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FOULAGE. 661

pliquée au travail ; aussi la nouvelle machine de Desplace com-mence-t-elle à être estimée et à se propager.

Méthode générale du foulage. Nous avons déjà dit que l’actionmécanique était insuffisante pour produire le foulage : elle seraitdangereuse si un agent chimique n’en tempérait les effets en lesfacilitant.

On fait usage des dissolutions alcalines, argileuses ou savon-neuses. Les deux premières sont surtout employées lorsqu’onfoule les étoffes dans leur graisse; elles les saponifient alors très-facilement ; si c’est l’acide oléique, le savon formé sert au foulage.Parmi les alcalis, l’urine est préférée et sert presque exclusive-ment pour les draps de Sédan . Dans le Midi, l’usage de la terre àfoulon et des sels alcalins est plus fréquent. Louviers et Elbeuf ,qui ne foulent que des draps dégraissés , se servent presque ex-clusivement de savon.

Les dissolutions employées au foulage, sauf l’urine, sont géné-ralement faites à chaud; pour cette dernière matière, il suffit del’étendre à froid d’environ la moitié de son volume d’eau. Ledrap foulé est d’abord humecté d’une certaine quantité de liquide,et il s’en imprègne de nouveau en passant dans la machine. Lamanière d’imbiber la pièce varie avec les systèmes. Lorsqu’on sesert des anciens pilons, on ne met d’abord que la moitié de laquantité de la dissolution dans l’auge , et le reste est ajouté dansle courant de l’opération.

Il est bon, en général, de modérer le travail en commençant,surtout lorsqu’il s’agit du foulage en gras , car, si l’effet se pro-duisait trop vite, si le drap était trop dégraissé, et que le savonformé fût insuffisant pour le préserver de l’action mécanique, ilpourrait avoir un résultat fâcheux sur la laine mise trop à nu. Onproduirait alors ce qu’on nomme un drap creux. Il pourraitmême arriver que le tissu n’atteignît pas le degré de foulage voulu ;la matière cornée ne serait pas assez ramollie , les filaments s’u-seraient avant de se rapprocher; c’est sans doute pour prévenircet accident que certains foulonniers ajoutent de l’huile dans lapile après quelques heures de travail. Ils fournissent, comme onvoit, la graisse en surabondance afin d’opérer la saponificationcomplète et de former une quantité de savon suffisante. Si l’opé-