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Tome huitième.
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NUT

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c’est principalement dans l’intestin qu’alieu cette transformation.

Quant au suc intestinal que sécrètent lescryptes mucipores , les follicules, les glan-des , etc., son rôle parait se borner à com-pléter la dissolution de certaines partiesd’aliments, à favoriser la progression de lamasse alimentaire; enfin, à rester com-biné avec les excréments qu’il concourt àformer. La dissolution des principales sub-stances que renferment les aliments setrouve donc accomplie. Dans l’estomac s’estopérée celle des matières albumineuses etfibrineuses; et dans l’intestin, celle desmatières grasses et féculentes.

Il va sans dire que la masse alimentairechemine toujours, poussée en avant par lesmouvements vermiformes ou péristaltiquesde l’intestin, tout aussi involontaires queceux de l’estomac.

Nous avons vu que l’absorption veineuse,si active à la surface de l’estomac, portedirectement dans le sang la majeure par-tie des aliments azotés, rendus solubles parl’action du suc gastrique. Les produits dela digestion intestinale qui constituent lechyle proprement dit, passent moins direc-tement dans le sang; ils n’y arrivent qu’a-près avoir traversé un ordre particulier devaisseaux extrêmement ténus, nomméschylifères, en raison du liquide qu’ils ab-sorbent dans l'intestin par leurs radicules.Ces mêmes vaisseaux s’anastomosent bientôtavec les vaisseaux lymphatiques proprementdits, de telle sorte que le chyle ne vient semêler au sang que mélangé lui-même avecla lymphe ( voy. ce mot).

Le chyle , considéré d’une manière géné-rale, est un liquide blanc laiteux, quelque-fois coloré en rose , ou même en rouge. 11renferme de la fibrine et de l’albumine;aussi se coagule-t-il spontanément au boutde huit à dix minutes ; il est en outre trèsriche en globules gras, bien que ce soitdans la proportion des matières grasses quesa composition présente la différence la plusconsidérable ; et ceci se conçoit facilement,car cette proportion doit nécessairementvarier en raison de la nature des aliments.

La masse alimentaire a cependant par-couru toute la longueur du petit intestin,se dépouillant peu à peu de ses parties nu-tritives par l’absorption, et devenant de

moins en moins fluide. Arrivée à la limitedu gros intestin, elle franchit la valvuleiléo-cœcale , qui la laisse librement passer,mais qui s’oppose à son retour. Parvenuedans le gros intestin, elle y devient plusconsistante et y acquiert une odeur parti-culière; sa couleur jaune se rembrunit; ilne reste plus enfin qu’une sorte de magmahomogène , composé des résidus de la di-gestion , unis aux différents liquides qui ontsuccessivement imprégné les aliments, maisdans lequel on ne retrouve plus, à l’étatnormal, ni aliments , ni mucus , ni suc gas-trique , ni bile. Les matières fécales , carc’est le nom que reçoit dès lors le contenudu tube digestif, semblent ne p!us_éprouverde changement quand elles sont arrivéesdans 1 c rectum; elles continuent seulementà s’y condenser et deviennent de véritablesexcréments. La partie la plus inférieuredu rectum est garnie d’un muscle nommésphincter, continuellement contracté , si cen’est au moment de la défécation , qui n’alieu que quand le besoin s’en fait sentir, etqui est par conséquent soumise à l’empirede la volonté. Les agents de cette évacua-tion sont, d’une part, les fibres muscu-laires du gros intestin , et de l’autre lesmuscles des parois de l'abdomen , et surtoutle diaphragme. Tous ces muscles pressanttous les viscères renfermés dans la cavitéabdominale, et agissant ainsi médiatementsur les matières contenues dans le rectum,les forcent à s’échapper par le point qui pré-sente le moins de résistance, c’est-à-direpar l'anus.

11 arrive ordinairement que l’évacuationdes excréments est accompagnée de la sortieplus ou moins bruyante d’une quantité in-déterminée de gaz, tantôt inodore, tantôtayant une odeur fétide. A l’état normal ,ces gaz sont généralement rares ; mais leurproportion augmente dans les mauvaisesdigestions ; le genre de nourriture a en outreune très grande influence sur leur produc-tion , qui est toujours déterminée, dans l’in-testin grêle, par les décompositions spon-tanées qu’y subissent les aliments ; il suffitde manger certains légumes contenant dusoufre , pour qu’il y ait abondante formationde gaz acide sulfurique.

L’acte de la digestion est accompli ; lesradicules veineuses dans l’estomac, les