COTON.
117
Nous pourrions multiplier les preuves de la nécessité de savoirchoisir et assortir la matière suivant les produits qu’on veut ob-tenir, si ces exemples pris en quelque sorte au hasard ne suffi-saient pas.
Il existe plusieurs manières de disposer le coton et de lemélanger avant de le porter aux machines.
Le coton arrive aux manufactures en balles fort serrées et pe-sant moyennement 200 kilogr. Ces balles sont ouvertes et étaléesà mesure des besoins dans un endroit spécial où l’on s’assure quela matière est parfaitement sèche : condition indispensable pourla réussite des premières préparations.
Le contre-maître livre aux ouvrières préposées aux machinesla quantité de coton nécessaire pour la journée. Mais afin d’opérersur une matière plus homogène dès l’origine du travail, et d’ob-tenir par conséquent avec plus de facilité des produits très-réguliers, on procède de la manière suivante, comme nous l’avonsvu faire dans nos premiers établissements d’Alsace .
On ouvre et étale un certain nombre de balles de la mêmeprovenance et présentant les mêmes caractères. On les disposepar couches les unes au-dessus des autres, de manière à formerune pile de la hauteur de la pièce où l’on opère ; on enlève ensuitele coton dont on a besoin, par tranches verticales, de façon quechaque pesée livrée aux machines provienne d’autant de ballesdifférentes qu’il y ena dans la hauteur de la pile.
Dans quelques établissements l’ouvrière fait son mélange àla main, on lui livre à l’avance une quantité égale (50 kilosenviron de chaque partie) de matière qu’on veut travailler en-semble ; elle a soin de former le mélange en alimentant la ma-chine.
Quelquefois on juge convenable de faire un mélange de cotons,de fibres de différentes longueurs; alors, au lieu de l’opérercomme nous venons de le dire, il a lieu seulement à la sortiedes cardes et aux machines à réunir. Il est nécessaire souventde retravailler les déchets de la fabrique; comme ils ontdéjà reçu une première préparation, on ne les réunit qu’auxcardes, et on a soin de ne le faire qu’avec la matière destinée àdu fil pour trame. Les filateurs habiles connaissent si bien l’in-