APPRÊTS DES TISSUS.
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ne le puisse traverser ; on se sert souvent d’une éponge pourfaire l’imbibitiou. La gomme arabique , dissoute dans de la bièrecuite, ou du vin, sert ordinairement à l’apprêt du taffetas noir.
Nous avons vu opérer de cinq manières différentes à Lyon ;le mode d’application est modifié suivant les tissus.
Un des moyens les plus anciens est l’emploi de la calandre,décrite vers la fin du dernier siècle, dans l’Encyclopédie et parPaulet. La Jig. 7, PL XXXIV, donne une élévation, et la fig. 8 ,un plan horizontal de cette machine. La pièce à lustrer ou àmoirer est roulée sur de petits rouleaux en bois, dur et poli a a,placés sous une caisse 6également en bois, dont le fond est très-uni, et qui est chargée d’un grand poids (de 30 à 40,000 k .)Cette caisse est amarrée , comme on le voit, par une corde æ, x,y, !/, passant sur des poulies de renvoi p,p, et qui va s’enroulerautour d’un treuil vertical D, supporté par l’arbre d’un manègedont M est la flèche. La corde, en s’enroulant et en se déroulantsur le treuil, fait faire des mouvements de va-et-vient au cylindrede l’étoffe, qui est pressée, frottée, et par conséquent lustrée. Oncommence ordinairement un lustrage à sec pour aplatir le grain;après lequel on applique l’apprêt de gomme que l’on fait sécherau feu ; puis on opère un second calandrage ; on procède ensuiteà l’application d’une seconde couche de gomme, d’un troisièmecalandrage, et quelquefois une quatrième opération et une troi-sième couche sont nécessaires suivant le tissu à traiter. Si nousn’avions vu fonctionner cette gigantesque machine à Lyon , nouseussions eu peine à croire qu’on pût encore l’employer, et cepen-dant les apprêteurs prétendent que c’est le meilleur système pourcertainesétoffes, et surtout pour les sati ns légers. Après le quatrièmecalandrage, la pièce n’a pas encore tout l’éclat qu’elle doit avoir.Pour finir l’opération, on la place entre des cartons minces ettrès-lisses; plusieurs sont ainsi disposées les unes au-dessusdes autres, en plaçant entre chacune d’elles deux ais en bois,chauffés par des plaques métalliques. Lorsqu’on a formé unepile d’une hauteur suffisante, on la soumet à l’action éner-gique d’une presse hydraulique; après un certain temps on laretire , le tissu a alors le brillant remarquable qu’on connaît auxsatins en général. Les apprêteurs habiles ont le bon esprit de