considérer cette modification comme rationnelle et que si elle nedonne pas immédiatement tous les résultats qu’on en espérait,elle n’est pas moins destinée à prendre rang parmi les applica-tions beureuses^Un des plus grands obstacles qu’on pourrait peut-être trouver à la propagation de ce système, serait celui du prixassez élevé, occasionné par la construction des peignes.
Malgré les perfectionnements de toutes sortes qu’on a tentéd’apporter aux métiers à filer le lin, il faut toujours avoir recoursà l’eau lorsqu’on veut obtenir des numéros d’une finesse au-dessus du n° 10 métrique; quelquefois on se sert d’eau froide,pour des fils d’une finesse intermédiaire. Lorsqu’on veut la dé-passer, on emploie l'eau chaude que l’on substitue souvent à lafroide aujourd’hui, qui est presque entièrement abandonnée.
Métier à eau chaude. La fig. 8, PI. IX, donne la dispositioncomplète d’une broche d’un métier à eau chaude qui ne diffèreque par le baquet à eau A et par le rapprochement entre les cy-lindres fournisseurs c, c et les étireurs c\ c', dont l’écartementn’est pas plus grand que celui qu’on adopte généralement pourle filage des autres matières discontinues. C’est que le lin se pré-sente ici dans des conditions analogues, par le passage des ru-bans à travers le liquide, les filaments qui les composent etqui sont formés eux-mêmes par l’agglutination des fibres pluspetites adhérentes entre elles par une espèce de gomme, sontdésagrégés par sa dissolution dans l’eau chauffée. On n’opère plusalors que sur une mèche dont les brins ont des longueurs très-limitées, et l’étirage régulier se trouve facilité par le rapproche-ment des cylindres. On sait que l’idée de cette application aufilage du lin est due à de Girard. On dit quelquefois filer à ladécomposition au lieu de dire à l’eau chaude; on énonce alors lesrésultats et non les moyens employés pour y arriver.
On chauffe l’eau par l’introduction de la vapeur dans le fondde l’auge. La température nécessaire est plus ou moins élevée,elle peut varier de 30° à 73°. Pour les lins tendres dont les fibressedésagrégent facilement, ona besoin d’une température moindreque pour les lins durs; on ne dépasse guère la températurede 30° pour ceux du pays de Caux , ceux de Russie et les griscommuns en général ; on l’élève quelquefois jusqu’à 60° et 70*