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tures qui existent en France et l’énormequantité de Tabac qu’elles fabriquent cha-que année permettent d’opérer à la fois surdes masses considérables, ce qui facilite lafermentation et donne une ^qualité supé-rieure au Tabac en poudre fourni par ellesà la consommation. Les opérations successi-ves que subit le Tabac en poudre sont : lehachage cinq ou six fois plus menu que pourle Tabac à fumer; la fermentation en mas-ses ou tas de 20,000 à 40,000 kilogrammesdans de grandes cases à plancher et parois enbois de chêne ; elle a lieu hors de l’influencede l’air, dont l’accès amènerait la formationd’acide acétique et détériorerait la qualité dela matière, et elle dure de 10 à 15 semai-nes ; l’effet en est de dégager une très grandequantité de carbonate d'ammoniaque et decarbonate de nicotine, et de faire disparaîtrepresque tout l’acide qui existait dans laplante fraîche. Après cette première fermen-tation, le Tabac est soumis au moulinage ouà la pulvérisation dans des moulins, au ta-misage, aune seconde fermentation en casesqui dure sept ou huit mois et qui développeson arôme; après quoi, il est propre à êtremis en tonneaux ou en paquets et à être livréà la consommation.
Pour donner une idée exacte de l’impor-tance que le Tabac a acquise dans ces der-nières années , nous emprunterons encoreau même travail quelques relevés générauxrelatifs à la consommation de cette sub-stance. Pour la France , la quantité con-sommée annuellement ne s’élève pas àmoins de 17 millions de kilogrammes, quiont donné à l’État, en 1844, la sommeénorme de 79,499,379 fr. en impôt; or, ceproduit annuel n’a pas cessé de s’accroîtredepuis plusieurs années, indiquant ainsi un' accroissement progressif dans la consomma-tion ; la consommation individuelle est,comme on le voit, de 511 grammes par an.Comparée à celle des autres États européens,cette consommation individuelle est plus forterelativement aux uns, plus faible eu égardaux autres. On trouve ainsi qu’un Français consomme autant de Tabac qu’un Russe,deux fois plus qu’un Italien, et, d’un autrecôté, trois fois moins qu’un Allemand ou unHollandais, et quatre fois moins qu’unBelge . Un autre résultat curieux à noter,c’est que, en France , sur 51 1 grammes ab-
sorbés en moyenne par la consommationindividuelle, on trouve 198 grammes deTabac à priser et 313 grammes de Tabac àfumer, c’est-à-dire que ce dernier est, parrapport au premier, comme 158 à 100. Onvoit, dès lors, que les choses ont bienchangé depuis 1783, puisque, à cette épo-que, le tabac à fumer ne formait que 1 /12 ede la consommation totale.
Quoique l’introduction du Tabac en Eu-rope ait été principalement amenée dans l’o-rigine par les nombreuses propriétés dont onle croyait doué, il ne joue plus aujourd’huiqu’un rôle très secondaire dans notre ma-tière médicale. A l’intérieur, sa grande ac-tivité le rend rarement utile et toujoursdangereux ; il irrite fortement l’estomac,occasionne des nausées, des vomissementset même l’empoisonnement, à des doses unpeu fortes. Les expériences de M. Orfila ontprouvé que, dans ce dernier cas, il agit à lamanière des poisons narcotico-âcres. Néan-moins on l’a employé quelquefois avec suc-cès, soit comme émétique , soit dans l’hy-dropisie , ou dans quelques autres cas. Al’extérieur, il produit de bons effets contrequelques maladies cutanées ; mafs au total,son emploi, surtout à l’intérieur, ne sauraitêtre entouré de trop de précautions. Nousrenverrons aux ouvrages de médecine, pourles effets que produit, sur le physique et lemoral des individus, son usage habituelsous les formes diverses, sous lesquelles lesmanufactures le livrent à la consomma-tion.
b. Ruslica. Corolle jaune, infundibuli-forme, hypocratérimorphe ou tubuleuse;divisions du limbe aiguës ou obtuses.
2. Nicotiane paniculée , Nicotiana pani-culata Linn. Cette espèce appartient commela précédente à l’Amérique du Sud . Elle estherbacée, annuelle, pubescente, visqueuse;ses feuilles sont pétiolées, ovales, en cœur,entières ; ses fleurs, verdâtres ou vert-jau-nâtre, forment une panicule terminale, et sedistinguent par leur corolle hypocratéri-morphe, à tube en massue , très glabre, dé-passant plusieurs fois le calice, à limbe di-visé en 5 lobes très courts, aigus.
3. Nicotiane glauque , Nicotiana glaucaGrah. Cette grande et belle plante, origi-naire de Buénos-Ayres , mérite d être mentioimée, non pas comme servant à la fabri