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De la propriété / par M.A. Thiers
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UVRE 111.

Vous ne 111e surprenez pas, moi vieux témoin de plusieursrévolutions; mais prenez donc garde déclairer le monde aforce de contradictions ! Ainsi des associations industriellesdotées par P Rial sentendraient entre elles pour ne pas trtpproduire, ou pour produire à tel prix plutôt quà tel autre,sassureraient de la sorte le moyen de réaliser des bénéficessuffisants, de ne pas ruiner le capitaliste qui leur aurait pré:édes fonds, et de salarier les ouvriers travaillant doucementsous leur propre et bénévole surveillance, ne travaillant quedix heures, neuf heures, même moins, et dédommagés celégalité des salaires par des dividendes ! Cette fois je le recon-nais, on a fait preuve de génie pratique, et jaccorde sans hé-siter que sous ce commode régime le capital des associationsne serait point compromis, que leur anarchie intérieure,leur paresse seraient compensées, quil y aurait rémunéra-tion certaine pour le capital, dividendeinfaillible pour les ou-vriers, si peu, si mal quils travaillassent, je laccorde sanshésiter! Prenez dix fabricants, cent, peu importe le nom-bre. accordez-leur la faculté de sentendre entre eux, quantà létendue de la production, de manière quils ne puissentlaugmenter à volonté, oh! alors ils seront maîtres des prii,car les prix ne baissent que par les trop grandes quantitésjetées sur le marché ; ils pourront être aussi maladroits,aussi paresseux quils le voudront, ils pourront sen aller àla campagne, laisser un commis chez eux, et ils n*en ferontpas moins de grandes fortunes, car les bénéfices dépendentdes prix, et les prix de la quantité produite. Si telle est ladécouverte, je mincline profondément devant le génie deses auteurs. Voilà effectivement la première, entre toutescelles du temps, qui présente un résultat concevable. Oui, àces conditions les associations douvriers auront réussi, et jene minquiéterai plus ni du sort de leur capital, ni de la formede leur gouvernement ! Mais est-ce bien ce que lon veut ?

Jexagère, dira-t-on, pour rendre ridicules les philosophesmes contemporains. Je déclare que cela nest pas, car cettemanière dargumenter serait indigne de la gravité des cir-constances. Mais je demande comment on sy prendrait pouragir autrement que je ne viens de lindiquer. De quoi seplaint-on, en effet? De ce que chacun, livré à lui-mème,fait baisser les prix| par une concurrence effrénée. Est-ce de