APPRÊTS DES TISSUS. 699
humide les dimensions qu’il doit avoir ; on le laisse sécher pen-dant la tension.
Quant à Yènouage, à Y épinçage et au rentrayage , quoique in-dispensables, ils ne sont qu’accessoires, et ne servent, le pre-mier, qu’à enlever les nœuds ou bourrelets, qui pourraient exis-ter et occasionner des accidents au tondage; les derniers, qu’àsoustraire tout ce qui nuirait à l’aspect de l’étoffe et à réparer lesdéfauts qu’elle présenterait.
Un des principaux points à considérer dans les opérations queles apprêts embrassent, c’est l’ordre le plus convenable de leurexécution. Il serait impossible d’obtenir un bon résultat, si l’onse bornait à faire un lainage complet en une seule opération ; carles filaments qui garnissent la surface du tissu ont des longueursdifférentes et peuvent être envisagés comme formant un certainnombre de couches superposées. On ne peut donc atteindre lesdernières qu’après avoir coupé les plus longues. C’est pour celaqu’on opère progressivement et qu’on fait alterner ce travail aveccelui des tondages, jusqu’à ce que l’étoffe soit parfaitement garnied’un duvet doux et moelleux qu’il ne serait plus possible de cou-per sans s’exposer à découvrir la corde ou les croisements desfils.
Pour opérer le lainage, on se sert depuis un temps immémorialde la variété de chardons connue par les botanistes sous le nomde dipsacus sativus , ou de carduus fullonum. Cette plante bis-annuelle est cultivée ousauvage ; sa tige esthauted’envirou l m ,30,droite, roideet un peu branchue,d’unegrosseurmoyennedeO m ,03;les feuilles sont opposées, grandes, ovales, vertes, épineuses parles bords et tellement unies ensemble, deux à deux, autour dela tige, qu’elles forment une cavité propre à recevoir l’eau del’atmosphère, qui est indispensable à sa croissance. L’extrémitéest surmontée de têtes ovoïdes, grosses comme un petit œuf depoule; elles sont garnies de pointes ou écailles très-roides,flexibles et recourbées, divisées très-régulièrement comme lescellules d’une ruche. La fig. 3, PI. XXXII, indique une tête dechardon sur une échelle d’un tiers de la grandeur naturelle. Lafig. 4 donne sur une dimension plus grande le profil d’un descro-chets, dont p est la pointe et r la racine. La fig. S montre le cro-