yeux, qui sont eux-mê-mes bien moins nombreux chez les- jeunesque chez les adultes. Dans les Iules parfaite-ment développés, les yeux, qui apparaissentde chaque côté de la tête comme une tachetriangulaire d’un noir profond, sont compo-sas de petits ocelles disposés eux-mêmes enlignes parfaitement régulières et d’une ma-nière lout-à-fait géométrique. I.e nombre
des ocelles chez un jeune Iule qui n’avaitencore que quelques anneaux au corps et septpaires de pattes, était de six seulement; ilsétaient sur trois lignes et déjà disposés entriangle équilatéral: la première ligne neprésentait qu’un seul ocelle, la seconde enavait deux, et la suivante trois; chez un in-dividu un peu plus âgé, une nouvelle ran-gée de quatre s’était déjà montrée. Les vé-ritables Insectes, c’est-à-dire les hexapodes,n’offrentaucun cxempledeces modifications;les yeux des Mus, qui varient, comme nousvenons de le dire, sont donc beaucoup moinsfixes et sans doute moins parfaits que ceuxde ces animaux. Rappelons aussi que, parmiles Myriapodes , il est des animaux fort voi-sins des Mus qui ne présentent aucunetrace d’yeux, même dans l’état adulte : telssont les Blaniulus et les Polydesmus. Chezd’autres ces organes affectentdesdispositionsplus ou moins régulières. Groupés en amaschez les Pollyxenus, où ils n’avaient pas étéobservés jusqu’à ces derniers temps, ils ontune forme à peu près semblable chez lesZephrnnia, tandis que chez les vrais Glorne-ris ils sont disposés en une série linéairesur chaque côté de la tête. Enfin, dans ungenre que nous avons établi dernièrementet auquel nous avons donné le nom de Pla-tydesmus, ces mêmes organes sont uniquesde chaque côté de la tête, et se présententsous la forme d’yeux lisses.
M. P. Gervais a constaté aussi un faitanalogue chez les Lilhobius forcipalus, es-pèce fort commune dans nos contrées, etquoiqu’il n’ait pas suivi exactement le dé-veloppement de ces Myriapodes , nous de-vons cependant rapporter ce que leur étudelui a présenté. Ces animaux, que tout porteà supposer ovipares , bien qu’on n’ait réel-lement point encore décrit leurs œufs, ontégalement les anneaux du corps, et parsuite les pattes , moins nombreux dans leurpremier âge. Toutefois, on se tromperaitgravement si l’on essayait de considérercette particularité comme générale; car lesScolopendra qu’a observées Audouin ont,ainsi qu’il l’a dit à M. Paul Gervais, leurspieds déjà complets, et les anneaux de leurcorps sont tous développés. On pourraitpeut-être admettre que celte différence en-tre deux animaux si x'oisins tient elle-même aleur mode de partnrilimi. et que l’nvovivi-