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MOULINAGE DE LA SOIE.
Le célèbre ingénieur s’était posé la solution du problème sui-vant:
1° De proportionner la vitesse de rotation des fuseaux au ren-vidage qui se fait sur les bobines, de façon que celles-ci tirent lamême quantité de fds à chaque révolution des premiers, quoiqueceux-ci diminuent et que les bobines augmentent de dia-mètre à chaque révolution; 2° Pour varier le degré de torsion,d’éviter le changement des rouages que nécessitaient les anciensmoulins ; 3° De donner un mouvement de va-et-vient aux guidesdes fils, afin d’obtenir un renvidage uniforme, ce qui n’avait paslieu non plus dans les systèmes usités.
Les conceptions mécaniques si nettes et si claires de Vaucansonne pouvant être trop reproduites, nous donnons un extrait de sonmémoire, adressé à l’Académie des sciences en 1751, danslequel il indique comment il a résolu ces questions.
« Les fuseaux sont placés sur deux lignes droites et parallèles,qui peuvent avoir 10, 15 ou 30 pieds de longueur, suivant lagrandeur du lieu.
« On peut mettre plusieurs rangs de fuseaux sur la hauteur dumoulin, suivant que le bâtiment est plus ou moins élevé. Tousles fuseaux de chaque rang sont mis en mouvement, par unechaîne sans fin. dont les maillons engrènent avec un petit pignonque porte la tige de chaque fuseau, de façon que dans le tempsque le premier mobile qui conduit les chaînes a fait une révolu-tion, tous les fuseaux du moulin en ont fait un nombre déterminé,et ce nombre est aussi invariable que le serait celui des révolutionsd’un pignon qui engrènerait avec une roue dentée ordinaire.
» Les bobines y reçoivent leur mouvement par le même mo-bile que les fuseaux, mais avec cette différence que leur vitessediminue à mesure qu’elles se remplissent de soie. Toutes les foisque le va-et-vient, par son mouvement de retour, a distribué lefil sur toute la bobine, sa circonférence ou son volume se trouveaugmenté de la grosseur de ce même fil. C’est aussi à chaquemouvement du va-et-vient que s’opère la diminution de vitessedes bobines, et cela dans la même raison de la grosseur du fil. Hfaut que le fil de soie soit distribué cent mille fois par le va-et-vient sur toute la longueur de la bobine , pour la remplir entière-