NOTIONS GÉNÉRALES. II.
99
préparations des matières colorantes et leur application sur lesfilaments textiles à l’état, soit de matières premières, soit de fils,soit de tissus.
Une opération particulière au travail des laines courtes con-stitue , à elle seule, la quatrième destinée à donner aux étoffesdrapées les caractères particuliers et les propriétés remarquablesqui les font rechercher et rendent leur distinction des autres tissussi facile.
Les opérations de la cinquième spécialité servent à corriger lesdéfectuosités qu’on aurait laissées subsister dans le travail précé-dent, et à donner aux étoffes une apparence nouvelle convenable-ment appropriée au genre de tissu.
Nous traiterons successivement de ces différentes branches, ex-cepté de la teinture qui seule n’appartient pas aux arts mécaniques.Les connaissances en teinture qui forment aujourd’hui une par^tie si importante de la chimie appliquée, doivent être puisées dansles ouvrages spéciaux qui traitent de cette science.
Pendant bien dessiècles,le travail mécanique des matières textilesse réduisait à' une simple occupation domestique ; leur transforma-tion en fils était exclusivement réservée aux ménagères. Le tissagen’était non plus qu’un travail accessoire aux occupations ruralesdes hommes. Jusque vers la fin du dernier siècle, les transactionsauxquelles ces modestes fabrications donnaient lieu se faisaientsur une échelle fort restreinte comparativement à ce qu’elles sontdevenues depuis.
La seule machine à filer employée alors était le rouet classique,si connu, et encore en usage aujourd’hui dans la plupart denos campagnes pour les besoins domestiques, et quelquefoispour la production de certains fils de lin fin que le travail méca-nique n’a pu aborder jusqu’ici.
Toutes les opérations, en un mot, étaient pratiquées à la main,et tous les fils étaient produits un à un ; leur transformation entissu avait lieu également manuellement et avec la même lenteur.
Malgré la faiblesse des ressources dont on disposait pour la pro-duction, l’esprit commercial des Anglais songea cependant à en tirerparti pour approvisionner d’étoffes mélangées nommées futainela plupart des pays voisins et même les colonies d’Amérique d’où