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TISSAGE.
dispensable pour le tissage historié. La mise en carte doit non-seulement donner la vérité des tons du sujet à tisser, mais elledoit également reproduire avec une précision mathématique lesplaces de tous les fils qui doivent entrer dans l’étoffe dont elleest la représentation. Elle peut donc, en quelque sorte, être aussiconsidérée comme une espèce de levée de plans topographiques oùlespoints lesplus déliéssontindiqués avec la plusgrande précision.
Pour y arriver, on a recours au moyen suivant : on in-dique toutes les positions relatives des fils de la chaîne et de latrame dans la figure qu’on veut tisser en la dessinant sur unpapier quadrillé, de telle sorte que les lignes verticales figurentles fils de la chaîne , et les horizontales ceux de la trame; encoloriant ensuite le dessin avec les teintes qu’on lui destine ,on jugera facilement à l’avance de l’effet qu’offrira l’étoffe fabri-quée. C’est ce tracé produit sur le papier quadrillé qu’on a dé-signé sous le nom de mise encarte. Le dessin ou l’esquisse étantarrêtée, on divise sa surface en petits carrés qui doivent ser-vir de points de repère pour la transporter sur la mise encarte (1). Le nombre des petits carrés sur l’esquisse doit parconséquent être en rapport avec celui des grands du papierquadrillé nécessaire à la mise en carte du dessin. La fig. 1,PL XX11I, donne un exemple de dessin mis en carte, exécuté surdu papier quadrillé nommé du 10 en 10. On voit en effet quechaque carré principal est subdivisé en 10 parties sur chacun deses côtés ; ce sont les carrés principaux qu’on avait d’abord tracéssur l’esquisse de grandeur naturelle. Chacun des petits carrés oc-cupe la place d’un fil ; les interlignes de ceux horizontaux repré-sentent les fils de la trame, et ceux verticaux ceux de la chaîne.La réduction du tissu, c’est-à-dire le rapport entre les nom-bres des fils de la chaîne et de la trame pour l’unité de mesureétant déterminée, on comptera donc chaque petite divisioncomme l’un de ces fils, et on indiquera sur le papier quadrillé la
(1) L’invention de la mise en carte remonte à 1770; elle est attribuée à Revel,peintre d’histoire assez médiocre, qui eut, le premier, l’idée de reproduire desfleurs sur les étoffes, et qui, après quelques essais, arriva aux moyens pratiquésaujourd’hui pour la mise en carte. L’idée de colorier la mise en carte se présentabientôt. On en fit usage dès 1774, et on la doit à Philippe de la Salbe.