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Tome huitième.
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noir, avec les palpes, le labre, les mandi-bules , l'extrémité du chaperon , une petitetache derrière chaque antenne et une autrederrière chaque œil , les huit premiers arti-cles des antennes, le prothorax et les para-ptères, jaunes, ainsi que les pattes. Celles-ciont, en outre, des bandes et une tache surles jambes de couleur noire ; chaque anneaude l’abdomen est bordé de jaune.

Cet Odynère se trouve en France et dansune grande partie de l’Europe . Il pratiquedans le sable ou dans les murailles un trouprofond de quelques pouces , à l’ouvertureduquel il élève un tuyau d’abord droit, en-suite recourbé, et composé d’une pâte ter-reuse en gros filets contournés. Après cetravail, il entasse dans la cellule intérieurehuit à douze petites larves vertes et apodes,toutes du même âge ; il les pose par litsles unes au-dessus des autres, et après avoirpondu un œuf près de cette provision , ilbouche le trou et détruit l’échafaudage qu’ila construit. Cette observation faite depuislongtemps par Réaumur a été complétéepar Audouin, qui a reconnu que chaque ou-verture ne correspond pas seulement à unseul tube, comme Réaumur semblait lecroire, mais qu’un trou servait ordinaire-ment d’orifice à deux ou trois tubes, etqu’alors il y a économie de temps et depeine pour l’Insecte , puisque , après avoirapprovisionné ses œufs, il n’a plus qu’uneseule ouverture à fermer pour plusieurslarves. Audouin, ayant examiné quelquesuns de ces Odynères au moment où ils ap-provisonnaient leurs nids, les vit aller cher-cher, dans un champ de luzerne voisin , depetites larves vertes parvenues à leur plushaut degré d’accroissement. Il recueillitplusieurs de ces larves, dont quelques unesse métamorphosaient en nymphes. Peu dejours après, il vit éclore l’Insecte parfait,c’était le Phytonome variable ( Phylonomusvariabilis ) , petit Insecte de la famille desCurculionides . L’Odynère ayant filé son co-con dans sa cellule, le 26 juin, ne se trans-forma en nymphe que le 21 mai de l’annéesuivante, et demeura encore dans cet étatdurant quatorze jours avant de se méta-morphoser en Insecte parfait.

2. Odynère de Réaümur, Odynerus Reau-murii L. Duf. Corps noir dans les deuxsexes, ayant, dans le mâle, les parties de la

bouche, la face, un pointentre les antennes,la partie inférieure de celles-ci, une bandetransversale sur le prothorax, une ligne surl’écusson, un point à l’insertion des ailes,et les paraptères, jaunes; les pattes ayant labase des cuisses noire, leur extrémité jauneainsi que les jambes, les tarses roux; l’ab-domen ayant cinq bandes transversalesjaunes; les antennes sont enroulées à leurextrémité.

La femelle diffère du mâle par les an-tennes renflées à l’extrémité, n’ayant dejaune que la partie inférieure de son pre-mier segment, et par l’abdomen qui n’a quequatre bandes.

Voici quelques uns des détails rapportéspar M. Léon Dufour ( Ann. des sc. nal. ,t. XI, janvier 1839 ) à l’égard de cet In-secte :

« Depuis plusieurs années, j’avais remar-qué aux environs de Saint-Sever, dans ledépartement des Landes , des terrasses argi-leuses dont le revers méridional était toutcriblé de trous d’Odynères. Chaque prin-temps , j’allais par un beau soleil payer untribu d’admiration aux habiles ouvriers deces habitations souterraines et de ces tuyauxextérieurs de terre guillochée si parfaite-ment semblables à ceux décrits par Réau-mur. Pendant le cours du mois de mai 1838,j’ai voulu poursuivre mes recherches com-paratives : j’ai isolé le domicile de l’Ody-nère; j’ai soumis à l’examen le plus atten-tif, le plus scrupuleux, et la larve, et lesprovisions de bouche, et les manœuvres dela vigilante mère ; j’ai surpris, saisi celle-ci,tenant entre ses mandibules, sans la bles-ser, une petite chenille verte ; j’ai trouvédans chaque conduit ou dans chaque nidune larve approvisionnée d’une brochée dedix à douze de ces chenilles vivantes, toutesvertes avec un liséré longitudinal de chaquecôté. A l’exemple de Réaumur, j’ai été cu-rieux d’élever moi-même des larves d’Ody-nères sous mes yeux. J’en ai placé de trèsjeunes, isolément, dans des tubes de verre;je leur ai donné à chacune une douzaine dechenilles prises dans les nids de la terrasse.J’assistais quotidiennement à leurs repas ;je les voyais manger avec voracité, grandirà vue d’œil. Au bout de deux semaines,elles avaient acquis tout leur développementcomme larves ; elles demeuraient alors près-