Band 
[Texte.]
Seite
641
JPEG-Download
 

FOULAGE.

641

faire alors simultanément le dégraissage et le foulage, de ména-ger par conséquent davantage la douceur des lainages, tout enutilisant le savon formé par l’opération.elle-même. C’est ce der-nier motif d’économie qui a surtout fait adopter ce mode simul-tané pour toute la draperie commune du Midi teinte ou non enpièce -, l’épinçage et le nettoyage ne sont plus alors d’une néces-sité aussi absolue que s’il s’agissait de produire la belle draperiedu Nord si estimée.

Théorie du Foulage.

C’est par le foulage qu’on parvient à donner au drap son carac-tère distinctif et ses propriétés tout à fait remarquables. Le ré-sultat d’un bon travail est une retraite régulière et déterminéede l’étoffe dans tous les sens de la surface, et une augmentationd’épaisseur proportionnelle, sans diminution de l’élasticité natu-relle; on ne peut y arriver que par le rapprochement des fds, quidoivent être resserrés de telle façon que les espaces laissés par lesdents du peigne lors du tissage, disparaissent complètement. Maissi on évalue la somme de ces intervalles, et si on la compare au ré-trécissement que le tissu présente après l’opération du foulage,on trouve que la diminution occasionnée dépasse la somme desvides qui existaient avant. Il faut donc que l’action du foulagesoit basée sur des éléments autres qu’un simple rapprochementmécanique des fils.

L’illustre Monge a émis le premier une opinion sur cette ques-tion ; selon lui, le feutrage et le foulage produisent une espèced’enchevêtrement des aspérités qu’offrent les brins de laine à leursurface. Cette ingénieuse explication ne suffit pas malheureuse-ment pour se rendre un compte exact des phénomènes de l’opé-ration. En effet, si les curieux effets du feutrage étaient exclusi-vement une conséquence des dents ou aspérités en question, leslaines qui en contiennent le plus, à fibres longues, par exemple,devraient présenter le plus de facilité pour y arriver. Cependantle contraire a lieu ; les filaments jeunes et tendres, ceux provenantdes agneaux surtout, se feutrent et se foülent avec plus de promp-titude. Les toisons fines en général, celles des moutons de petitesraces, présentent également une facilité remarquable au foulage.,

41