MATIÈRES FILAMENTEUSES, INTERMÉD. ET DISCONTINUES. 319
FILAGE.
Toutes les matières textiles, à filaments intermédiaires et dis-continus , se présentent dans le même état après les préparationsdu second degré que nous venons d’étudier. Ces préparations lesont toutes laissées sous forme de rubans ou mèches arrondies, déjàd’une très-grande longueur et d’une ténuité remarquable. Les mè-ches des préparations ne présentent cependant pas encore ni lafinesse, ni la régularité , ni la ténuité que les fils parfaits doiventoffrir. Pour leur donner ces caractères, il faut leur faire subirla dernière transformation à laquelle nous avons réservé le nomde filage.
On pourrait considérer le filage comme une préparation attei-gnant les limites extrêmes d’étirage et de torsion, auxquelles onpeut avantageusement soumettre les matières textiles. En effet,cette dernière transformation consiste également dans la combi-naison des mouvements qui doivent opérer l’étirage, la torsionet le renvidage. La mèche à filer, simple ou doublée, est étiréecette fois, jusqu’à ce qu’elle atteigne la longueur déterminéequ’elle doit conserver, et reçoit une torsion suffisante pour main-tenir la forme du fil et lui faire acquérir un maximum de résis-tance. Le renvidage, comme pour les operations précédentes,n’est qu’une conséquence de l’état dans lequel la matière se pré-sente. Mais si le filage ne diffère pas des préparations par de nou-veaux moyens employés, il en diffère sensiblement par la ma-nière de les appliquer. L’étirage n’a eu lieu précédemment quesur des quantités assez considérables de rubans réunis, et s’estréduit à un allongement absolu assez restreint, et la torsion , quin’avait pour but que de leur donner une cohésion suffisante pourpouvoir continuer leur travail, a par conséquent été égalementlimitée le plus possible. Il n’en est pas ainsi pour le filage.
Les mèches qui doivent être filées présentent une cohésion